Terrible révélation qu'a faite Pascal Angan à l'un de nos collaborateurs. L'international béninois du CR Belouizdad lui a fait savoir qu'il n'a pas été payé depuis 6 mois. Terrible parce qu'elle nous démontre que le professionnalisme dans le football est loin, très loin d'être bien compris en Algérie par ceux qui sont censés l'appliquer.
On veut parler de tous ces dirigeants de clubs qui aiment tant que l'on parle d'eux et que leur photo paraisse dans un maximum de journaux. «Je commence à ne plus avoir d'argent et j'ai du mal à nourrir ma famille», a déclaré Angan à notre journaliste. Ce S.O.S. interpelle tous les acteurs du football, en premier lieu ceux qui sont chargés de sa gestion à son niveau le plus haut, à savoir les responsables de la Fédération algérienne de football.
Si les clubs sont devenus professionnels et s'ils se sont mis à recruter des joueurs avec de l'argent qu'ils n'avaient pas c'est grâce à leur approbation. Comment les gens du CRB ont-ils fait pour recruter un joueur, étranger de surcroît, pour ne pas le payer par la suite '
C'est une honte pour un club de cette dimension que de laisser ses joueurs sans le sou pendant une longue période. Personne n'a obligé le CRB à devenir un club professionnel. S'il ne se sent pas capable de payer dans le temps ses joueurs, il n'a qu'à redevenir un simple club amateur. Le jour où il a été réélu pour un nouveau mandat à la tête de la FAF, Mohamed Raouraoua a déclaré qu'il fallait une période de 5 ans pour bien installer le professionnalisme dans notre football. La quatrième année est déjà bien entamée et sur ce que nous voyons aujourd'hui on prend le pari que ce délai de 5 ans sera largement dépassé.
Que les gens du CRB ne pensent pas que nous visons spécialement leur club. Le Chabab n'a rien d'une exception. Tous les autres clubs, hormis l'USM Alger, ne paient pas leurs joueurs dans les temps. Tous le font au goutte-à-goutte et nombreux sont les joueurs arrivés en fin de contrat qui partent sans percevoir la totalité de leurs gains. Dans un sens c'est presque une escroquerie de la part de ces clubs qui ne respectent pas les clauses contractuelles. Si la Fifa venait à s'intéresser de près à ce qui se passe dans notre football, il y a beaucoup de clubs qui risquent de ne plus jouer.
Il est ainsi le professionnalisme en Algérie parce que les clubs, dans leur écrasante majorité, sont toujours dirigés par leurs anciens dirigeants, des adeptes de la rente avec l'argent de l'Etat. Un joueur international espoir nous disait il n'y a pas si longtemps que lors de certains déplacements, ses camarades et lui avaient droit à un bol de haricots secs (loubia) en guise de déjeuner. Il est beau le professionnalisme à l'Algérienne.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A A
Source : www.letempsdz.com