L'enfant rebelle des Annassers allait devenir l'un des héros de la Révolution armée en devenant l'homme à abattre pour les paras de Bigeard en semant la peur et la panique dans les rangs de la soldatesque et la police coloniales et ce particulièrement dans le cadre de la Bataille d'Alger. Ali Ammar a vu le jour le 14 mai 1930 à Miliana, dans une famille pauvre dont il est le dernier-né.Après un premier emprisonnement à l'âge de treize ans, il se rend à Alger, où il apprend la maçonnerie. Il se fait connaître à Alger à partir de 1945. Il fait l'objet d'une condamnation pour coups et blessures volontaires et violences à agent en 1952, pour tentative d'homicide en 1953 puis en 1954.
En 1954, quand éclate la guerre d'Algérie, il se trouve à la prison de Barberousse où il purge une peine de deux ans pour tentative d'assassinat. Des militants du FLN le convainquent qu'il est une «victime du colonialisme» et le poussent à rejoindre la cause nationale. Il s'évade après son transfert à la prison de Damiette. Il revient à Alger et prend contact quelques mois plus tard avec Yacef Saâdi, qui était l'adjoint de Larbi Ben M'hidi, le responsable de la Zone Autonome d'Alger. Il est recruté sur le champ et prouve sa bravoure et son côté intrépide, bravant toutes les forces de l'ordre coloniales en exécutant toutes les missions qui lui sont confiées.
Cependant, le soir du 8 octobre 1957, la cache de Ali et de ses compagnons d'armes était éventée, non loin de celle où venait d'être arrêté Yacef Saâdi, le 24 septembre 1957, dans la Haute Casbah. Une opération menée par le commandant Guiraud du 1er REP (Régiment des éléments parachutistes), est déclenchée. Le quartier est cerné et l'îlot où se trouvait la cache, investi par les paras. Ali la Pointe possède, dans sa cache, de l'armement et quatre bombes, indiquent les historiens.
Les officiers des parachutistes essayent d'abord de parlementer avec lui. Finalement, le commandant Guiraud décide de faire sauter la cache en plaçant des charges de plastic aux angles. Une dernière fois, le capitaine Allaire tente, en vain, d'obtenir une réponse d'Ali la Pointe en lui parlant au mégaphone. L'explosion a eu lieu. Des gravats de toutes sortes vont retomber sur les Jeeps PC stationnées à la rue Randon. La maison s'est effondrée, littéralement soufflée.
Lors des opérations de déblaiement, on relève de nombreux corps de civils et, parmi eux, des femmes et des enfants victimes de l'explosion. C'est dans les derniers jours de déblaiement que seront trouvés les corps d'Ali la Pointe, de Hassiba Ben Bouali et de Mahmoud puis, quelque temps après, le corps du petit Omar qui a été propulsé au travers de toute la maison, pour s'arrêter sur le porche en pierre. C'est par devoir de mémoire, afin que nul n'oublie que dimanche matin, une foule nombreuse s'est massée au pied de la stèle érigée à la mémoire du héros. Après une oraison à titre posthume, en présence de la délégation officielle avec à sa tête le chef de l'exécutif de la wilaya, accompagné du président de l'Organisation des moudjahidine, des responsables, des autorités civiles et militaires, il a été déposé une gerbe de fleurs suivie de la lecture de la Fatiha.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim O
Source : www.lesoirdalgerie.com