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« Chifra Min Sarab », un hymne aux services algériens



« Chifra Min Sarab », un hymne aux services algériens
Vous avez publié, récemment, aux éditions Chihab, votre second roman, « Chifra Min Sarab ». Une histoire qui plonge dans le monde des services secrets au Moyen-Orient. Parlez-nous-en.« Chifra Min Sarab » relate une histoire captivante qui se déroule en 1968 avec pour théâtre Alger et ses environs. Elle concerne le vol systématique du code secret des communications de l'armée égyptienne. Le lecteur accompagne Jacob Mair, un officier redoutable de la CIA, d'obédience juive et d'origine algérienne, dans ses entreprises à la recherche d'un microfilm qui servira au déchiffrage des communications de l'armée égyptienne. Chérif Khan est un dissident des services secrets français au profit du FLN durant la période coloniale avant de rejoindre les services secrets italiens et collaborer diligemment avec eux. Francesca, l'épouse de Khan et d'origine italienne, parvient à entrer en contact avec Jacob qui fut attiré par son charme. Il sera envoûté par sa beauté ensorcelante. Ce dernier ira, aux risques et périls de sa vie, réussir à s'emparer du fameux code tant prisé et convoité pour les USA et la sécurité de son allié principal au Moyen-Orient et le monde arabe, Israël. Ce code revêt une importance stratégique pour l'Occident dans un contexte de guerre froide qui battait son plein entre les deux pôles déchaînés Est et Ouest, d'où tous les moyens et les procédés sont mis en ?uvre et à exécution pour vaincre le camp opposé et lui damer le pion. Ce chiffre est également désiré par d'autres personnes qui ambitionnent, à la manière de Khan, de l'avoir et de le monnayer à celui qui offrirait le mieux. Le cruel agent égyptien, Yasri El Kachef, s'allie à Jacob qui réussit à le persuader de changer de camp et de trahir son pays contre beaucoup de « blé » comme il n'a jamais rêvé en récolter de toute son existence, même s'il vivrait deux fois. Jacob, en homme consistant et en professionnel intransigeant comme il l'est, entreprend d'attaquer ses adversaires et passe à l'action sans état d'âme. Entre combats, filatures, retraites, interrogatoires et bien d'autres épreuves et mésaventures, la chance ne lui sourit pas et il n'arrivera pas à avoir le code qui disparaît à l'instant même où il croyait l'avoir obtenu. On y trouve aussi abondamment de scènes d'actions et d'amour traitées soigneusement avec un style à la fois commode, clair et très expressif, sans gâcher la profondeur intellectuelle qui se dégage des dialogues subtilement employés, y compris l'humour durant tout le déroulement de l'aventure et des évènements successifs dans les vieux quartiers d'Alger quelques années après l'indépendance, avec ses périphéries rustiques et ses paysages pastoraux d'autrefois, fortement nostalgiques et qui ne laissent pas le lecteur passif et atone sans lui administrer une considérable dose d'amertume et un pincement au c?ur. Et pour conclure, je laisse le soin aux lecteurs de lire et d'apprécier le contenu qui a été conçu avec brio et sans vouloir me vanter de par la structure de ses personnages associés formant un tout homogène dans une galerie autant variée que concluante. Le rôle prépondérant des services secrets algériens est à mettre en exergue du fait de leur patriotisme et de leurs sacrifices méconnus du large public pour la stabilité du pays, la sécurité des citoyens et l'affrontement de tous les dangers auxquels ils font face intérieurement et extérieurement. L'alliance panarabe et la coopération multiple et sérieuse entre ces divers pays dans tous les domaines et en particulier sécuritaire porteraient sans aucun doute leurs fruits à cours, à moyen et à long termes si la volonté politique est présente. Le roman en question est la preuve indubitable de cette efficace coopération et traitement avec les risques qui émergent et les complots qui se tissent et se trament dans les labos de nos ennemis potentiels d'hier, d'aujourd'hui et de demain... et jusqu'à la fin des temps.Après « Le Fou de Tripoli », vous récidivez avec un autre roman entièrement versé dans le polar. Est-ce votre carrière d'ancien officier au sein de l'Armée nationale populaire (ANP) qui est derrière ce choix ou plutôt un genre qui vous sied 'Il se trouve que dès mon jeune âge, j'étais fasciné et passionné par tout ce qui a trait aux romans policiers et d'espionnage. J'ai commencé à lire et à faire des essais durant les études moyennes et secondaires, et mes professeurs de l'époque algériens et orientaux m'avaient fortement conseillé de continuer sur cette voie prometteuse qui laisse espérer pour l'avenir. La vie et bien d'autres choses entrent en jeu et entravent le rêve et font obstacle à la personne qui emprunte un autre chemin, mais l'amour de l'écriture demeure jusqu'au moment favorable pour émerger et l'incite à récidiver avec sa vieille passion qui sommeille en lui ! La carrière de la personne pourrait lui ouvrir de multiples horizons, influencer son parcours, aiguiser sa motivation et donner un plus à son parcours s'il choisit consciemment d'embrasser une carrière littéraire ou journalistique par exemple, sous condition d'avoir la détermination, le bagage adéquat et l'amour approprié pour s'embarquer dignement dans cet univers tumultueux et plein d'obstacles, si ce n'est la passion et l'envie incommensurables pour la prose et le verbe. Si, outre