
Avis n Réda Doumaz a rappelé que le chaâbi a produit de nouvelles sonorités et fait connaître et aimer de grands poètes maghrébins.Le chaâbi reste un genre musical qui attire de plus en plus de jeunes, tous soucieux de jouer un rôle dans la sauvegarde de ce patrimoine, un legs musical hérité, au fil des générations, par d'illustres maîtres, dont l'incontournable El-Hadj M'hamed El-Anka ? ce dernier a, par audace et par innovation, modernisé le genre en le mettant au goût du jour.«La musique chaâbie ne peut être réduite uniquement à l'Algérois», estime Réda Doumaz, interprète de ce genre musical, et de soutenir?: «Le chaâbi est une musique nationale.» C'est dire que ce dernier transcende les frontières et casse les clichés.Le Festival national du chaâbi qui se tient annuellement au mois de ramadan depuis 2006, montre que le chaâbi n'est pas un genre exclusivement réservé à Alger, puisque sur la scène du Festival se succèdent des jeunes venus de plusieurs villes du pays dont celles du Sud. «Alger, Koléa, Médéa, Blida, Annaba, Souk-Ahras, Mostaganem, Béjaïa et Jijel? ont été des haltes dans l'histoire des ancrages du chaâbi et de ses secrets», déclare Réda Doumaz, celui qui a la passion pour le «verbe» et la ciselure du mot. Ce poète tient à soutenir, en outre, que le chaâbi est «une musique vivante et ouverte, qui se nourrit des apports de son époque, de par la structure de l'orchestre et aussi par l'écoute et l'attention portée aux ?uvres des grands centres de la production musicale mondiale du moment». Il estime aussi que le chaâbi peut subir des influences et une relecture dans l'interprétation et dans l'orchestration. C'est un genre à qui on peut lui insuffler «un zeste de modernité et un goût de liberté sans s'éloigner pour autant de l'esprit originel ou altérer sa nature première». Réda Doumaz a rappelé que le chaâbi a produit de nouvelles sonorités et fait connaître et aimer de grands poètes maghrébins. Et lui il entend en apporter d'autres dans son orchestration.En effet, l'artiste place le chaâbi à la croisée d'influences musicales diverses, allant du jazz à la musique classique, mais sans pour autant dénaturer l'essence même de ce patrimoine. Il se met toujours au diapason de son temps. Attentif aux innovations, Réda Doumaz est un artiste atypique, et il a une façon unique de faire de la musique. Il inscrit le chaâbi dans un esprit contemporain, dans une expression actuelle. D'ailleurs, dans chacun de son travail, il y a l'affirmation moderne, contemporaine du chaâbi. Son travail «reste bien ancré dans le moule inoxydable de la recherche d'originalité». Réda Doumaz, qui n'aime pas imposer une idée toute faite au public, préférant que celui-ci découvre sa propre approche, déclare que le chaâbi est «un marqueur de notre identité nationale, une musique nationale». D'où la nécessité de mener un travail de collecte et de sauvegarde. Notons que Réda Doumaz est membre du projet «Patrimoine, pratiques culturelles et artistiques en mouvement» du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc), et qui consiste à préserver ce patrimoine. Né en 1956 au sein d'une famille de mélomanes dans un quartier populaire où les fêtes sont omniprésentes, Réda Doumaz a choisi de terminer ses études pour devenir cadre supérieur dans une entreprise nationale, avant de se vouer totalement à sa passion. La radio contribue à le faire connaître dès 1985 et trois enregistrements lui ont valu la reconnaissance du public.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com