Pas d’espace arabe de défense
Bientôt un autre Sommet arabe avec un plan saoudien proposant la normalisation avec Israël dans un contexte où Alger se voudrait capitale de la culture arabe, alors qu’il n’y a même pas de politique ni de défense arabe et que nous en sommes même très loin. Entité autonome, cohérente, solidairement opérationnelle dans les discours, «démocratisante» également si l’on en croit les thèses officielles, mais en réalité espace régional seulement, sans rapprochement réel qui se traduirait par la mise sur rails d’une politique concertée, aussi bien sur le plan des relations extérieures que sur celui de la sécurité ou de la défense, ce qu’on appelle le Monde arabe ne représente que la partie du monde où sont implantés les pays arabes. Pas plus. Ces pays sentent bien sûr que c’est une véritable catastrophe que de constater leur impuissance à stopper le processus de déstabilisation qui s’élargit de plus en plus, et ce, parce qu’ils sont incapables à s’entendre, se demandant même pourquoi leur inféodation à l’étranger n’est pas arrivée à les immuniser contre ces nouvelles menaces. Parmi ces nouvelles menaces, une au moins apparaît comme la plus préoccupante. La première provient de l’intérieur des pays et est nommée par tous: le terrorisme. Ce qui les inquiète le plus, c’est de voir que cette menace est grandissante malgré les accords de sécurité et même de défense conclus avec des puissances étrangères.
L’Arabie Saoudite par exemple est devant un dilemme. Elle compte sur les Etats-Unis plus particulièrement pour la prémunir ou l’aider à se prémunir contre le terrorisme alors que ce dernier invoque justement cette inféodation pour mener l’entreprise de déstabilisation du Royaume. Le Royaume du Maroc croyait ou espérait qu’en ne se déclarant pas menacé par ce qu’il appelle le terrorisme, celui-ci finirait par ne plus exister. Il est inutile de rappeler que tous les pays arabes étaient, sont et continueront à être menacés car il n’y apparaît nullement d’une part la volonté à en reconnaître les racines, aucune réunion destinée à cet effet n’ayant pu les réunir sérieusement, et d’autre part, aucune intention également sérieuse de coopérer étroitement pour diminuer leurs vulnérabilités communes et enfin de faire face à ces menaces. Même pour ce qui concerne la politique extérieure -surtout la politique extérieure-, les convergences qui ressortent des discours sont en réalité fictives quand il s’agit de les évaluer à l’aune de leur application. Il n’y a qu’à voir, que pour ce qu’ils considéraient comme la cause sacrée durant des décennies, à savoir la cause palestinienne, le plan de normalisation des relations des pays arabes avec l’Etat d’Israël que va prochainement présenter l’Arabie Saoudite va encore une fois tracer une ligne de fracture, comme autrefois après la normalisation de l’Egypte avec Israël, entre les normalisateurs et les pays du front du refus. Il serait cependant vraiment curieux de savoir combien il y en a encore qui seront du front du refus. L’Algérie, sûrement, la Syrie plus que sûrement puisqu’elle n’a encore rien récupéré du Golan, la Libye, sûrement pas depuis qu’elle a tenu à revenir sur la scène internationale après qu’elle a réuni les conditions de sortir de sa mise en quarantaine occidentale, et plus particulièrement américaine. Les trois autres pays du Maghreb, il ne faudrait pas du tout croire qu’ils rejoindront un tel front, la Mauritanie ayant déjà établi des relations diplomatiques avec l’Etat d’Israël, en solo, alors que la Tunisie et le Maroc n’y penseront absolument pas. Un front de refus constitué de deux pays? C’est ce que représente la réalité arabe.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com