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Cinéma algérien Et la relève '



Constat - Le secteur du cinéma en Algérie connaît depuis plus d'une dizaine d'années un déficit chronique et un vide quant à l'existence d'une relève.Autrement dit, la problématique de la relève dans le cinéma se pose avec acuité : qui pourrait combler le vide que vont laisser les quelques grands noms qui ont marqué par leurs performances de qualité nos écrans '
Hacen Kechach, connu pour le rôle qu'il a incarné dans le film d'Ahmed Rachedi retraçant l'épopée révolutionnaire du chahid Moustapha Ben Boulaïd, estime qu'il est temps de penser à la formation et ce, par la création d'infrastructures, telles qu'une école de cinéma qui dispenserait un enseignement académique et pratique.
Il estime, par ailleurs, nécessaire de confronter la nouvelle génération de cinéastes, d'acteurs, de scénaristes et même de techniciens, à l'ancienne génération pour un transfert d'expériences et, ainsi, assurer une continuité dans la profession.
«Il est nécessaire que ceux qui ont marqué dans le temps le cinéma, partagent leurs expériences avec les jeunes pour une meilleure relève», insiste-t-il.
En outre, Hassen Kechach regrette l'absence d'une presse spécialisée ou encore d'une chaîne de télévision thématique qui diffuserait des films algériens et organiserait des débats.
«Ce qui nous manque, c'est bien le débat, car cela peut constituer un pont entre le public et les artistes et booster, de ce fait, les activités culturelles», souligne-t-il, et de déplorer ensuite que les activités culturelles sont restreintes et se déroulent dans un cercle clos. Pour lui il est indispensable qu'il y ait une complémentarité entre le cinéma ' même si la production reste restreinte ou occasionnelle ' et les médias, c'est-à-dire que ces derniers s'impliquent davantage afin d'exhorter le public à s'y intéresser. Il explique que l'absence d'une culture de cinéma est due au manque de salles.
«Lorsqu'un film sort, sa projection se limite souvent à des avant-premières ou bien à quelques projections seulement dans certaines villes qui sont encore dotées de salles de cinéma. Le film n'est vu que par une poignée d'Algériens. Dans le reste du pays, à défaut de salles, les films ne sont pas visibles», fait-il constater.
D'où la question : peut-on parler de sortie nationale d'un film, lorsque les populations de la majorité de nos villes n'ont pas la possibilité d'accéder aux produits proposés '
La promotion et la distribution font alors défaut. Un film est produit, il est à l'affiche quelques jours dans les rares endroits que possède encore notre parc de salles de cinéma, puis il est déprogrammé, faute de spectateurs qui, souvent, ignorent jusqu'à son existence.
Cela dit, il faut des salles de cinéma partout en Algérie, aussi bien dans les grandes villes que dans les régions reculées du pays afin de favoriser la promotion du film algérien et habituer ainsi le public à fréquenter les salles obscures, donc l'habituer au grand écran, car le développement du cinéma dépend de l'existence d'un public et de salles de projection.
Ainsi, pour être en mesure de parler d'une véritable industrie cinématographique, Hassen Kechach dit : «Pour moi, on ne peut parler de cinéma au sens véritable du terme que lorsqu'il y a des salles, des guichets fermés, un public, lorsqu'il y a aussi de la critique, un débat, un box-office, des têtes d'affiches...»
Pour avoir tout cela et l'assurer dans la durée, il faut mettre en place un environnement adéquat à sa mise en place.
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