Une intervention militaire au nord du Mali paraît de plus en plus une option inéluctable. Revendiquée officiellement par Bamako, qui n'a pas les moyens de rétablir sa souveraineté sur le nord du Mali, devenu épicentre du terrorisme islamiste et du narcotrafic, cette intervention a désormais la bénédiction des deux grandes puissances que sont la France et les Etats-Unis.
Pour Paris, comme pour Washington, il ne s'agit pas d'envoyer leurs armées respectives sur le terrain des opérations, mais d'apporter un appui logistique et technique pour la force militaire internationale qui sera vraisemblablement composée de soldats de la Cédéao.
Mais dès lors que le choix de la guerre est la seule alternative qui reste sur la table, on se demande à quoi répond la nomination de Romano Prodi comme envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU dans la région sahélo-saharienne. Que va-t-il faire sur place au moment où le bruit des bottes s'y fait déjà entendre '
L'option militaire sonne également comme un revers de la diplomatie algérienne qui n'a pas, visiblement, réussi à rallier grand monde à sa position qui veut encore donner une chance au dialogue politique avec les acteurs de la région. Tout porte à croire que les pays du champ, qui ont passé leur temps à se réunir et à se concerter pour dégager ensemble une approche globale à l'équation du Sahel, ont choisi en dernier ressort de se plier aux injonctions des puissances occidentales.
Signe qu'Alger a accusé le coup, le communiqué du porte-parole des Affaires étrangères expliquant que l'Algérie n'est pas partisane du 'tout politique", à l'exclusion de tout autre choix. C'est sans doute là une manière de se mettre, de guerre lasse, dans le tempo de l'intervention armée en faisant valoir le fait que l'Algérie n'a pas de leçons à recevoir en matière de lutte contre le terrorisme.
Pourtant, l'Algérie a toutes les raisons du monde de croire jusqu'au bout à une solution politique globale, car la partie va se jouer à ses frontières et une intervention militaire, aussi ciblée et aussi circonscrite soit-elle, se traduira inévitablement par des dommages collatéraux face auxquels l'Algérie se doit de déployer des moyens militaires et humanitaires. Ainsi donc, la force du choix de l'Algérie, celui du dialogue, cède devant le choix de la force des grandes puissances. Il est vrai que chacun voit midi à sa porte.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Omar Ouali
Source : www.liberte-algerie.com