ALGER - L'entraîneur de la sélection algérienne masculine de handball, Salah Bouchekriou, a tenu dimanche à féliciter ses joueurs, vice-champions d'Afrique, qui ont été "présents" et "n'ont rien lâché" tout au long de la 20e édition du championnat d'Afrique des nations qui a pris fin vendredi au Maroc.
"Je les félicite pour leur état d'esprit, ils prennent de plus en plus confiance en leurs capacités. Je leur ai dit de ne rien lâcher, ce qu'ils ont fait durant toute la compétition, mis à part notre passage à vide lors du début du match contre la Tunisie en finale (10-3 à la 20è mn) qui nous a été fatal", a déclaré Salah Bouchekriou dans un entretien à l'APS.
"Je suis satisfait de leur rendement, les joueurs étaient bien présents durant tout le tournoi, ils se sont donnés à fond. J'espère seulement qu'ils vont continuer sur leur lancée et qu'ils seront bien pris en charge dans l'avenir", a-t-il ajouté.
Revenant sur la compétition, le sélectionneur national n'a pas mâché ses mots quant à la décision de la Confédération africaine de handball (CAHB) de changer le système de compétition "deux heures" seulement avant le match de la 5e journée de la phase de poules contre l'Egypte.
Le programme prévoyait que les équipes qui ont joué dans un même groupe allaient se rencontrer, une nouvelle fois, en demi-finales après un croisement entre les groupes A et B lors des quarts de finale. Les délégations des pays participants avaient émis des réserves, non consignées, mais acceptées par la commission technique de la CAHB avant que la délégation tunisienne ne dépose un recours officiel pour maintenir le programme initial.
Le sélectionneur de l'Egypte a proposé de "ne pas jouer (à fond)"
"C'est impossible de rencontrer le premier ou le deuxième de la même poule en demi-finales. La CAHB n'a respecté ni les équipes, ni les joueurs, encore moins les entraîneurs. Le sélectionneur de l'Egypte (l'Allemand Jorn-Uwe Lommel) m'a proposé alors de ne pas jouer (à fond) cette rencontre", a-t-il raconté.
"C'était la meilleure décision à prendre. Elle a un sens de protestation envers la Confédération africaine. Nous n'avons pas voulu jouer ce match qui n'avait pas d'incidences sur le classement final du groupe. Si le résultat allait sanctionner les autres équipes, nous aurions joué le jeu. Nous avons voulu protéger nos joueurs surtout que le lendemain, nous avions un match difficile en quarts de finale contre une bonne équipe de la RD Congo", a expliqué le technicien algérien.
En quarts de finale, tout le monde s'attendait à un match facile contre les Congolais, mais les Algériens ont peiné pour arracher, dans la douleur, leur qualification au dernier carré de la compétition (33-31). "Je m'attendais à un match difficile. La RDC est une bonne équipe qui a des joueurs professionnels évoluant au Danemark et en France. Peut-être que nous avons sous-estimé l'adversaire et nous pensions plus à la demi-finale contre l'Egypte", a-t-il expliqué.
"La demi-finale a été intense et difficile et s'est décidée dans les 20 dernières secondes (26-25). J'ai joué le tout pour le tout en faisant sortir le gardien Samir Kerbouche pour faire entrer l'arrière-gauche Malik Boubayou. Je n'avais rien à perdre, s'incliner par un ou deux buts, c'est la même chose pour moi", se souvient Bouchekriou.
Bouchekriou regrette les blessures de Mokrani et Hadjaidji
Quant à la finale contre la Tunisie, le patron des "Verts" estime qu'elle s'est jouée surtout sur le plan physique. Pour Bouchekriou, la Tunisie n'a joué "aucun match dur, alors que l'Algérie a disputé quatre rencontres difficiles, contre le Cameroun où le joueur Mohamed Mokrani a été agressé, contre l'Angola, une équipe en progression, contre la RDC et face à l'Egypte".
"La faute incombe à la CAHB qui a élaboré ce programme. Si l'Algérie ou l'Egypte avait affronté la Tunisie en demi-finales, ça aurait peut-être été autre chose. Les Tunisiens étaient plus frais que nous, nous étions fatigués. Nous avons mis du temps pour entrer dans le match. Nous sommes revenus en seconde période, mais c'était difficile de remonter 6 buts d'écart", a analysé le sélectionneur national.
Pour Bouchekriou, les blessures des deux pivots, Mohamed Mokrani et Abdeltif Hadjaidji, en cours de compétition, ont grandement pénalisé la sélection algérienne vu le poids de ces deux joueurs dans l'équipe.
"J'ai alors sollicité Abderrazzak Hamad (recordman algérien de participation en Coupe d'Afrique avec 8 participations) qui était dans la liste des 25, mais malheureusement, son président à Aix-en-Provence (France) n'a pas voulu le laisser partir. Il fallait faire la demande 15 jours à l'avance. Je ne pensais pas qu'un président pouvait priver son joueur d'une demi-finale et d'une finale d'un championnat d'Afrique", a-t-il regretté.
Bouchekriou a évoqué, à la fin, le cas du jeune Rahim Abdelkader (21 ans), qui est resté "choqué" après l'agression dont a fait l'objet Mokrani face au Cameroun.
"Rahim était le compagnon de chambre de Mokrani. Il est resté choqué en le voyant dans cet état durant la nuit, c'était son premier championnat d'Afrique. Il s'est libéré seulement en finale contre la Tunisie", a-t-il fait savoir.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz