Beaucoup de choses ont été dites ou publiées sur l'Histoire de la presse écrite algérienne avant et après l'indépendance, mais rien ou presque de notable, de consistant et de crédible n'a été porté à la connaissance de l'opinion sur celle de la Radio et de la Télévision, avant et après ce fameux 28 octobre 1962.
Cette lacune criante et dommageable reviendrait-elle à la rareté des sources et des témoignages ou s'expliquerait-elle par la disparition des documents de référence dont nombreux furent détruits ou transbordés, Outre-Méditerranée, dans les bunkers de l'INA (l'Institut national de l'audiovisuel français), avec une prescription, indéfiniment, reportée ' Le mystère demeure, en tous les cas, entier et les plus téméraires le justifient par la volonté, discrète mais ferme, de certains milieux de l'entretenir, encore longtemps, parce que, dans les replis de ce sujet tabou ('), se trouveraient, cachés et bien protégés, des secrets qui lèveraient, s'ils venaient à être éventés, des voiles insoupçonnés sur le passé peu reluisant d'anciens acteurs de la vie publique nationale. D'où la rétention et les scellés, maintenus, par la force du déni, sur les précieuses archives de notre mémoire audiovisuelle nationale.
Pourquoi le 28 octobre et non le 5 Juillet 1962 '
Commençons par le commencement et interrogeons-nous sur les raisons qui motivèrent l'ajournement au 28 octobre 1962, soit 4 longs mois après la Libération, de l'instauration de la souveraineté de l'Etat algérien sur des médias aussi stratégiques installés par l'Administration coloniale à l'usage de la communauté européenne, puis, plus tard, sous des formes folkloriques et intéressées, à celui des Algériens, dès 1926, pour la Radio, et entre 1956 et 1958, pour la Télévision, au summum des sanglantes opérations de pacification menées par la IVe République et intensifiées au début du règne de la Ve… Sans que cela ait fait l'objet d'une clause expresse des Accords d'Evian ou d'une disposition clairement énoncée dans la passation des pouvoirs intervenue entre les autorités d'occupation et l'Exécutif Provisoire présidé par Me Abderrahmane Farès . L'historien ou le simple observateur curieux en sont réduits à des conjectures du genre de celles qui laisseraient entendre que le groupe de Tlemcen emmené par Ahmed Ben Bella, lors de la marche de l'armée des frontières vers Alger, aurait préféré abandonner, temporairement, cette institution de premier plan, aux mains des Français, en faction sur la place, plutôt que de la voir tomber entre celles du GPRA ou des chefs de la Wilaya IV qui l'auraient utilisée comme instrument de propagande, bien que son rayon fut quelque peu limité, en direction du peuple algérien, profondément déçu par la tournure des événements de cet inattendu été de la division. La version confiée et défendue par Mohamed Hadj Hamou, le premier ministre de l'Information du premier gouvernement de l'Algérie indépendante, s'était circonscrite à la description des conditions dans lesquelles l'Etat s'était fait restituer un de ses attributs sur des organismes audiovisuels dont les journaux présentés, en partie, par des Français et un Libanais, continuaient, curieusement, et jusqu'à la veille de ce premier 1er Novembre de liberté, à ouvrir sur l'actualité du gouvernement Maurice Couve de Murville et sur celle de «la Métropole et de ses DOM-TOM». Son récit nous apprend que, saisi par ses soins, sur le sujet il ne dit pas pourquoi il le fit aussi tardivement le président Ahmed Ben Bella a instruit son 1er vice- président et ministre de la Défense, le colonel Houari Boumediène, de prendre les mesures appropriées pour récupérer le site, ses infrastructures et ses moyens et assurer le contrôle de leur fonctionnement, au mieux des intérêts de l'Etat. Ce qui fut accompli, lorsque l'officier de l'ANP, Mohamed Ben Ahmed Abdelghani, futur Premier ministre de Chadli Bendjedid, se présenta, à bord d'un véhicule blindé, devant les portes de l'imposant immeuble, de style Bauhaus, du 21 boulevard Bru, rebaptisé boulevard des Martyrs, et demanda au commandant français des lieux de lui remettre officiellement les clefs de la station de la Télévision d'Alger et de la station de Radio France V qui assurait la production du programme français et du programme des ELAK, les (émissions en langues arabe et kabyle). Tout de suite après, Khaled SAFER, Abdelaziz CHEKIRI et Mohammed BOUGHRARA dit «El- GORDO», transfuges de La Voix de l'Algérie combattante créée, en 1956, dans la foulée du journal El Moudjahid, sous l'autorité de Aïssa MESSAOUDI, avec des antennes ouvertes au Caire, à Tunis, à Nador et à Tripoli, escaladèrent le building aux cent alvéoles qui donne sur la baie d'Alger et levèrent les couleurs algériennes en lieu et place de celles de l'ex- puissance occupante. L'artiste Mahieddine Bentir, futur animateur du groupe de rock «Les Algiers», pouvait commencer à dessiner le sigle historique de la RTA. Un épisode, certes, glorieux, inscrit au fronton de ce haut lieu de bataille où furent enregistrées, minute par minute, les pages les plus horribles de notre existence nationale, mais sur lequel nous ne sommes pas plus avancés, s'agissant du motif réel de sa tardive survenue.
