Cette question taraude l'esprit des ambassadeurs des principaux partenaires commerciaux de l'Algérie : qui détient la décision économique en Algérie ' Elle suscite les commentaires de maints observateurs de la scène politique et économique du pays. La réponse peut être dangereuse. 'Il y a deux domaines à ne pas toucher, au risque d'être liquidé physiquement : les détails sur la répartition de la rente et la mémoire (dire la vérité sur le comportement de certaines personnalités durant la guerre de libération)", confie une source proche des cercles de décision. Il confirme que c'est le pouvoir réel qui détient la décision économique en Algérie, des hauts responsables, composante du pouvoir apparent, sont en connexion avec les hommes de l'ombre, des milieux d'affaires influents.
15 barons détiennent les principaux marchés de l'importation
'Ils sont une quinzaine, d'anciens responsables inconnus pour leur quasi-totalité de l'opinion publique. Ils font la pluie et le beau temps sur le marché. Chacun détient un marché d'importation d'un produit", ajoute-t-il. Par ailleurs, si le président de la République semble concentrer tous les pouvoirs, il l'exerce en particulier à travers le conseil des ministres où il approuve en dernier ressort les projets de loi, les décrets exécutifs et les nominations. Mais combien de décisions contraires aux intérêts du pays ont été approuvées par le premier magistrat du pays, faute d'un examen sérieux, les lobbies poussant à l'adoption de telle ou telle mesure ' La meilleure anecdote est l'approbation par le conseil des ministres des décisions contestées de 2009 : institution du Credoc et du 51/49. Le chef de l'Etat voulait clore les épisodes de Djezzy et de Lafarge, les énormes fraudes à l'importation à travers un nouveau tour de vis. On l'a mal servi. 'Ce n'est pas parce qu'il y a des accidents qu'on ferme l'autoroute", a argué un spécialiste qui trouve ces décisions aberrantes. Aujourd'hui, l'Algérie paie ses mauvaises décisions : des surcoûts énormes à l'importation que le simple citoyen paie à travers l'achat de produits plus chers et le reflux de l'investissement direct étranger depuis 2009. Le comble, c'est qu'aucun ministre n'a osé argumenter contre ces décisions, attirer l'attention du chef de l'Etat sur les inconvénients de telles mesures. Ainsi va l'Algérie, il n'y a pas de place à un débat fécond au conseil des ministres. Autre travers de ce système opaque : le détournement de décisions du président de la République. Le chef de l'Etat annonce en 2011 la dépénalisation de l'acte de gestion. Une commission est installée. Des membres influents de cette commission vont tout faire pour bloquer la mesure. Près de deux ans après l'annonce du premier magistrat du pays, la mesure n'est pas encore appliquée ! L'arsenal réglementaire est également conçu pour ne pas s'appliquer sur le terrain. Complexité du lexique, dispositions prêtant à différentes interprétations, vidées de leur sens, contradictions, autant de travers rendant l'exécution des mesures très difficile. Les différents dispositifs institutionnels sont ainsi conçus pour ne pas être appliqués. Du coup, l'administration se trouve renforcée. Il faut courir pour une simple autorisation. Une voie royale est ainsi ouverte à la corruption.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khaled R
Source : www.liberte-algerie.com