
Les experts nationaux en tourisme n'ont pas manqué de revenir, à l'occasion des journées internationales du marketing touristique, clôturées jeudi dernier à l'hôtel El Aurassi, sur la situation actuelle de ce secteur qui, selon eux, « traine toujours la patte ». Le directeur de Tourisme Magazine, Slimane Sbaâ, déclarera qu'une volonté politique pour promouvoir la destination Algérie existe, mais elle n'est pas suivie d'un bon système de formation aux normes et d'une culture touristique. « La société algérienne est réfractaire au tourisme alors qu'elle est l'un de ses maillons forts. La compétence et la formation ne suivent pas. Quant au financement, il existe mais est très mal utilisé. » « Quand les Russes se sont détournés de l'Egypte, la Tunisie s'est tout de suite mobilisée pour les récupérer. Et qu'a fait l'Algérie ' », souligne-t-il. L'expert en marketing touristique, Saïd Boukhelifa, dira que l'Algérie n'existe plus depuis plus d'une décennie sur la cartographie touristique mondiale. « L'Office national du tourisme participe à plusieurs salons du tourisme internationaux mais ne se donne pas la peine d'étudier les marchés. Cela fait plus de dix ans que les services marketing et communication ont été supprimés. Comment peut-il assumer sa mission sans ces deux services ' », indique-t-il. Evoquant le rôle des offices de tourisme régionaux, il remarquera qu'il est difficile, voir impossible, qu'ils jouent leur rôle en l'absence des moyens les plus basiques. « Des offices de tourisme ne peuvent pas avoir de sites internet sans autorisation. Ce qui est grave. » Pour lui, la volonté politique deviendra réelle quand le système de formation sera réformé, quand les formateurs sont formés et quand la culture touristique sera inculqué aux citoyens et aux décideurs. « Ce sont les opérateurs qui boostent le tourisme, mais les pouvoirs publics doivent les accompagner et les soutenir, aider à la construction de l'image de marque de l'Algérie », dit-il. La construction de cette image, explique-t-il, doit d'abord passer par une reconstruction de son identité, puisée de ses origines et de sa culture. « Le premier défi pour le développement d'une image de marque est le marketing. Au-delà des efforts de promotion, la crédibilité d'une marque dépend de la qualité de l'expérience touristique vécue par les visiteurs », fait-il savoir.Concernant les dispositifs mis en place dans le cadre de la relance du tourisme, le SDAT notamment, il estime qu'ils ne sont pas vraiment exploités par manque de conviction et de compétence. « Ce qui explique le manque de visibilité, de lisibilité. Et c'est pour cette raison que les experts étrangers déclarent à l'unanimité que l'Algérie est une destination fermée », précise-t-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farida Belkhiri
Source : www.horizons-dz.com