Une succession au pied levé
La suite est mieux connue : les cadres et techniciens européens décidèrent, certainement, sur ordre du gouvernement français, de déserter les lieux, dans le but de paralyser la diffusion des émissions, sous-estimant les capacités des Algériens d'assurer la relève. Les éléments entrés du Caire, de Tunis, de Nador et de Tripoli et agissant, au titre d'anciens journalistes de La Voix de l'Algérie combattante ou de techniciens des transmissions du MALG, firent équipe et furent chargés par le ministère de l'Information d'encadrer la nouvelle Radio-Télévision algérienne déclarée, tout au moins, dans le principe, comme le successeur de «la radio secrète» tenant d'elle, et non de la RTF coloniale, sa filiation et sa légitimité historique. Le premier noyau dirigeant qui présida à sa reconversion nationale, de 1962 à 1969, comprenait, en plus de Aïssa MESSAOUDI, sus-cité, Bahi MOUNIR, le premier directeur général de l'établissement ; Messaoudi ZITOUNI, co-fondateur de l'APS et de l'Ouvrier algérien, organe de l'UGTA naissante, et futur ministre des Industries légères de Chadli BENDJEDID ; Mohammed-Laïd BOUREGHDA, journaliste à Tunis, pendant la guerre, collaborateur de Ferhat ABBAS au GPRA puis à l'Assemblée constituante où il fut un de ses questeurs, avant de prendre la direction d'El Moudjahid ; Lazhari CHERIET, journaliste à Tunis, futur directeur des magazines Atlas et Révolution Africaine et futur directeur général, les deux sus-nommés ayant été les seuls journalistes algériens envoyés couvrir les négociations d'Evian ; Madani HAOUES, dit Abdelatif, journaliste à La Voix de l'Algérie combattante, à l'antenne de Nador, Lamine BECHICHI, journaliste et futur directeur général de la Radio, ministre de la Communication, à celle du Caire ; Abderahmane LAGHOUATI, technicien qui a rejoint l'arme des transmissions au MALG, au milieu des années 50 et futur directeur général ; Abdelkader NOUR, délégué de l'UGEMA au Caire et futur directeur de la Chaîne I ; Abdelaâli BOUREGHDA, journaliste à Tunis et futur responsable de l'information de la Chaîne I ; Belahcene ZERROUKI, ingénieur formé en Allemagne de l'Est et futur directeur général ; Mohamed REZZOUG, collaborateur de Mohamed Seddik Benyahia et futur directeur général, Abdelhamid BENHEDOUGA, écrivain et futur président du Conseil national de l'audiovisuel, Ahmed MAHIEDDINE, ingénieur et futur secrétaire général de l'établissement avant sa restructuration en 1986 et BELBAHAR, directeur du personnel assisté de Mohamed LAHMAR. Pour l'Histoire, retenons que la plupart des survivants de La Voix de l'Algérie combattante dont Rachid NEDJAR, Kaddour RAYANE, Hassen YAMI, Serge JULY, Belaïd ABDESSLEM, Mohamed SOUFI, Mohamed Salah ESSEDIK, Mohamed BOUGHERARA dit «EL GORDO» quittèrent l'institution appelés à d'autres fonctions ou se redéployèrent à travers les services de la nouvelle entité, notamment les services d'écoute, le Centre des Eucalyptus et l'usine de disques. Les amis de l'Algérie, Jacques CHARBY, Jacqueline et Georges ARNAUD, Cécile MARION, Suzanne FRANCOIS, Hélène KLEIN, Aline MOUSSAOUI et d'autres rejoindront, quant à eux, la chaîne III de la Radio ou officieront, quelque temps après, les poètes Djamel AMRANI et Jean SENAC, l'ami de Kateb YACINE et de Louis DOUCHET, devenu Serge MICHEL, en hommage aux révolutionnaires Victor SERGE et Louise MICHEL. Les nouveaux venus avaient, dés l'entame, du régler un certain nombre de problèmes médiatiques et techniques, compliqués par les rapports entretenus avec les anciens éléments de la RTF et des ELAK, contestés, au vu du passé de certains d'entre eux, qui tenaient , dans une résistance passive tenace, à conserver leurs pouvoirs, à l'instar de Boudali SAFIR, Mohamed BOUGUETAYA, Réda FALAKI, Bahi FOUDALA, Lahbib HACHLEF, BABA-AMEUR, Othmane AMER, Mustapha GRIBI, Abder ISKER, Mohammed EDDAHAOUI etc… Plusieurs d'entre eux, fortement marqués par leur positionnement vis-à-vis de la Révolution armée, durent, de guerre lasse, se résigner à céder la place ou à quitter le pays. A ces deux strates, qu'opposait , donc, une guerre souterraine, s'ajouta une troisième , fournie par la première promotion de l'Université de l'Algérie indépendante, dont les lauréats issus de la Faculté de Droit, de l'Institut de Sciences Politiques, de l'Ecole de Journalisme et de l'Ecole Polytechnique avaient pour nom : Badr'Eddine MILI, Boualem AISSAOUI, Mohamed HARBI, Madjid TOUMI, Arezki BOUNAB, Abdelmalek HOUYOU, Ahmed BEDJAOUI, Rachid FODIL, BENGANA… dont on retrouvera plus tard les traces à la tête d'importants médias algériens ou hauts responsables à l'Union internationale des télécommunications (UIT), à Canal+ et à Arabsat, en constante émulation avec les cadres des P et T comme Ahmed BEY, futur directeur général de TDA, Mohamed BAIRI, DGT et premier Algérien à diriger l'administration du premier satellite arabe, Ahmed HAMOUI, ingénieur et conseiller en télécoms du ministère auprès des pays africains et Noureddine BOUHIRED, le talentueux négociateur international, décédé dans l'attentat terroriste qui avait visé, audessus du Niger, l'avion de l'UTA, dans lequel il avait pris place, de retour d'une mission. Plusieurs autres techniciens comme OUFRIHA, Ahmed BOUHIRED et OUZEGHDOU, déjà sur place, s'y agglomérèrent pour former une task-force, d'une efficacité prouvée.
Un melting-pot de générations et d'obédiences
A cette époque, et jusqu'aux années 80, on croisait sur le parvis de ce siège qui rivalisait de hauteur et d'élégance avec le Cassiopée, la Résidence Shell, l'Aérohabitat et l'Algeria, plusieurs générations d'artistes, de journalistes, de techniciens, d'hommes de programmes, d'hommes de lettres, d'animateurs et d'administrateurs, de toutes obédiences, qui avaient fait leur carrière à la RTF et aux ELAK ou après et qui ne savaient pas encore qu'ils revêtiront, dans un futur proche, l'étoffe de personnages que l'Histoire contemporaine de leur pays retiendra longtemps.
