A quel espace arrimer l’Algérie ?
On a l’impression que l’Algérie est toujours à la recherche de l’espace géopolitique auquel elle devrait s’arrimer et qui serait conforme à l’expression de son identité. Espace maghrébin? Aucun indice sérieux d’un réel rapprochement n’est perceptible. Même les acquisitions des armements ne s’inscrivent pas dans la perspective d’une défense maghrébine. Espace arabe? Les pays arabes eux-mêmes -depuis la prise de pouvoir par les chiites en Irak, le particularisme kurde autonomiste qui se dissocie du caractère arabe, la guerre que l’on dit ouverte entre chiites et sunnites- ont une cohésion fragilisée par la volonté du nivellement. Espace africain? On se rappelle que l’année d’après l’organisation à Alger du festival panafricain, l’Algérie fut éliminée de sa participation à ce qui devait être le même festival par la transformation de celui-ci au Sénégal en festival de la négritude, sous l’initiative de feu le poète-président Léopold Sedar Senghor. Espace limité par le bassin occidental de la Méditerranée? Bien que le cadre institutionnel des rencontres existe sous le nom de «groupe des 5+5», absolument rien n’indique que cet espace deviendra une entité autonome dotée d’une identité collective. Y a-t-il un signe montrant que le monde arabe s’intéresse réellement à ce qui est appelé «Alger, capitale de la culture arabe»? Cela ne fait nullement la une des médias arabes, ni même n’est évoqué comme information à suivre. L’Algérie, comme cela se constate aisément, plus particulièrement dans son parler, est ainsi certainement à la recherche de sa propre identité, à la définition du nouvel ordre national interne qu’elle voudrait instaurer. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle s’était laissé écarteler entre ceux qui voudraient l’arrimer au modèle occidental de la démocratie et donc de l’ouverture du champ politique et du champ culturel aussi, ceux qui voudraient faire revivre le modèle du panarabisme, mais en débarrassant celui-ci de sa composante laïque et ceux qui voudraient chercher leurs référents dans ce qu’on appelle le modèle théocrate, ces deux derniers tendant à la fermeture du champ politique. Entre l’Occident qui considère que les valeurs démocratiques, selon sa propre version, sont des atouts et l’Orient qui, au contraire, les fuit comme la peste car génératrices des mises à mort des régimes beaucoup plus que par le risque que le pays sombre dans ce qui est considéré comme la régression, quel modèle et quelles valeurs pour l’Algérie? Quels sont les éléments constitutifs de ce nouvel ordre, quels sont les équilibres qui le garantissent quand, pour le président, la charte, telle qu’elle est conçue, tient compte des équilibres; quels sont les principes qui le fondent et les règles qui régissent son fonctionnement? Il serait normal de s’interroger sur les éléments ou courants qui concourent à ces équilibres. Un problème se pose alors car le contenu du concept de démocratie n’est pas approché en Algérie sous le même angle. Les perceptions en sont fondamentalement divergentes, pour ne pas dire antagonistes. Il est normal qu’il en soit ainsi car ce concept n’a jamais été mis en débat et il serait également normal qu’il en soit ainsi car la nature même de l’Etat à édifier est définie de façon antagoniste.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com