C'est une visite éclair que vient d'effectuer hier Claude Guéant, le ministre français de l'Intérieur, à Alger. Tellement rapide et tellement chargée que lui et son homologue Daho Ould Kablia ont dû confier l'essentiel des dossiers en cours de discussion à leurs collaborateurs pour de prochaines réunions.
D'ailleurs, les deux ministres ont tenu à rappeler l'engagement des présidents Bouteflika et Sarkozy pour édifier 'un partenariat d'exception', lequel enterrerait définitivement l'idée chère à Jacques Chirac de signer avec l'Algérie un traité d'amitié. 'L'amitié ne se trouve pas dans les traités, mais dans l'action', a tenu de justifier Claude Guéant, avant de plaider pour 'davantage de compréhension' entre les deux pays.
De son côté, Daho Ould Kablia a réitéré la volonté de l'Algérie de donner 'l'élan nécessaire à la relance de nos relations dans tous les domaines'.
Même si rien n'a filtré sur les discussions entre les deux ministres, l'accord de circulation des personnes signé en 1968 a été longuement abordé par le ministre français lors d'un bref point de presse. Tout en rappelant que la négociation pour la révision de cet accord a été relancée, l'année dernière, lors de sa dernière visite en Algérie, en tant que secrétaire général de l'Elysée, durant laquelle il avait rencontré le président de la République et le Premier ministre. 'Les choses avancent le plus normalement du monde', se contentera-t-il de dire, en émettant le souhait que 'les négociations avancent'. Tout en rappelant que la France a été l'initiatrice du pacte sur les migrations signé par les pays membres de l'Union européenne en 2008, M. Guéant précisera, toutefois, qu''il y a de la place pour des négociations bilatérales, notamment pour des accords tels que celui qui nous unit à l'Algérie'.
Pour ce qui est du Conseil français du culte musulman (CFCM), créé sous l'instigation de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, les divergences concernent, selon M. Guéant, uniquement le conseil national, alors que les conseils régionaux fonctionnent, selon lui, normalement. Il reconnaîtra que les critères de désignation des membres du conseil ne sont pas acceptés par tout le monde et affirme que des discussions sont en cours en vue de revoir ces critères.
À ce moment, Daho Ould Kablia intervient pour apporter la position de l'Algérie, non pas en ce qui concerne ce conseil, qui relève de la souveraineté française, mais pour préciser que la Mosquée de Paris, gérée par l'Algérie, doit continuer à jouer le rôle de rayonnement religieux, moral et culturel, en faveur prioritairement des Algériens. Une façon diplomatique de dire qu'Alger ne se reconnaît pas dans le CFCM.
Concernant le Printemps arabe et l'arrivée au pouvoir de partis islamistes, le ministre français est resté très diplomate, en affirmant que son pays 'considère que ces mouvements se sont exprimés en toute liberté'. Et de préciser que 'nous faisons confiance aux peuples de la région'.
M. Guéant n'omettra pas, enfin, d'apporter le soutien de son pays aux réformes initiées par le président Bouteflika.
Azzeddine Bensouiah
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Azzeddine Bensouiah
Source : www.liberte-algerie.com