Il y avait là :
- Les chanteurs : El Hadj M'Hamed El ANKA, El Hadj MENOUAR, Fadela DZIRIA, Dahmane El HARRACHI, Rabah DRIASSA, Khelifi AHMED, Ahmed WAHBI, Mohamed Tahar EL FERGANI, Abdelmoumene BENTOBBAL,El Hadj BENSARI, Blaoui El HOUARI, El Hadj EL GHAFOUR, Abdelhamid ABABSA, Ahmed SERRI, Abdelkrim DALI, HSISSEN, El ANKIS, Abderrahmane AZIZ, DJAMILA, Djilali AIN TADLESS, Amar EL AACHAB, Kamel HAMMADI, Akli YAHIATENE, Maazouz BOUAADJADJ, El Hadj SOUKI, CHERIFA, Abdelkader BENDAAMACHE et les nouveaux venus, NADIA, Mohamed LAMARI, NORA, SELOUA, Samy AL DJAZAIRI, Abdelkader CHAOU, El Hadi RADJEB, Saliha SAGHIRA, Hamdi BENNANI, GUERROUABI, Amar EZZAHI, Boualem CHAKER, Abdelkader CHERCHEM, EL GHAZI…
- Les chefs d'orchestre et musiciens : FAKHARDJI, Mustapha SKANDRANI, Haroun RACHID, Abdelouahab SALIM, Merzak BOUDJEMIA, Cherif KORTEBY, Abdellah KRIOU, Noubli FADEL, le compositeur de musique de cinéma Ahmed MALEK, MOKHTARI, le virtuose du violon, MOH SEGHIR Laama le maître du banjo, PAPOU, le percussionniste hors pair, Mahfoud DJELMANI, l'admirable opérateur de synthé et SAAD, l'inimitable joueur de gasba…
- Les comédiens : Abdelhalim RAIS, Larbi ZEKKAL, Mahieddine BACHTARZI, Chikh NOURREDDINE, ROUICHED, Allal EL MOUHIB, Mustapha KATEB, Mohamed KECHROUD,Hassen AL HASSANI, Sid Ali FERNANDEL, KELTOUM, ABOU EL HASSEN, Sid Ali KOUIRET, HADJ Abderrahmane, Chafia BOUDRAA, Yahia BENMABROUK, Othmane ARIOUET, YASMINA, Azzedine MEDJOUBI, BOUHERAOUA, SISSANI, Djaafer BECK, MENGUELLATI, Mohamed et Saïd HILMI, BACHDJERRAH, Abdelkader ALLOULA, Arezki NEBTI, BIYOUNA, Hamza FEGHOULI, Boumediene SIRAT, Farida SABOUNDJI, NOURIA, Fatiha BERBER, Bahia RACHEDI, Kaci TIZI OUZOU, Ahmed KADRI, HDIDOUANE, BENZERARI, Abennour CHELLOUCHE, Allaoua ZERMANI, Mohamed KERBOUZ, Slimane BENAISSA, Mustapha EL-ANKA, Ouardia HAMITOUCHE, Rachid FARES, ARSLANE, Nawel ZAATAR …
- Les réalisateurs : Mustapha BADIE, Moussa HADDAD, BENDEDOUCHE, Abdelaziz TOLBI, Lamine MERBAH, Benamar BAKHTI, Mohamed IFTICENE, FOUGHALI, Hadj RAHIM, Salim BENELKADI, Noureddine TIFOURA, Djamel FEZZAZ, Mohamed OUKACI, Mohamed HAZOURLI, Amar MOHSEN, Azzeddine MEDDOUR, Bachir BELHADJ, Saïd OULMI, Fateh AYADI, OULD-HOCINE …
- Les journalistes : Baya HOCINE, Slimane KHELIFA MAHDJOUB, Tahar BENAICHA, Harat BENDJEDDOU, Mohamed BOUMEDIENI, Brahim BELBAHRI, Mohand-Saïd OUSAID, Abdelkayoum BOUKAABACHE, Ziad BOUNAB, Cherif HARBI, Hamid BOUDJAKDJI, El Hachemi SOUAMI, Mahmoud MAIDAT, Sid Ali NESSAKH, Abderrazek ZOUAOUI, Ali LAOUFI, Mohamed BOUSSALHAM, Brahim BENMESSAOUD, Abdellah BENYEKHLEF, Abdelkader BENKACI, Fatima KECHROUD, Hassen KHAOUA, Abdelkader ABDELAADHIM, BESSAI, AMOKRANE, Salah DIB, Ahmed FADLI, Ali MERROUCHE, Mohamed RAHMANI, Mohamed SBAA, Mustapha BENNABI, Rachid BOUMEDIENE, Mohamed MELAIKA, Ahmed BENYAKOUB, Mohamed BOUAZZARA, Leila BOUKLI, Farida ABAHRI, Cherif BEKKA, Abderahmane AMARNI, Kamel BENDISSARI, Malek BENHASSINE, Ali HABIB, Noureddine RAHMOUNE, Baya EL HACHEMI, Noureddine INOGHUI, Sid ALI HATTABI, Ahmed Brahim BRAHIMI, Antar DAOUD, BOUHAFS, Abdelouahab BENHASSEN, Mouloud CHIKAOUI, Ahmed CHAREF, Hamza TEDJINI, Hanifa BELAZOUG, Nouara DJAAFAR, Mohamed Cherif ZEROUALA, Farouk BELAGHA, Hachemi HANTAZ, Abdelkader HAMANI, Ben Youcef OUADIA, Nacereddine EL ASSIMI, Ahmed WAHID, Rachid GRABA, Abderazzek MEBARKI, Ahmed ISSAD, Laïd BELAROUS, Messaoud LADRAA, Tarek BOUCEBSI, Smaïn KENANE, Mustapha HAMMOUR, BOUDOUKHA Ali-Bey, Mohamed LOUBER, Abderrahmane TOUIMER, Rachid AINOUZ, Mohamed ABASSA, Mohamed SAIDANI, Kheireddine AMEYAR, Abdelmadjid MERDACI, Lazhar KOURDE, BOUNOURA, MILET, Abdennour ZANOUNI, Khaled NEZZARI, Fatima AIT KACI, Chafik MESBAH, Azzeddine BOUKERDOUS, HAMDI BACHA, Kamel BOUGUERRA, Ali CHIHEB, Mohamed BOUGHERARA, Malika SAFER, Amar YEBKA, Khaled BOUKAABACHE, Khaled ZIARI, Madjid BEY, OULD ROUIS Abou-Samir, Fethi SAIDI, Chaabane LOUNAKEL, Abdelkader LEULMI, Nourreddine BOUZIANE, Ali BOUDJAATIT, Djamel NEZZAR, Amina DEBBACHE, Yamina ZERROUK, Meriem BACHTOUBDJI, Mohamed CHELOUCHE, Youcef AIT TAHAR, Naima LEFKIR, Fella HACENE, Aicha SAIDI, Nacera CHERID, Farida BEKKOUCHE, Laid ZOGHLAMI, Rachida TOUAZI, Nacera MEDJADEL , Mokhtar MAHER, Ali ATEF, Mouloud BELABDI, Mohamed Tahar MALEK, Houria KHATIR, Mohamed SALLEH, Lakhdar HAMDA, BENDAIKHA, ZEGGAI, Ahmed IBRAHIM, Noureddine ADNANI, Smail AMOKRANE, Suleiman MELLALI, Ali GHERRAS, Naoui MEHIDI, Larbi KHIAR, Mohamed-Larbi LABIDI, Bacha BOUKHALFA, Said LAMRANI, MESSEKHER, Rabie DAAS, Mohamed MERZOUGUI, Abdelkader CHENIOUNI, Mohamed AOUADI, Abdelmalek SAYEH, Fares KHALDI, Lyes BOUHIRED, Chadli BOUFEROUA, Fayçal HAFFAF, Moussa BELABAS, Salah