Accords à sens unique ?
L’Algérie et la Grande-Bretagne ont paraphé le 8 juin dernier à Alger quatre accords de coopération dans les domaines judiciaire et consulaire, dont un «accord sur l’extradition». Le premier concerne «l’entraide judiciaire en matière pénale», et le second «l’entraide judiciaire en matière commerciale et civile». Les deux autres portent sur «la circulation des personnes et la réadmission», et sur «l’extradition». C’est dans ce cadre qu’intervient le voyage du président de la République en Grande-Bretagne. Bouteflika profitera également de cette visite d’Etat pour placer un mot à Blair sur la situation qui prévaut en Palestine et abordera le volet économique en évoquant les amendements introduits à la loi sur les hydrocarbures au moment où des découvertes importantes sont faites par les sociétés étrangères -dont des Britanniques- qui ont profité de la porte grande ouverte pour s’engouffrer dans la cour -et le cœur- de l’économie nationale. Il exploitera les succès obtenus dans les négociations avec le Club de Paris, pour préparer le terrain au ministre des Finances, dans la perspective du paiement anticipé de la dette due au Club de Londres. Si les deux parties avaient souligné que ces accords étaient «d’une importance majeure pour le futur de toutes les relations entre les deux pays en matière judiciaire, pénale et consulaire», il y a, par contre, un manque de lisibilité et une opacité dans cette transaction juridique. Car l’on ne sait pas à qui ils profitent le plus. Côté britannique, Londres a tout à gagner en signant des accords avec Alger. D’une part, pour se débarrasser, à son gré, des 150.000 Algériens qui ont choisi de s’installer dans l’angle de la Terre au plus fort de la tragédie qui avait secoué le pays, une crise qu’avaient attisée Londres et Paris. Et d’autre part, pour pouvoir exiger «légalement» de l’Algérie qui fut l’éphémère Mecque des Révolutionnaires, l’extradition de «dangereux terroristes», du fait que la Police de Sa Majesté n’a pas encore résolu le mystère qui entoure les attentats de juillet 2005 et qui avaient poussé des Britanniques à plastiquer le Tube, le légendaire métro londonien. La guerre mondiale déclenchée contre le terrorisme peut réserver bien des surprises. Abdelmoumen Khalifa, mis à part, l’on ne voit pas qui pourra intéresser les autorités judiciaires algériennes. A supposer que Blair joue le jeu et accède à nos requêtes, rien ne prouve -la loi n’étant pas rétroactive- que le cas du Golden Boy soit inclus dans les accords. Si un tel scénario se réalise, cela voudra dire que seule la Grande- Bretagne en retirera cette importance majeure pour le futur de toutes les relations entre les deux pays.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com