Réuni hier sous la présidence du chef de l'Etat, le Conseil des ministres
a approuvé un décret présidentiel portant réglementation des marchés publics.
Les nouvelles dispositions prévues en la matière sont en premier lieu
l'élargissement de deux à trois, du nombre des Commissions nationales des
marchés, dont l'une sera chargée des travaux, l'autre des études et la
troisième des fournitures et services, de sorte à réduire les délais d'examen
des dossiers de marchés publics. Il est aussi question d'alléger le règlement
intérieur des Commissions des marchés publics, tout en soumettant sa
promulgation à la procédure du décret exécutif débattu par le gouvernement et
approuvé par le chef de l'Etat et la limitation du rôle de la Commission des
marchés au contrôle de régularité des marchés publics.
Le texte introduit également dans
le contenu de l'offre technique, des documents certifiant la mise à jour du
soumissionnaire par rapport à ses obligations fiscales et envers la législation
sociale, et l'instauration d'une circulation efficiente des données concernant
la situation du soumissionnaire envers les administrations chargées des impôts
et de la législation du travail. Aussi le soumissionnaire à un appel d'offres
public, doit signer une déclaration de probité, de même que sera introduite une
clause anti-corruption notifiant aux soumissionnaires les sanctions pénales
encourues en cas de violation de la législation pertinente.
Selon ce décret, est exclu de la
participation aux marchés publics tout opérateur ayant violé la législation et
la réglementation protégeant les deniers publics. Autre nouveauté l'encadrement
du recours, sans appel d'offres, aux procédures de contrats et bons de commande
de prestations, travaux et fournitures, d'un montant limité, de sorte à
permettre aux ordonnateurs de faire face, dans la transparence, à toute
situation urgente, ainsi que l'encadrement de la procédure du concours de
sélection, en y intégrant les concepts d'anonymat et de jury, ainsi que la
précision des procédures de marché de gré à gré, après consultation. Le service
contractant est obligé de rendre public, au début de chaque exercice
budgétaire, d'une part, la liste de tous les marchés conclus durant l'exercice
précédent ainsi que l'identité des entreprises attributaires, et d'autre part,
le programme prévisionnel des projets à lancer durant l'exercice considéré. Le
décret prévoit également la création d'un observatoire de la commande publique
destiné à recenser et analyser les données économiques relatives aux marchés
publics. Le nouveau texte encourage en outre, les services contractants à
recourir à l'allotissement des projets, pour permettre aux entreprises
algériennes de participer davantage à la réalisation des programmes
d'investissements publics, de même qu'il relève de 15% à 25% la marge maximale
de préférence reconnue à l'entreprise locale dont le capital est
majoritairement national, ainsi qu'aux produits et services locaux, lors des
soumissions aux marchés publics.
Le décret présidentiel oblige,
par ailleurs, à recourir à l'appel d'offres national exclusivement lorsque la
production nationale ou l'outil local de production est en mesure de satisfaire
le besoin du service contractant. Il introduit dans le cahier des charges des
appels d'offres internationaux, un engagement de l'entreprise étrangère
soumissionnaire à conclure un partenariat d'investissement avec une entreprise
algérienne, ainsi que des clauses de sanctions en cas de non respect de cet
engagement une fois le marché attribué.
Le conseil des ministres avait
entamé ses travaux par l'examen et l'adoption d'un projet de loi relative à la
protection des personnes âgées. Le projet de loi privilégie la prise en charge
des personnes âgées dans un cadre familial, d'abord en rappelant les
obligations légales de leurs descendants directs, ensuite en établissant le
principe d'une aide de l'Etat aux familles démunies pour la prise en charge de
leurs membres âgés, et enfin en étendant, le cas échéant, ce soutien public aux
familles d'accueil sans lien de parenté avec les personnes âgées démunies. Le
texte conforte également la protection et l'assistance de l'Etat au bénéfice
des personnes âgées, en situation de vulnérabilité, ainsi que leur assistance
en matière de soins, d'aide sociale et d'activités spécifiques. Enfin, il
précise davantage les conditions d'ouverture et de gestion des établissements
spécialisés, publics ou privés, destinés aux personnes âgées.
Le Conseil des ministres a
ensuite étudié et approuvé un projet de loi fixant les règles générales
relatives à l'industrie et à l'activité commerciale cinématographiques. A ce
titre, la réalisation, l'exploitation, la diffusion et la distribution des
oeuvres cinématographiques, ainsi que la projection publique de films à des
fins non lucratives seront soumises à une autorisation du ministère chargé de
la Culture, conformément aux règles universelles en usage. L'exploitation des
salles de projections cinématographiques sera quant à elle, soumise à un cahier
des charges. Le texte institue le dépôt auprès de l'instance chargée de la
conservation cinématographique, d'une copie des films nationaux et étrangers
diffusés dans le pays à l'expiration des droits d'exploitation, ainsi que des
films déjà produits ou à produire relatifs à la guerre de Libération nationale.
Le projet de loi fait, en outre obligation aux producteurs étrangers procédant
à des réalisations en Algérie, de recourir à des collaborateurs nationaux. Il
énonce également le principe d'une aide publique aux sociétés locales de
production, de distribution, d'exploitation et de diffusion cinématographiques.
Le Conseil des ministres a
ensuite entendu une communication sur un projet de décret exécutif instaurant
l'obligation de recours à la monnaie scripturale (chèques ou cartes bancaires)
pour tout paiement supérieur à 500.000 DA. La date du 31 mars prochain a été
retenue pour l'entrée en vigueur de cette mesure, de sorte à garantir que les
banques de la place seront entièrement en mesure de répondre à la demande du
public pour l'ouverture de compte et pour l'obtention rapide de chéquiers.
Quant au seuil de 500.000 DA fixé à ce stade, il tend à familiariser la société
au recours au chèque au lieu et place des espèces, étant entendu que ce montant
sera, à l'avenir, graduellement abaissé jusqu'à atteindre le niveau en usage
dans les économies modernes à travers le monde.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Synthèse R N
Source : www.lequotidien-oran.com