GUOUAMI, Abdellah MAKHLOUF, Aicha BELHELFAOUI, Fayçal ABERRAHIM, OUADAHI, Kamel ZIDI, Mohamed BERRAZOUANE, BOULENOUAR, Rachid ANIK, Mohamed BELAAICHIA, Dr Abderahmane CHERIET, Mohamed GUETTAF, M'Hamed GUERTAL, MAHDI, Rachid DJEBBOUR, Serradj Eddine BERBAR, Abdelkader TEBBARI, Mohamed HARB, Fethi LASSEL, Boualem HASSINA, Said AMER, Brahim ZEGHOUDA, Boulenouar BAKKAR, Mustapha BERKOUK, Mohamed AOUITIA, Mokhtar MAHDJOUB, Toufik TISKRAT, KAIDI, Chiheb BENCHIKH EL- HOCINE, MEROUANE, Tahar BEDIAR,Tahar NAA, Sofiane BOULEKNATAR, Mohamed LAGHA, Mohamed BOUCENNA, John WIWARD, Abderahmane KHODJA, Yousria TABANI, Ali OUYAHIA, Belkacem BOURIM, Sofia ZAOUCHE, Boutheina CHERIET, Mustapha ABDESSADOK, KALAFATE, Belaid LAMOUTI, BENGUESMIA, AZZOUZ, Mohamed HANOU, Toufik SOLTANE, Malika SOLTANE, MEDDAD, MOAKI, LASKRI…
- Les compositeurs, poètes et hommes de programmes : Abdelmadjid MEZIANE, Abdellah CHERIET, Amar AZZOUZ, Kaddour MHAMSADJI, Aboul- Kacem KHEMMAR, Omar El BERNAOUI, Slimane DJOUADI, Mahboub BATI, Lakhdar ESSAIHI, Mustapha ABADA, Bachir KHALDOUN, Zoheir ABDELLATIF, Laid ORIF, Ahmed BOUCENNA, Ali MADANI, Amor BOUZID, Mokhtar HAIDER, Fatima OULD KHISSAL, Samira BENSAID, Mohamed BOUZIDI, Azzeddine MIHOUBI, SANHADRI, Fadela MERABET, Samir BENCHERIFA, Fatima LOUGHI, Abdelhafid El ASSIMI, Boualem AZZIBI, BOUBNIDER, Tahar SAYEH, Kadri SEGHIR, Djamel, BERRABAH, Mustapha KHELIFI, Mustaha SAYEH, Djamel-Eddine BAGHDADI, Ahmed BRAHIMI, Farid TOUALBI, Noureddine TOUALBI, Nacer- Eddine BAGHDADI, SABRI, OUSSEDDIK, Djamel KHOUIDMI, Abdelhamid BELHADDAD, Mme LASSEL, SAIM El HADJ, Lamia MADANI, AIT-LAMARA…
- Les animateurs et animatrices : SAMIA, la mythique présentatrice du très populaire «Beit-Essaid», «le Foyer Heureux», Amina BELOUIZDAD, Fatiha MERABTINE, Nacera MEZHOUD, Leila BERRABAH, Leila BOUTALEB, Leila DERRADJI, Khali KOUIDER, Aziz FARES, Ahlem MOSTAGHANEMI, CHAFIA, Nadia BENDAHMANE, Zahira YAHI, Naïma MADJER, Hayet ALI- LEMOUIS, Mebrouka BOUSSAHA, Djamel BENAMARA, Lila, Ali BENKEROU, Malika LAFER, IBTISSAM,…
- Les prédicateurs : Cheikh Ahmed HAMANI, Cheikh Salah ESSEDIK, Cheikh Ali CHENTIR, Cheikh Mohamed KETTOU, Cheikh Abderrahmane El DJILLALI, …
- Les cadres de l'administration et de l'action internationale : Mahmoud EL DJILLALI, MADANI, Rabie HMIMI, Saadane AYADI, Mustapha KADIK, Mme Fahila GANI, Lyes BELARIBI, Abdelkader BEY, Youcef SAYEH, Ahmed DJABRI, Mohamed SAID, Mohamed ABBAS, Boudjemaa HATEM, Nachida MEJDOUB, Said BOUCHOUAREB, Mme Fatima BOULEMTAFES, Mme Leila HOUAS, Mme Meriem ABADA, Ali BERNOU, Mme Fatima SAADAOUI, Leila ALI-LEMUOIS, Hassina FEKKAR, Meriem TCHAMBAZ, Salima AMMOUR, Fatima BELHAMRI, Nabila MOULAY, Toufik BOUANANI, Djamel HADDOUCHE, Ferhat MELLAL, Rafika IBAOUENE, Hakim BEN BELLA, Hamida BEZAOUCHA…
Sans oublier les infatigables et volontaires soutiens de la logistique restés dans les annales de l'établissement et qui ont pour nom : OMAR le régisseur, Djamel AMGHAR, SALLAMI, MIDJEK, Amokrane MEDJAHED, REZZIG, Kamel BOUKERCHA, Abdelkader MOKHTARI, le booliste, les documentalistes Mokhtar BOUREGHDA et Mme OUSSEDIK, Abdelkader BENAIDJA, Abdelhamid BENCHABI, Abdelhamid RIHI, Boualem CHEMLAL, Mme ABBAS, Mme Zakia Guettouche, Mme Amina SOUKER, Mme Lila Farida LAKHDARI, Salima HABBACHE, M'GUELLATI, Mohamed MELLAL, Ayachi ALLOU et ZOUBIRI, l'homme qui ramenait, à bras le corps, chaque jour, à 4 heures du matin, de l'imprimerie d'El Moudjahid, pendant 20 ans, des quintaux de journaux pour les besoins de l'entreprise et des revues de presse…. L'analyse sociologique des sources géographiques et culturelles de ce métissage, particulièrement riche en enseignements, révélera que les 7 grandes souches originelles, autour desquelles se stratifieront les apports ultérieurs, furent, bien sur, la France, avant l'indépendance, puis, la région de Oued Souf, celle du Grand Sud, celle de la Grande et de la Petite-Kabylie, avec, en pole position, Azzefoun, celle du Chellif et, dans les années 30, celle du Proche-Orient, plus précisément le Liban et la Syrie, une source de recrutement curieuse qui gagnerait à être étudiée, de même que l'implantation dans les différentes structures de l'établissement de lignées familiales et tribales dynastiques, d'une surprenante longévité. Et, pour être plus complet, il convient de souligner la forte syndicalisation des collectifs des travailleurs qui a constitué, surtout dans les années 1970, un important moyen de pression, ce qui entraîna, pour la contrecarrer, l'installation, par les pouvoirs publics, d'une cellule du FLN puis, l'apparition, dans la foulée, de tribunes clandestines représentatives des différents courants politiques traversant la société.
