Alger - Revue de Presse

Chronique judiciaire



Le procureur demande la relaxe Les deux avocats de l?accusée, une femme de 45 ans, ne se sont pas trop étalés dans leur plaidoirie. Même pas cinq minutes pour les deux robes noires afin de convaincre le président de l?audience du tribunal d?Alger Sidi M?hamed en date du 2 mars dernier. « Il n?y a aucune preuve qui pèse sur notre mandante, mise sous mandat de dépôt, pour un supposé vol d?argent. Cette malheureuse femme mérite la relaxe Monsieur le président », soulève le premier défenseur, signalant que la mise en cause, femme de ménage dans un hôtel privé, n?avait jamais eu de démêlés avec la justice. Me Noureddine Baleh, le deuxième avocat, sera plus concis que son confrère. Il n?omet pas, surtout, de prendre acte du réquisitoire du procureur de la République qui a requis la relaxe. Il faut dire que le réquisitoire du représentant du ministère public a été bien accueilli tant par la défense, que par l?assistance. L?avocat, qui dans les usages est perçu comme la partie antagoniste, la partie adverse du ministère public, cache mal son sourire en entendant la « sentence » du procureur. La relaxe proposée par le procureur apporte, de ce fait, de l?eau moulin à une défense résolue à « libérer » leur mandante de la cellule où elle est incarcérée depuis quelques semaines. Le visage émacié, presque en haillons, l?accusée inspirait la pitié. Elle doit répondre à l?acte d?accusation où est consigné un vol de 32 500 DA commis sur la personne d?un commerçant. La somme, selon l?enquête, avait été subtilisée dans une chambre d?hôtel de la capitale où le plaignant était descendu. Celui-ci tente de rapporter les faits : « J?ai loué une chambre pour une nuit. Le lendemain matin, à l?aube, je suis sortie pour aller accomplir la prière du fadjr à la mosquée. A mon retour, quelques heures plus tard, je m?étais rendu compte que l?argent avait disparu », raconte la « victime ». L?homme qui se rappelle qu?il était avec une « personne qu?il connaissait assez bien », lors de son séjour à l?hôtel avait soupçonné la femme de ménage comme étant l?auteure du vol. « Il n?y a pas d?autre personne qu?elle. Elle a certainement pris l?argent au moment où elle s?est introduite dans la chambre pour faire le ménage », avait-il déclaré à la police. Interpellée par le juge, la mise en cause donne sa version des faits : « Je suis entrée dans la chambre comme à l?accoutumée. C?est mon travail. Je dois refaire la draperie et faire le ménage. Je n?ai rien pris. Je cumule plus de trois années de travail dans cet hôtel. Je n?ai jamais pris quoi que ce soit. D?ailleurs le directeur de l?hôtel me respectait par rapport à ma probité et à mon sérieux », s?est-elle défendue. La présomption d?innocence, conformément aux articles 364 et 212 alinéa 2 de l?article pénal, a été mise à l?avant. Le doute persiste. Le tribunal tranche : la relaxe est prononcée au grand bonheur de l?assistance.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)