l'ambition de faire carrière dans une profession unique, originale, aux satisfactions innombrables, en ayant la possibilité, et ce côté n'est certes pas le moins sympathique de l'affaire de contribuer à l'édification d'un monde meilleur, plus évolué, d'aider les hommes à mieux se connaître, à mieux se comprendre et, du même coup, à mieux s'aimer, avec la certitude de trouver, en fin de parcours, l'ineffable satisfaction que notre passage en ce monde a servi plus ou moins à quelque chose, que nous n'avons pas raté notre vie et que nous avons accompli notre devoir d'homme. Cet idéal me séduit au point de le faire mien, alors je me suis engagé sans tarder et sans hésiter.Pourquoi aurait-il fallu attendre votre retraite pour entamer votre carrière littéraire ' Vous pouviez bien suivre l'exemple de Mohamed Mouleshoul qui signait ses romans avec son nom aujourd'hui célèbre dans le monde, Yasmina Khadra 'Ça n'a rien à voir avec le modèle de Yasmina Khadra, si ce n'est purement un concours de circonstance. Chaque personne possède son propre parcours, sa ligne de conduite et ses aptitudes personnelles qui le motivent et le poussent à agir et à prendre une pareille décision dans la vie.Justement, certains évoquent beaucoup de similitudes entre vous et l'auteur de « A quoi rêvent les loups », au point de vous considérer comme sa copie conforme en version arabophone. Qu'en dites-vous 'Je n'ai jamais décidé d'être une copie de quiconque. Ça me flatte énormément d'être considéré comme la copie conforme arabophone de ce grand romancier, que je salue au passage. Cependant, je n'ai nullement la prétention de le suivre sur son chemin ou imiter ses pas. Je possède ma propre personnalité, ma propre conception et ma manière d'écrire et de concevoir la chose dans un style typiquement personnel et qui n'a rien à voir avec un autre auteur ou écrivain. Ceci n'empêchera pas l'existence de similitudes et de ressemblance entre les sujets et les idées sur lesquels portent une réflexion, une ?uvre, autour desquels s'organise une action. L'influence de la ressemblance parfois entre auteurs est purement accidentelle, ceci est courant dans le monde littéraire. L'importance consiste en la manière d'aborder le même sujet par exemple avec ses propres techniques, ses qualités et sa finalité esthétique qui distinguent chaque auteur des autres. Personnellement, et en toute honnêteté, je tiens à vous révéler ainsi qu'aux lecteurs une précision de taille. Je n'ai encore lu aucun roman du respecté Mohamed Mouleshoul pour qui j'ai beaucoup d'estime pour sa personne, son talent incommensurable et sa notoriété à travers les quatre coins du monde et dont l'éthique ne me permet guère d'oser me mesurer à un tel monument algérien de la prose et du verbe.Qui sont vos idoles, Algériens et étrangers 'Pour ce qui est de mes idoles, pour le côté des Algériens, j'aime beaucoup lire le défunt Tahar Ouattar, Ahlam Mostaganemi, Amine Zaoui, Assia Djebbar, Benhadouga, Wassini Laaradj, Rabia laouadj, Rabia Djalti etc. Du côté arabe, je pourrais citer Nadjib Mahfoud, Anis Mansour, Ihssane Abelkhadous, El-Manfalouti, Salahel-Gaytani, Khalil Djabran, George Zidane, May Ziada, Amina Saoui etc. Quant aux Occidentaux je citerai en premier lieu André Gides, Jean-Paul Sartre, Romain Rolland, Antoine Prévost (dit l'Abbé), Julien Gorkin, André Caroff, Aghatha Christie, A.E.Van Vogt, Anatole France, Gérard de Villiers, François René Chateaubriand, Tom Clancy, Robert Littel, Robert Ludlum, Alain Agat, Mouloud Akkouche, Paul Andréota, Georges Bayard, Didier Cohen, Sarah Dars, Sandrine Colette, Eoine Mc Namee, dit John Creed et bien d'autres.Pourquoi avoir choisi la langue arabe sachant que vous maîtrisez tout aussi bien le français 'Si jusqu'à présent j'ai écrit en arabe, c'est que j'aime énormément cette langue qui offre un vaste champ de liberté et de plaisir qui me permet d'étaler énergiquement mon savoir-faire, mes idées et mes pensées et la maîtrise d'enchaînement et de succession du sujet que j'aborde. En outre, je vise en premier lieu la majeure partie du lectorat qui maîtrise seulement l'arabe. Ceci ne m'empêchera pas d'écrire en français. D'ailleurs, je viens de déposer aux éditions Chihab la traduction de « Chifra Min sarab ». Parfois le sujet traité vous impose la langue que vous utiliserez sans vous solliciter au préalable quant à la langue dans laquelle vous comptez rédiger votre ouvrage. En bref, le thème abordé impose la langue d'utilisation.Quel sera votre prochain roman 'Mon prochain polar, un roman policier que je suis en train de finaliser et de mettre au point, sera intitulé « L'alpha et l'oméga ». En conclusion je vous remercie infiniment, comme je tiens par l'occasion à lancer un appel urgent aux cinéastes et producteurs algériens pour qu'ils s'intéressent de près à ce roman qui englobe tous les ingrédients nécessaires pour être adapté à l'écran. J'ai reçu quelques offres de réalisateurs orientaux, de Quick motion Liban, et de Moon stars Liban et de Safwat Anzour le réalisateur syrien installé en Egypte et d'autres boîtes de production, mais j'aimerais bien qu'on profite de cette aubaine chez nous en Algérie pour donner un plus à notre culture et notre savoir-faire. Je lance aussi un appel similaire au ministère de la Culture et à Brahim Salah Kaddour, directeur de l'A.A.R.C, et à toute personne intéressée par le cinéma et la culture en général.


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