L'âge d'or A l'inverse du président
Ahmed Ben Bella, qui ne prêta pas une attention soutenue aux médias audiovisuels, probablement en raison d'une certaine hiérarchie des priorités d'alors, mais, aussi du faible maillage, en ces années-là, du territoire par leur réseau et encore, parce que peu d'Algériens étaient équipés de postes de télévision, une technologie qui n'avait fait son apparition dans le pays que 6 ans avant l'indépendance, le président Houari Boumediène leur manifesta un tout autre intérêt. Plus visionnaire, homme de communication, malgré ses apparences spartiates, et intéressé par détenir un instrument qui l'aiderait, à la fois à mobiliser l'opinion autour des «tâches d'édification socialiste», et à porter la voix de l'Algérie, partout dans le monde, notamment dans les sphères géopolitiques qu'il considérait comme la profondeur stratégique du pays, à savoir le Maghreb, l'Afrique, le Proche-Orient et, dans une moindre mesure, l'Amérique latine, il inscrivit le développement de la RTA, dans son programme, comme un objectif vital. C'est pourquoi il encouragea l'intégration de toutes les ressources humaines, dans son projet, sans discrimination, par rapport à leur positionnement politique passé face au colonialisme était-ce la bonne décision ' et dota l'entreprise, dans le cadre du pré- plan triennal puis dans les plans quadriennaux qui suivirent, d'un ensemble de moyens financiers et matériels qui la transfigurèrent, du tout au tout ; d'abord, dans le domaine de la transmission du signal, avec l'installation de puissants émetteurs et réémetteurs et l'inauguration du DOMSAT, le satellite domestique desservant le Sahara, économisant, comme aux Etats-Unis, en URSS et au Canada, de très coûteux investissements, en moyens terrestres, par ailleurs difficiles à maintenir ; ensuite dans le domaine du reportage, de la production, de l'éducation et de la formation, faisant appliquer, à la lettre, le triptyque «informer, former et divertir », le socle du service public formulé par un strict et paternaliste cahier des charges, dicté par le gouvernement, à l'exclusion de toute expression libre de la société. L'effort porta, également, sur la modernisation de l'outil bientôt colorisé par le biais du procédé allemand PAL, préféré au SECAM français pour d'évidentes raisons politiques, au moment où la France de Giscard d'Estaing appuyait, clairement, les convoitises territoriales du Maroc sur le Sahara occidental, en l'armant puissamment, en vue d'un éventuel conflit. Une seule omission et de taille : alors qu'un nouvel immeuble fut construit en 1972, à l'initiative de Abderrehmane CHERIET, et, étrangement, dépourvu d'infrastructures techniques de production, d'enregistrement et de diffusion appropriées et, ce, à proximité du siège central, les studios légués par la RTF demeurèrent, à cause de cela, en l'état, et survivront jusqu'à nos jours, largement, dépassés par la technique et les besoins. A cette réserve près, la RTA fut entourée de tant d'égards qu'elle se transforma en un véritable parti politique de masses, le FLN, complètement éclipsé, n'ayant plus que le titre d'«Appareil» dirigé par un Kaïd Ahmed qui connaissait bien la Maison pour y avoir donné, le colt bien en vue, sa première conférence de presse internationale, du haut de la scène de son odéon, un certain 19 Juin 1965. L'établissement n'avait plus rien à voir avec celui hérité en 1962. Ses trois stations de télévision, d'Alger, d'Oran et de Constantine étaient unifiées en un puissant réseau national, sa chaîne hertzienne comptait plus de 3200 km, les stations de Djbel Lakhel, M'Cid et Aïn N' Sour rayonnaient sur l'ensemble des wilayate, traquant les moindres zones d'ombre. Sur un autre registre, Mustapha Badie, avec de faibles moyens, mais une conviction d'artiste militant, réalisait El-Hariq, le premier feuilleton de son histoire, adapté des romans de Mohamed Dib ; les jeunes loups du «Cinéma El Djedid», surnommés, ainsi, en référence au «Cinéma Novo» brésilien et à ses films-culte Dieu Noir et Diable Blanc et O Congaceiro, sortaient de leur chapeau de magiciens, Les spoliateurs, Noua, Les marchands de rêves, Ettarfa, des œuvres anticonformistes qui secouèrent la léthargie de l'environnement ambiant. Il n'y en avait plus que pour Tamezguida, Belghimouze, El- Kennar, Tessala-El-Merdja, El- Abadla, Djorf-Ettourba, les villages socialistes et les barrages aux noms arrachés au temps figé. Les complexes industriels d' El Hadjar, de Constantine, de Ain Smara, de Draa-Ben-Khedda, de Sidi- Bel- Abbès, d'Arzew