Lors d'une conférence de presse tenue mercredi à Alger, la Directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a pris soin de préciser qu'elle n'était pas en Algérie pour demander aux autorités algériennes d'accorder à cette institution un autre prêt que celui octroyé en octobre dernier. Pour elle, l'économie algérienne « tire son épingle du jeu » mais la lutte contre l'inflation et le chômage demeurent nécessaires pour améliorer ses performances.
Les éloges passés sur cette « belle et sublime ville d'Alger », la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a tout de suite abordé, au cours d'une conférence de presse tenue mercredi à Alger, le sujet du prêt de cinq milliards de dollars accordé par l'Algérie au FMI en octobre dernier sous forme de Droits de tirage spéciaux (DTS). Après avoir rappelé les circonstances de son octroi, intervenu suite à une « sollicitation des membres pour renforcer la capacité du fonds, compte tenu d'une situation internationale très difficile », elle a pris soin de souligner « qu'il ne s'agit ni d'un don ni d'une subvention mais bien d'un prêt [...], qui rapportera un intérêt à l'Algérie », précisant que cet argent « n'a pas été utilisé à ce jour ».
Interrogée sur la possibilité d'une nouvelle demande de prêt à l'Algérie, Christine Lagarde a répondu que ce n'était pas à l'ordre du jour. « Je suis venue remercier les autorités algériennes. Je ne suis pas venue solliciter un second prêt ou une rallonge de quoi que ce soit ».
« Le gouvernement doit s'attaquer à l'inflation et au chômage »
Avec une dette extérieure de quelque 2% du PIB, une croissance de 3,5% et des réserves de change estimées à 190,66 milliards de dollars fin 2012, « l'Algérie tire son épingle du jeu », a constaté la Directrice générale du FMI. « Mais le pays peut faire encore » a-t-elle ajouté, énumérant, deux points à améliorer rapidement: l'inflation (autour de 8%, actuellement) et le chômage (évalué à 10% en moyenne mais qui double chez les jeunes de moins de 25 ans).
L'« amélioration du climat des affaires » en Algérie a aussi été évoquée par la Directrice générale du FMI : « Le cadre doit être simplifié, flexibilisé afin que l'acte d'entreprendre soit facile ». Tout ce qui encourage les investisseurs sera favorable, a-t-elle poursuivi. « Partout où il peut y avoir plus de simplicité, moins de formulaires, moins de déclarations, des délais raccourcis, les chefs d'entreprises sont satisfaits », a estimé Christine Lagarde, précisant « qu'elle avait elle-même été chef d'entreprise dans une vie antérieure ».
Enfin, Christine Lagarde a insisté sur la nécessité de favoriser les partenariats public-privé. « Une relation étroite entre le public et le privé permettra un développement de valeur en matière d'emploi et d'investissement direct étranger (IDE) notamment ». Contrairement au directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI, Massoud Ahmed, qui a suggéré, mardi au cours d'une rencontre organisée à Alger, « de lever l'interdiction du crédit à la consommation », elle s'est dite « personnellement assez méfiante » à l'égard de ce genre de crédit, ajoutant « si nous le recommandons, c'est en l'assortissant de recommandations et d'une attention particulière sur les risques de surconsommation ».
Lire aussi : Christine Lagarde en Algérie: réformes mitigées et une économie sous perfusion de la rente
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nejma Rondeleux
Source : www.maghrebemergent.info