Alger - A la une

Colère dans le monde du travail



Grogne - Des syndicats des différents corps de métier ont renoué avec la contestation pour faire valoir leurs droits.
Les communaux sont les premiers à protester. Depuis deux ans, les travailleurs de ce secteur n'a cesse de réclamer l'amélioration de leur situation socioprofessionnelle. Ils se sont résolument engagés durant toute l'année pour aller jusqu'au bout de leur démarche. Pour preuve, ils ont été les premiers à lancer les hostilités en décrétant une grève de 8 jours. La Fédération nationale du secteur des communes (FNSC), affiliée au Snapap, a lancé cette grève pour exiger, notamment, le respect du droit syndical, la révision et l'unification des statuts particuliers et du régime indemnitaire des travailleurs des communes tous corps confondus ou encore l'implication du partenaire social dans la gestion de la carrière des travailleurs. La plateforme de revendications des communaux comprend également l'abrogation de l'article 87 du code du travail, la révision du point indiciaire, la révision de la gestion du FNPOS ainsi que la généralisation de la médecine du travail entre autres. Après les communaux, les secteurs de l'éducation, de la santé, de la justice, des transports, des gardes communaux et bien d'autres secteurs d'activité ont investi le terrain de la contestation avec à la clé leurs revendications traditionnelles qui s'articulent le plus souvent autour de leurs conditions socioprofessionnelles. C'est une expression de marasme social élargi à toutes les franges de la société, que même le remaniement du gouvernement n'a pu estomper. Chaque «leader» avait brandi son mot d'ordre. Au sein du secteur de l'Education et de la Santé, même si la nouvelle du changement de ministre avait suscité une certaine euphorie parmi les travailleurs, beaucoup ont préféré rester lucides. «Nous ne voulons pas un changement de ministres, mais le changement du système», nous avait dit justement un syndicaliste du CLA. Pour ce qui est des grèves dans l'éducation, la santé ou les communes, elles sont toujours d'actualité et le mouvement semble se maintenir aux derniers jours du mois de décembre. Pour les syndicalistes, il faudrait que le Premier ministre ouvre un dialogue réel et concret afin de négocier sur des bases saines. La balle est donc, selon eux, dans le camp du gouvernement. Le dernier mois du premier semestre de l'année 2012 a connu la colère des secteurs habituellement peu frondeurs comme celui de la justice, avec un mouvement des greffiers et les auxiliaires paramédicaux, lorsqu'ils ont été rejoints par 40 000 autres syndicalistes et travailleurs de différents secteurs. Des administratifs aux éboueurs, les personnels locaux ont entamé plusieurs grèves, pour demander des hausses de salaires et un statut spécial. Les greffiers des tribunaux avaient lancé une grève pour protester contre leurs conditions de travail. Ces débrayages avaient commencé au tribunal d'Alger, avant de s'étendre à 30 des 36 tribunaux du pays. Les greffiers, qui constituent l'ossature du système judiciaire, ont présenté une série de revendications, appelant à annuler la loi qui régit leur profession. Ils l'ont décrite comme un véritable Code pénal, au vu du grand nombre de sanctions prévues en cas d'erreur. Ils ont également demandé que leur profession soit placée sous la responsabilité du ministère de la Justice, et non plus dans le cadre de la fonction publique, réclamant également des augmentations de salaire. Cette action de revendication a entraîné la suspension des procès, provoquant la colère de certains citoyens.
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