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Commémoration du massacre du 17 octobre 1961 : le parcours d'un militant revisitéBel Abes : les autres articles



Commémoration du massacre du 17 octobre 1961 : le parcours d'un militant revisitéBel Abes : les autres articles
Le lycée En Nadjah a abrité, jeudi denier, une cérémonie commémorative des événements du 17 octobre 1961 organisée par les animateurs et amis du site local, la Voix de Sidi Bel Abbès (VSBA).Cette date historique, coïncidant avec les fêtes de l'Aïd El-Adha, a été l'occasion d'évoquer le parcours militant de Zouaoui Mohamed dit Mustapha le Noir, l'un des initiateurs des manifestations d'octobre à Paris.
Militant nationaliste, «Mustapha le Noir», dont le nom de code était «Maurice», est né le 8 mars 1920 au quartier «El Graba» de Sidi Bel Abbès. Après des études primaires et secondaires dans sa ville natale, il poursuivra sa formation à la faculté d'Alger puis à l'université de Toulouse. Membre du Parti du peuple algérien (PPA) et de l'Organisation spéciale (OS), il contribuera à la mise en place des premières structures du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA). Optant pour l'action clandestine au sein de la Fédération de France, il assumera la lourde tâche de superviser la structuration de réseaux chargés de coordonner la collecte de fonds et de mener des actions armées dans l'Hexagone.
En 1959, il sera nommé responsable contrôleur de la région de Marseille, avant de se retrouver à Paris en qualité de chargé de l'information. À la fin de l'année 1960, les principales structures actives de la Fédération du FLN seront mises en place et c'est au début de l'année 1961 que sera créé, sur proposition de Amar Ladlani, dit Kaddour, un comité composé de quatre responsables contrôleurs, présidé par Mohamed Zouaoui en qualité de responsable fédéral.
Au lendemain des manifestations du 17 octobre 1961 à Paris, il sera considéré comme l'homme à abattre par les différents services de sécurité français, notamment la Direction de la surveillance du territoire (DST). Zouaoui Mohamed jouera également un rôle important en Allemagne où les cellules de la Fédération de France ont eu à piloter la quasi-totalité des opérations militaires en Europe occidentale. Il sera ainsi le coordinateur en chef, à partir de Cologne, entre le comité fédéral installé en Allemagne et les chefs de régions disséminés à travers la France.
Dans un portrait qui lui fut consacré par notre confrère Mir Mohamed en 2010, «Mustapha le Noir» est considéré comme l'un des stratèges des événements d'octobre. En effet, les recherches effectuées en 2006 par deux historiens britanniques, Neil Mac Master et Jim House, et éditées cette année en volume sous le titre «Paris 1961 ' Les Algériens, la terreur d'Etat et la mémoire», mettent en évidence le rôle «jusque-là méconnu ou sous-estimé» de dizaines d'hommes et de femmes qui ont 'uvré de manière active à l'organisation desdites manifestations, dont ' «Mustapha le Noir».
Dans leurs analyses, les deux chercheurs apportent des détails précis sur le rôle des structures et acteurs impliqués dans l'organisation de ces manifestations parisiennes qui s'achevèrent par l'une des répressions les plus sanglantes de l'histoire européenne moderne. A la faveur de recoupements multiples d'informations contenues dans les archives, les témoignages écrits, les échanges de correspondances entre les responsables du FLN de l'époque, entre autres Ali Haroun et l'intéressé, les deux chercheurs en arrivent à la conclusion que Zouaoui Mohamed, en sa qualité de responsable fédéral résidant en France, «était l'unique source de contrôle, non seulement pour Paris mais aussi pour toute la France métropolitaine'».
Ils noteront, à ce sujet, que «les ordres du comité fédéral en Allemagne n'étaient pas transmis directement aux chefs des sept wilayas mais à Zouaoui qui, ensuite, les leur envoyait par l'intermédiaire de trois contrôleurs qui, depuis leur base parisienne, assuraient la liaison avec les deux ou trois chefs de wilaya au sein de leur propre région'». C'est la mise en place de cette nouvelle forme d'organisation, opérant en réseau, qui permit à Zouaoui Mohamed et les trois contrôleurs régionaux formant le «comité des quatre» de lancer, après accord préalable du comité fédéral, le mot d'ordre pour l'organisation immédiate d'une «protestation de vaste ampleur devant se dérouler en trois phases: la première à Paris, la seconde dans le reste de la France sous la forme de manifestations de femmes devant les préfectures, et la troisième consistant en une grève générale des travailleurs, commerçants, étudiants et également d'une grève de la faim des détenus».
Lors de son arrestation, le 10 novembre 1961, Mohamed Zouaoui fut reconnu comme étant le chef des opérations du FLN en France, agissant au sein d'un réseau sous le nom de code «Maurice». Il sera emprisonné puis libéré en mars 1962, après la signature des accords de cessez-le-feu. Après l'indépendance, il est élu député à l'Assemblée constituante et, à la fin de son mandat, il prend sa retraite pour se consacrer pleinement à sa famille. Mohamed Zouaoui est décédé le 3 octobre 2000 à Sidi Bel Abbès à l'âge de 84 ans.
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