Alger - Revue de Presse

Chronique judiciaire : Les « accusés » avaient saisi l?inspecteur du travaill



Leur employeur, une société pharmaceutique privée, les accuse d?avoir volé 59 boîtes de médicaments. La défense rappelle qu?il s?agit d?une « vengeance » car les mis en cause ont « osé » se plaindre chez l?inspecteur du travail. Face à la très attentive présidente d?audience, deux prévenus, la quarantaine environ, doivent répondre d?une accusation portée contre eux par leur employeur, une société privée de médicaments. Déjà jugés en première instance, les mis en cause auraient subtilisé 59 boîtes de médicaments. La juge ne précise pas la nature du produit. Du paracétamol ? Une solution buvable pour les maux d?estomac ? Des anti-dépresseurs ? L?assistance fort nombreuse n?en saura rien. L?avocat de la partie plaignante charge les deux hommes. Il rappelle le caractère « grave » du délit, non sans insister sur le fait que la société doit obtenir réparation. Vient ensuite le tour de la défense, une robe noire assez connue sur la place. « Nous sommes en train de vivre une régression manifeste en matière de droits des travailleurs. Mes mandants, accusés pour un délit de vol qu?ils n?ont jamais commis, en font malheureusement les frais », soutient Me Fatma Zohra Benbraham, l?avocate des deux prévenus qui camparaissaient hier en appel devant la chambre pénale de la cour d?Alger. Nullement interrompue, Me Benbraham attire l?attention du tribunal sur le caractère « déconcertant » de la plainte. « Ces deux hommes n?ont rien pris. Ils sont accusés à tort. Et nous sommes prêts à éclairer davantage l?honorable tribunal », soutient encore la défense. Et d?ajouter : « Lorsqu?un vol est commis et que ses auteurs sont dûment identifiés, les services compétents, notamment la sécurité de l?entreprise, sont tenus d?établir un rapport dans ce sens. Cela n?a pas été fait. Pourquoi ? », s?interroge l?avocate. Et d?enchaîner : « Pour la simple raison que le délit consigné dans la plainte est une pure invention de la part de la direction. Cette dernière a cru bon de les accuser de vol car elle voulait se venger. Elle n?a pas supporté que ces deux messieurs aillent chez l?inspecteur du travail suite à un licenciement abusif. Et pour étayer nos dires, nous allons remettre à la cour un document émanant des magasins de la société, attestant que la quantité supposée volée était bel et bien dans les stocks », révèle l?avocate qui a plaidé la relaxe. La juge apprend aux parties que le verdict sera rendu le 19 avril 2008.
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