
Cela fait plus d'un siècle et demi que la Smala de l'Emir Abdelkader a changé de camp pour se retrouver comme butin de guerre au musée du Louvre. Un évènement hautement historique qui revient en surface dans le cadre de la restitution du patrimoine national par la France. Le grief lié à ce déni de droit remonte aux premières heures de la colonisation et la main basse faite sur le trésor d'Alger par l'administration coloniale. Que de temps passé sur cette affaire, nous voilà enchaînés aujourd'hui par une autre bataille pour demander le retour du fameux canon Baba Merzouk. Dans le musée de Guerre du port de Brest, trône l'historique consulaire de 12 mètres de long dont la puissance de feu a fait ses preuves en Méditerranée. Une pièce d'artillerie sortie tout droit des humbles ateliers de la fonderie située derrière le sanctuaire de Sidi H'lel. Hormis les tergiversations militaristes de la France pour rendre à Alger ce qui appartient à l'Algérie, des résistances belliqueuses continuent d'alimenter la haine de fin de non-recevoir sur tout ce qui est dû à l'Etat algérien par la voie légale en matière de retour du patrimoine. Qu'à cela ne tienne, le comité de restitution du fameux canon est en train de remuer ciel et terre pour faire avancer le dossier dont l'aboutissement est encore à mille n'uds marins. Beaucoup de bruit sans pour cela faire parler la poudre. Sur la rade d'Alger, les souvenirs d'un passé glorieux retentissent à nos oreilles par le chant des enfants qui attendent sagement le coup de canon annonçant la rupture du jeûne. Au large de Bab D'zira, Charles Quint, atteint par une terrifiante salve de Baba Merzouk, s'en est retourné avec une promesse de revenir se venger. A quelques brasses de l'Amirauté, une terrible cérémonie exécutoire sur la personne du père Lavigerie a fait tinter les cloches d'une croisade. Un bilan contemplatif sur le passé qui attend toujours fermeté dans l'action afin de ramener à la patrie tout son patrimoine de guerre Il est grand temps de se mettre en phase avec l'écriture de l'histoire et faire rapatrier tous les biens confisqués par l'administration coloniale. Il aura fallu que la mémoire collective agisse sur les esprits pour parler timidement de ce contentieux qui, au demeurant, demande à être inscrit comme question prioritaire dans le chapitre des droits de l'homme. Car il s'agit bel et bien d'une gigantesque atteinte au droit humanitaire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Bentaleb
Source : www.horizons-dz.com