et de Mostaganem naissaient dans les étuves du Plan de Abdellah Khodja, commentés, en long et en large, par les reporters qui sillonnaient le pays, de jour comme de nuit, pour informer sur la mise en œuvre des programmes régionaux de développement, assistant, même, aux Conseils des ministres tenus dans les chefs-lieux de wilaya transformés, à chaque fois, en capitale du pays. Puis vint la Chaîne IV de la radio, un programme international en anglais, en français, en arabe et en espagnol, diffusé en ondes courtes et en ondes longues, en direction de l'Europe, du Proche-Orient, de l'Amérique latine, parallèlement au programme des «Radio des mouvements de libération», «Les Voix» de la Palestine, du Polisario, de la Résistance chilienne, et du MPAIAC, le Mouvement pour la libération des îles Canaries de Me Cubillo qui avaient été accueillis et formés par Sadek Kitouni, le soutien connu des causes des pays du Tiers-Monde et ami de Nelson Mandela, auprès duquel il représenta l'Algérie, en qualité d'ambassadeur en République sud-africaine, dans les années 90. La Chaîne III se distinguait par la liberté de ton de ses commentaires politiques, tolérés par un Président soucieux de montrer, à l'extérieur, une vitrine moins uniforme qu'il n'y paraissait et il arrivait, souvent, aux occupants des lieux de se faire saluer, au détour d'un de ses couloirs labyrinthiques par Amilcar CABRAL, Agostinho Neto, Samora Machel, Oliver Tambo, Sam Nujoma, Abu Iyad, Mohamed Lamine, Oueld-Essalek et ses ondes véhiculaient les messages révolutionnaires de Mahmoud Darwich, Cheikh Imam, Fouad Nedjm, Marcel Khalifa, Warda, Myriam Makeba, Joan Baez, Bob Dylan, Jane Fonda qui glorifiaient Ghassan Kanafani, Kamel Nasser, Kamel Adouane, Mustapha - El-Ouali, N'Guyen Van Troy, N'Guyen Thi Binh, Le Duc Tho, Martin Luther King, Angela Davis, Carvalho, Goncalvés, Ben Barka, Curiel, Carlos, Abdelfattah Ismail, Khaled Baghdache, Khaled Mahdjoub, Bader-Meinhoff, Eldrige Cleaver, Timothy Leary et Carmichael. Membre du conseil d'administration de l'UER, l'Union des Radio-Télévisions européennes, avec mandat électif, classée au dixième rang des radios-télévisions méditerranéennes, disposant d'un bureau à Paris dirigé par Zidi, sollicitée pour contribuer à l'encadrement des sommets des pays non alignés et à l'installation de services similaires dans les pays africains, très active à l'URTNA, l'ASBU, l'URTI, et à l'Organisation des Radios et Télévisions des pays non-alignés (ORDNA) dont elle fut co-fondatrice, à Sarajevo, en 1977, la RTA défendit, avec succès à la CAMR, la Conférence administrative de radiocommunications de 1979, les droits des pays non-alignés à accéder, équitablement, au partage du spectre de fréquences, une ressource naturelle. Elle y arracha, de haute lutte, à l'injuste principe «premier arrivé, premier servi» des Occidentaux, un plan de fréquences qui lui valut la considération de nombreux Etats. Faute d'extension et après le renvoi, aux calendes grecques, du projet de 2e chaîne TV, parrainée par Abderrahmane Laghouati, le sien demeura en jachère, détourné, à ses frontières, par les pays voisins, Maroc et Libye en tête. C'était l'époque de la chorale, des opérettes et des chants patriotiques avec Mohamed Boulifa, Said Sayah, Mohamed Adjaimia, Aida Kechroud, et d'«Alhan Oua Chabab» de Maati Bachir et ses révélations, Zoulikha, Rachid Mounir, Nadia Ben Youcef, Nardjess, Youcef Toufik, Youcef Boukhantache, Teldja, et, plus tard, Fella Ababsa, Zakia Mohamed, Yamina, Katchou, etc. Ce fut aussi celle de «Maghrebvision» qui familiarisa les Algériens avec Abdelouahab Doukali, Abdelhadi Belkhayat, Chikha El Hamdaouia, Ahmed Hamza et le théâtre du Marocain Tayeb Seddiki, avant que ne vienne le temps des crises avec Maghreb-Echououb, la réponse algérienne à Minbar El Hakaiek de la RTM de Tanger. Des moments fastes et d'autres plus tristes avec le crash de l'avion qui transportait les journalistes accompagnant la délégation présidentielle au Vietnam. Ils avaient pour nom : Salah Dib, Abderrahmane Kahouadji, Mahmoud Maidat, Mustapha Kaboub, Abdelkader Bouhmia, Mohamed Bekai, Laaredj Boutrif, Rabah Haned, Sebti Moaki. Et puis d'un coup, tout s'arrêta. La disparition prématurée du président Houari Boumediène sonna le glas de cette RTA-là, celle qu'il dit, un jour, classer en seconde position, après la Défense nationale, en s'adressant «aux gens de la RTT» qu'il aimait égratigner, ainsi, allusion faite à la place prépondérante occupée par les responsables, en majorité originaires de Tebessa ou ayant fait leurs premières classes dans le journalisme, à Tunis.
