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Cinéma / «Infiltrators»



Cinéma / «Infiltrators»
Actualité - Infiltrators (Infiltrés), un film documentaire réalisé par le cinéaste palestinien Khaled Jarrar, a fait, hier, à la salle El Mougar, l'objet d'un débat.En compétition pour le Grand Prix du Festival international du cinéma d'Alger, le film, une coproduction libano-émirati-palestinienne, raconte les nombreuses tentatives menées par les Palestiniens, quelle que soit la manière de procéder, pour franchir le mur séparant la Palestine d'Israël.Ces tentatives sont quotidiennes. Et malgré les obstacles auxquels ils sont confrontés ? arrestations, refoulement, intimidation des autorités militaires israéliennes... ? hommes, femmes, enfants et même vieillards ne se découragent pas. Tous obstinés, déterminés à traverser la frontière : les uns pour aller prier à Al-Aqsa, les autres pour aller rendre visite à la famille, d'autres pour aller travailler... Et à chaque fois, ils recommencent, bravant les mêmes dangers.Le film est poignant parce qu'il montre des images saisissantes, voire choquantes, des images qui, tournées difficilement, parfois avec un téléphone portable, reflétant une douleur et une résistance au quotidien, rabaissent le peuple palestinien, l'amoindrissent dans sa dignité ? il y a une scène montrant une dizaine de familles traversant les canalisations d'égouts pour rejoindre l'autre côté du mur dans des conditions atroces. C'est aussi rabaissant, parce que lorsqu'ils sont repérés par les militaires, les Palestiniens sont traqués, et quand ils sont arrêtés, ils sont battus. Autant de scènes qui choquent et indignent.S'exprimant sur le film, Sami Shanaâ, le producteur, a déclaré, lors de la conférence que la réalisation du film a nécessité plusieurs années.«Cela a été un travail de longue haleine, ça nous a pris beaucoup de temps pour concrétiser ce projet tant le sujet nécessitait une démarche différente de celle à laquelle nous sommes habitués», a-t-il confié, et d'abonder : «Comme nous pouvons le constater par la manière dont le film a été tourné, celui-ci n'a pas été fait d'une manière classique au sens habituel du terme.»Autrement dit, il n'y a pas eu une écriture scénaristique, une construction dramatique, un découpage des plans. Certes, il y a eu un travail qui a été fait au préalable pour les besoins de ce film, mais le réalisateur semble avoir voulu donner libre cours à la caméra, puisque celui-ci a laissé cette dernière se promener, voire se faufiler tout au long du mur, parmi ces Palestiniens qui essaient, tant bien que mal, à «faire le mur», donc à franchir la frontière. Par ailleurs, Sami Shanaâ a indiqué : «Les difficultés étaient énormes lors du tournage. Les difficultés survenues étaient celles des individus qui essayaient de traverser le mur, nous étions partie prenante dans l'infiltration.»- Les infiltrés, qui a remporté le prix du jury au Festival international de Dubaï, et qui a été également dans la sélection officielle du Festival international de Chicago, soulève la problématique de la légitimité d'appartenance. Autrement dit, le terme infiltré ? d'où l'intitulé du titre ? a été utilisé par les Israéliens pour désigner les Palestiniens qui, après l'exode ou la déportation au lendemain de la proclamation de l'Etat d'Israël en 1948, ont voulu retourner chez eux, dans leur terre désormais occupée par les colons juifs. Ce même terme est encore utilisé par les autorités israéliennes pour désigner ceux ou celles qui tentent de franchir le mur, donc traverser la frontière. «En fait, nous avons repris ce terme dans le titre juste pour nous interroger sur un fait, une réalité. Le titre est plutôt une interrogation. La question posée dans ce film est : qualifierons-nous d'infiltrés ceux qui cherchent à rentrer chez eux, à retourner à leur terre, dans leur pays '» A la question de savoir quelle a été la réaction du public à l'issue de la projection du film dans les festivals, Sami Shanaâ a répondu, le sourire aux lèvres : «Il y a eu, en effet, différentes réactions. Dans les pays arabes, il y a eu de la surprise et de la compassion. En Europe, la réaction du public relevait de l'ordre de la compréhension. Alors qu'aux Etats-Unis, le public était étonné.»


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