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Cinéma / «Histoires sans ailes»



Cinéma / «Histoires sans ailes»
Projection n «Histoires sans ailes» croise dans un style captivant les histoires de cinq familles. Chacune perd un proche au cours d'un crash d'avion.«Histoire sans ailes» est le dernier né d'Amar Tribèche. Après avoir été annoncé en 2009, l'année où il a été tourné, après plusieurs années d'attente, le film, un drame social autour d'une famille qui couve des secrets et des déceptions, a été enfin projeté, hier, en avant-première nationale, à la salle de cinéma Algeria.?Ce retard de sept ans pour présenter le film est justifié par le réalisateur par l'absence de laboratoire, en Algérie, pour réaliser le film en copie 35mm et qui a obligé l'équipe à boucler la production au Maroc. Et comme on le dit si bien?: vaut mieux tard que jamais. Après, les efforts et l'impatience du cinéaste ont fini par être récompensés. Produit par la société privée Rissala production en partenariat avec l'Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), le film, sur un scénario de l'actrice algérienne Adila Bendimerad, raconte l'histoire de quatre familles dont le destin se croise lors d'un crash d'avion. Le film met en scène une galerie de personnages qui agissent en chorale. C'est l'histoire de Chahine, un jeune ingénieur en marketing, promu à un avenir prometteur. C'est aussi l'histoire d'Adel et de sa fiancé N'fissa, une hôtesse de l'air. Le film dresse le portrait de Si-Saci, un homme riche dont la fille, Sarah, mène une vie insouciante. Quant à Fatiha, elle est une vieille femme qui passe la plupart de son temps devant un vieux téléviseur et rêve de grands espaces ; son fils aîné Youssef, caricaturiste dans un journal, lui offre un voyage par avion au Sahara. Et enfin, il y a Youssef. Autant de portraits venant enrichir et étoffer la trame du film. Et lui conférer toute sa teneur et sa dramaturgie. Le film, qui oscille entre instants cinématographiques et scènes de feuilletons télé, est une toile tissée autour d'histoires d'individus dont le point commun est d'avoir perdu un être cher (parents, épouse, fils) dans le même crash d'avion. Une tragédie aérienne qui va révéler de lourds secrets familiaux, à l'exemple de Sarah (Adila Bendimerad) qui découvre l'existence d'une seconde épouse?Le film, vif et à forte charge émotionnelle, privilégie la psychologie des personnages. Il fait ressortir une multitude de sentiments qui agitent chacun des personnages?: déni, colère, culpabilité et résilience. Et cela a causé une rupture, une violente fracture, béante, une plaie douloureusement difficile à panser. Et face à la tragédie, les personnages, bouleversés, s'emploient, chacun à sa façon, à se reconstruire. Tous tentent une réconciliation avec soi, avec les disparus, avec la vie, avec le destin. Mais ce travail de reconstruction et de réconciliation s'avère lent et lourd. Parce que cela demande, voire exige un sacrifice, un renoncement, c'est-à-dire une résignation face à la vie, voire l'acceptation du «mektoub», et le pardon?: pardonner les secrets des disparus.Par ailleurs, le réalisateur, qui a à son actif plusieurs ?uvres dont des séries culte comme «Chafika», «El Badhra», «Djourouh El Hayat», «Souffrance d'une femme» et «Ma vie», a voulu à travers ce film rendre un hommage particulier aux victimes du crash du Boeing 737-200 d'Air Algérie qui s'était écrasé en 2003 peu après son décollage de l'aéroport de Tamanrasset. Pour rappel, 102 personnes avaient alors péri lors de ce tragique accident.
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