Le chant du cygne
Dès le début du mandat de Chadli Bendjedid, à la tête de l'Etat, le détricotage commença, à l'instigation de conseillers inspirés par les dirigeants français, pressés de faire éclater cette tribune, monolithique, jugée par trop politique. Et de fait, malgré un sursaut d'orgueil et de puissance manifesté lors de «l'Inter-Unions» réunie en 1983, à Alger, la première et la dernière tenue sur le continent africain, la RTA est morcelée en 4 entreprises, sous prétexte de restructuration, ses capacités techniques et matérielles démembrées et ses cadres historiques dispersés et mutés dans d'autres entreprises du secteur, après avoir osé protester contre le dépècement de l'organisme, dans une pétition adressée à la présidence de la République. Une opération de démolition dont l'entreprise ne se relèvera plus, même si elle tentera de faire illusion, en s'ouvrant à la classe politique pluraliste issue de la Constitution de 1989, à l'initiative de Mouloud Hamrouche qui fit nommer, à sa tête, à la place de Abdelkader Brahimi, Abdou Benziane entouré de Amar Bekhouche, Mourad Chebine et Rabah Khoudri, ses animateurs-vedettes. Mais le déferlement des événements qui s'ensuivit y mit, brutalement, un terme, le terrorisme intégriste achevant de la décapiter en assassinant une cinquantaine de ses journalistes et techniciens.
Ces années noires enregistrèrent la disparition tragique de : Rabah ZENATI, Mustafa ABADA, Ismail YEFSAH, Rachid KHODJA, Abdelkader HIRECHE, Hassen BENAOUDA, Hichem GUENIFI, Khaled BOUGHERBEL, Laid-Ali AIT-EL-HARA, Tayeb BOUTERFIF, Khaled MERZOUK, Ahmed ISSAAD, Ali ABOUD, Nacer OUARI, Abdelghani MOKHTARI, Rachida HAMMADI, Houria HAMMADI, Mekhlouf BOUKHEZAR, Mourad HAMAIZI, Ahmed TAKOUCHET, Mohamed-Aziz MOKHTARI, Yasmina BRIKH, Omar GUEBRIOUT, Said BRAHIMI, Radja BRAHIMI née BOULAOUED, Rabah LALLALI, Ahmed DERDARE, Rachid BENGUEDOUARE, Mohamed FETTAH, Abdelkrim BENDAOUD, Mohamed BELKASSEM, Khaled MERIOUD, Naima ILLOUL, Mourad TAAM, Belkacem SAADI, Slim TRIA, Yahia AMMOUR, El Hadi SLIM, Driss GUERBOUDJ, Boualem TOUARI, Mohamed KESSAB, Ali REGUIEG, Zoubida BERKANE, Lakhdar MEZIANE, Lakhdar BRIK, Djamel BENAISSA.
Quel scénario pour quelle ouverture '
Les choses changèrent du tout au tout. Après la génération des journalistes Habib Chawki HAMRAOUI, Zahia BENAROUS, Djamel MAAFA, Mohamed- Lamine BENTOUATI,Yazid ATOUT, Messaoud BENRABIE, Salim REBAHI, Brahim SEDDIKI, Zakaria CHABANE, Driss DAKIK, Bachiri MAHREZ, Redouane BENDALI, Hafid DERRADJI, Faiza MOSTEFAOUI et des comédiens Salah OUGROUT, Lakhdar BOUKHERS, Kamel BOUAKAZ, Mustapha HIMOUNE, Hamid ACHIOURI, BAKHTA, etc. une autre prit les commandes d'une nouvelle Télévision où se distingueront Khadidja BENGUENNA, Thouraya ZARFAOUI, Soraya BOUAAMAMA, Kamel ALOUANI, Abdelkader AYAD, Ahmed BOUBRIK, Abdelkader MAM, Mahfoud BEN HIFRI, Tidjini M'RIMECHE, Madani AMER, Lakhdar BERRICHE, Abdelkader DAAMICHE, Mohamed HENIBECHE, Leila SMATI, Fairouz ZIANI, Lahbib BENALI, Al Mouaataz -Billah DJILLALI, Abdelhak SEDDAH, Karim BOUSSALEM, Farida BELKACEM, Nadir BOUKABES, Lotfi CHERIET, Zine Al Abidine BOUAACHA,Abdelkrim ANISS, Daoud BABA-HANNI, Raouf TIDJANI, Akila AIT-SI -ALI, Rachid El- HADI, Nazim AZIRI, Ahmed LAHRI, Amina NADIR, Khaled KHELFAOUI, Samy NOUREDDINE, Yacine BOUROUILA, Karim AMITI, Youcef SAYEH, Abderahmane AIOUAZ, Hakim AMARA, Tahar BOUSSAHIA, etc et d'une nouvelle Radio avec Mohsen Karim SLIMANI, CHATRANE, Messaoud BOULETIOUR, Salah- Eddine LAKHDARI, Rabah HALLIS, Lalia BEHIDJ, Maamar DJEBBOUR, Dajmel BOUKERCHA, Aziz YOUNSI, Bachir HEDIBEL, Fatiha NEDJAI, Toufik MENDJELI, Mohamed OMEYRI, Badiaa HADDAD, Mina TIKANOUINE, Khaled AKCHOUT, Mohamed TAMALOUSSI, Abdenasser KACEH, Lydia DJENKI, Allaoua BOUCHLAGHEM, MELISSA… Cette relève s'effectua, cependant, dans un contexte marqué par un recul technologique qui pénalisera, pour longtemps, le développement de l'entreprise. La reprise s'opéra lentement, parce que l'urgence était, d'abord, de panser les plaies, de réparer les pertes et de rattraper les retards. Mais les ravaudages ne suffisaient plus. Il fallait répondre aux attentes de la société, autrement que par le clonage de l'Unique ou le lancement des radios locales dont le nombre ne devait pas dépasser la barre de six, recoupant les grands ensembles géoculturels du pays, selon le découpage retenu par le gouvernement Sifi. C'est alors que le président Liamine Zeroual comprit, en 1998, que le moment était propice au lancement d'une initiative refondatrice de l'ensemble du secteur, dans le sens de l'ouverture et de la réhabilitation du service public. C'est tout le sens qu'il donna à la directive présidentielle n° 17 qui eut un retentissement plein d'espoir parce qu'elle annonçait une loi-cadre sur la communication et des lois spécifiques encadrant les secteurs de l'audiovisuel, de la publicité et du sondage dont les premières moutures furent préparées et formulées, la même année, par des experts nationaux. Les vicissitudes de la vie politique en décidèrent autrement. Les pouvoirs publics s'en tinrent, de façon inattendue, à des postures plus commodes, justifiées par l'urgence des tâches de remise à niveau, pour parer à l'hémorragie du corps des journalistes attirés par les chaînes du Golfe et au désinvestissement matériel et technologique subi, 10 années durant, à la suite des actes de