Contrairement à ce que l'on croit, l'Algérie n'a pas assez produit de films sur la révolution. La preuve, chaque année, la télévision algérienne repasse pratiquement les mêmes films alors que les scénaristes et cinéastes peuvent facilement trouver des sujets à nous proposer.Alors que les pays d'Europe n'ont jamais cessé de produire des films sur la deuxième guerre mondiale et dénoncer les actes de Hitler, nos producteurs, réalisateurs et scénaristes semblent fatigués par ce sujet alors qu'on n'en a montré que quelques images des agissements perpétrés par les tortionnaires français et les actes de bravoure de nos moudjahidine. Il ne faut pas croire que les algériens n'aiment pas ces films. La preuve, on ne se lasse jamais de revoir «La Bataille d'Alger» de Gillo Pontecorvo, «L'opium et le Baton» d'Ahmed Rachedi, «Patrouille à l'Est» de Amar Laskri ou «Les enfants de Novembre» ( la mission de Mourad) de Moussa Haddad. On y voit, notamment, comment un militant de l'OCFLN demande à ce qu'il exécute lui-même son frère qui était un traître. Il faut noter que ce film, écrit par le défunt scénariste et réalisateur Slimane Benkarsa, est tiré d'une histoire vraie. Si les européens continuent à ce jour de revenir sur les actes barbares de Hitler, on ne sait pas pourquoi, nous on devrait oublier la torture dans les camps de concentration et les crimes commis par les sanguinaires français tels que Bigeard, Massu et Lagaillarde. Au lendemain de l'indépendance, le moudjahid Yacef Saâdi a donné une bonne leçon en devenant lui-même scénariste, producteur et acteur pour nous offrir le très beau film «La Bataille d'Alger» réalisé par le grand Luigi Pontecorvo. Il est rappeler que dans plusieurs villes d'Algérie, il y a eu des héros comme Ali La Pointe, Baya Hocine et les trois Djemila.
Les témoignages existent
On se demande pourquoi les réalisateurs de Constantine par exemple, n'ont pas pensé à une grande production dédiée à Hamlaoui ou Fadhila Saâdane. On pourrait raconter aussi l'histoire du Fidai Cherif de Blida qui avait abattu plus de 20 français en les ciblant tous au front. Tout comme Yacef Saâdi, Ahmed Rachedi a également réussi avec «L'opium et le Baton». Le réalisateur et moudjahid Amar Laskri a également écrit et tourné ses films en se basant sur ce qu'il a vécu et vu au maquis durant la révolution. S'il était plus facile pour Laskri, Saâdi, Rachedi ou Hamina de mettre en image ce qu'ils ont vécu et vu durant la révolution, les jeunes réalisateurs peuvent toujours rapporter les témoignages de moudjahidine toujours vivants ou d'autres témoins. Dans chaque ville d'Algérie, il y a au moins une histoire intéressante qu'on pourrait en faire un film aussi réussi. Chaque moudjahid encore vivant pourrait raconter au moins une bataille à laquelle il a participé. Les gens qui ont été torturés dans les camps de concentration peuvent raconter ce qu'ils ont vécu.
Jeunes moujahidate
Le film «Nous n'étions pas des héros» réalisé récemment par Nasredine Guenifi et tiré du livre de Abdelhamid Benzine Le camp a été une réussite. C'est un exemple à suivre. Les sujets ne manquent pas. Il ne faut pas croire que le film La Bataille d'Alger est suffisant pour raconter ce qui s'est passé à la Casbah d'Alger. A ce jour, aucun cinéaste n'a pensé revenir sur l'histoire de ces jeunes lycéennes telles que la Chahida Baya Hocine ou la Moudjahida Djoher Akrour qui n'avaient respectivement que 16 et 17 ans lorsqu'elles avaient choisi de prendre les armes contre la France colonialiste et déposer des bombes. On se demande pourquoi, personne n'a pensé à un film sur les crimes et les actes commis par le sanguinaire Laguaillarde qui kidnappait les algériens pour les torturer avant de les égorger lui-même. A Alger, Constantine, Oran et toutes les villes d'Algérie, on peut trouver des témoins pour raconter des histoires intéressantes pour le cinéma. Il n'est pas tard pour rattraper le retard.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Bari Stambouli
Source : www.letempsdz.com