La chute des prix du pétrole, qui a perdu une trentaine de dollars en quelques mois de cotation, inquiète le gouvernement.
Dans une déclaration à la Radio nationale, le ministre de l'Energie et des Mines, Youcef Yousfi, a exprimé ses inquiétudes en indiquant que l'Algérie risque de voir ses recettes d'exportation d'hydrocarbures se réduire de 20 milliards de dollars sur un an, si la chute drastique des prix du brut persistait. Le ministre confirme ainsi les constatations de la Banque d'Algérie qui a récemment affirmé que notre pays avait besoin d'un baril à 112 dollars pour équilibrer son budget déficitaire, le comblant souvent en recourant aux avoirs de son Fonds de régulation de recettes. Youcef Yousfi s'est dit «inquiet» de cette situation tout en nuançant ses propos par rapport à l'impact négatif que pourrait avoir la chute des prix du pétrole qu'il qualifie pourtant de «drastique», sur les projets d'investissement en équipements lancés par le gouvernement.
Le ministre explique à ce propos que les mises en garde du ministre des Finances, Karim Djoudi, ne portaient que sur la nécessité de rationaliser les dépenses de fonctionnement qui ont connu une hausse fulgurante ces dernières années, pesant lourdement sur le budget de l'Etat. La baisse du prix du pétrole «ne doit pas remettre en cause nos investissements», a tenu à préciser le ministre qui tient à expliciter les déclarations du ministre des Finances. Ce dernier avait évoqué, il y a quelques jours, une «réduction des dépenses», mais, selon M. Yousfi, son collègue du département des Finances «ne visait que les dépenses de fonctionnement». «Il n'a jamais visé une chute des investissements du pays en matière d'équipements», développe M. Yousfi, car dans ce cas, «c'est toute la croissance qui va s'arrêter». A propos des facteurs qui induisent la chute des prix du pétrole, le ministre de l'Energie et des Mines estime que l'excès de l'offre de brut sur le marché et les facteurs politiques sont à l'origine de la baisse drastique des cours. «Ce qui m'inquiète, c'est le déséquilibre observé actuellement sur le marché. Quand il y a un déséquilibre, tout peut arriver ; j'espère qu'il sera momentané et que la chute sera limitée», a déclaré M. Yousfi à la Radio nationale reprise par l'APS.
Le ministre explique que l'excès de l'offre de 2 millions de barils par jour et les surstocks constatés actuellement sur le marché sont en partie les raisons qui expliquent cette baisse. L'entrée en vigueur, le 1er juillet en cours, de l'embargo européen sur le pétrole iranien n'a pas réussi pour autant à redresser les cours qui ont poursuivi leur baisse, relèvent des observateurs. M. Yousfi rappelle que si la situation l'exigeait, les pays membres de l'OPEP vont convoquer une réunion extraordinaire pour atténuer cette baisse. Cependant, il exclut la convocation d'une telle réunion pour le moment. Le baril de pétrole est coté aux alentours de 96 dollars cette semaine, alors qu'il valait plus de 120 dollars il y a à peine quelques mois.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zhor Hadjam
Source : www.elwatan.com