sabotage terroristes. Il faut attendre le début des années 2000, avec l'arrivée de Hamraoui Habib Chawki, à sa tête, pour voir s'amorcer une approche moins tronquée du développement de l'ENTV. Une action, tous azimuts, d'ouverture sur l'extérieur fut, de suite, entreprise, certes, de façon brouillonne et à la hussarde, mais qui aurait, à la longue, été porteuse, n'étaitce une gestion financière chaotique, avec l'entrée en force à la COPEAM et le lancement de la production déléguée, de la coproduction avec les sociétés privées nationales et étrangères, de la formation dans les métiers de l'audiovisuel et de la requalification des cadres. Plusieurs propositions de schémas de réorganisation du service public en holding, plus en phase avec les avancées managériales et technologiques, en cours ailleurs, furent acheminées au plus haut niveau, appuyées par des études de fond. Malheureusement, sans suite. La Télévision comme la Radio, même si, de ce côté-ci, les déficits et les dysfonctionnements sont moins prononcés, furent contraintes de reproduire, faute d'écoute attentive, les mêmes phénomènes de stagnation et de manque d'imagination que par le passé récent. La réforme du secteur public, condition, sine qua non de l'ouverture, tarda à voir le jour, alors que les problèmes des structures, du siège, de la TNT, de la TVHD, du financement, de la publicité, du redéploiement et du recyclage des ressources humaines sont demeurés entiers, en attente de solutions structurelles fiables. Une situation qui a préparé le lit de l'émergence et de l'essor de chaînes privées algériennes, de droit étranger, sur le sort desquelles le législateur qui travaille sur la nouvelle loi de l'audiovisuel est appelé à trancher dans le vif. Le passif et les handicaps que les démembrements de l'ex- RTA traînent, encore, depuis la restructuration ratée de 1986, ne sont pas faits pour faciliter l'ouverture. Il faut noter, à ce propos, que l'instabilité de l'établissement s'est, depuis cette date, traduite par une inflation galopante du nombre de directeurs généraux qui s'y sont succédé et dont le nombre a excédé, pour l'ENTV, l'ENRS et TDA réunis, la vingtaine en moins de 25 ans — le règne le plus bref de l'un d'entre eux fut d'une semaine — alors que pour une période identique, allant de 1962 à 1986, il n'y eut que 5 directeurs généraux dont 2 ont accompli un mandat de 7 années chaque un. Et pourtant la nécessité est telle qu'il faut y aller, de préférence, dans l'ordre et la sûreté, plutôt que dans la précipitation et l'improvisation. Le Président Abdelaziz Bouteflika admit, finalement, que l'Algérie ne saurait continuer à traîner ce boulet qui freine le développement de la communication et de la culture du pays. La mise en perspective des reformes présidentielles, dont l'ouverture de l'audiovisuel à l'initiative privée est un des éléments- clefs, devra, cependant, pour être crédible, mobiliser toutes les énergies industrielles, techniques, médiatiques, humaines et associatives nationales, dans le cadre d'une action pondérée et concertée, de sorte que soient évités les dérapages et les risques de retomber dans l'étau de nouveaux monopoles, ceux des puissances de l'argent et du lobbying occulte, plus nocifs, encore, que ceux du régime fermé. Voilà le défi auquel l'Etat et la société sont confrontés et qu'ils sont condamnés à relever, ensemble, pour faire sortir, enfin, les médias de l'audiovisuel de l'ombre vers la lumière. Si cela arrive, enfin, à se concrétiser, les sacrifices consentis par les générations successives dont la longue liste vient d'être déclinée, pour la première fois dans l'histoire de la presse, n'auraient pas été vains. Ils auraient, au moins, servi à conduire la société algérienne, en bon ordre, vers une normalité pleinement assumée.
P. S : L'espace réservé à cette contribution s'est révélé, malheureusement, très limité, pour citer tous les hommes, toutes les femmes et tous les événements qui ont marqué ces 50 années de la vie de ce vieux compagnon des Algériens et je m'en excuse auprès de ceux dont j'aurai, involontairement, omis de rappeler le souvenir. Cela devrait, en principe, faire l'objet d'un ouvrage complet, un devoir dont je compte m'acquitter, dans un proche avenir, pour témoigner de l'Histoire mouvementée de ces deux médias, dans leur rapport avec l'Etat et la mémoire collective de la société, cette mémoire qui, pour être tout à fait complète, est obligée de rentrer en possession de ses pans retenus, encore en otage en France. Le président François Hollande serait bien inspiré, à l'occasion de son prochain voyage en Algérie, de faire un geste probant dans cette direction. Avec son feu vert, l'INA pourra, alors, nous restituer des archives plus sérieuses et plus crédibles que les documentaires sur les matchs du Gallia Sports d'Alger ou le sacrifice du mouton de l'Aïd chez «les indigènes» dont il nous fait, de temps à autre, l'aumône, pour nous leurrer et se donner bonne conscience. Vœu pieux ou demande réalisable ' On le saura dans un mois…
B.-E. M.
Membre du staff dirigeant de la RTA dans les années 1960- 1970. Ancien directeur de l'audiovisuel au ministère de la Communication et de la Culture. Ancien directeur général de l'APS (Algérie Presse Service)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Badr' Edine Mili
Source : www.lesoirdalgerie.com