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Ces étudiants qui furent à l'avant-garde Grève du 19 Mai 1956



Ces étudiants qui furent à l'avant-garde Grève du 19 Mai 1956
L'association Machaâl Echahid célébrera, tout au long de la semaine, l'événement de portée nationale et historique que fut la grève du 19 mai 1956. Ce jour-là, la majorité des étudiants, qui fréquentait alors l'université d'Alger, lieu de ralliement de l'élite maghrébine, a répondu favorablement à l'appel du FLN pour quitter les bancs des facultés et lycées et la plupart d'entre eux sont montés au maquis. Certains, comme Alaoua Benbatouche ou Rachid Amara, trouveront la mort au champ d'honneur. Le 14 du mois en cours, ce sont les lycéens qui seront conviés à la salle Ibn Khaldoun pour aborder le rôle de cette frange à qui les étudiants ont quelque peu fait de l'ombre. Une autre journée, le 18, sera dédiée au rôle que jouèrent ces jeunes notamment dans la wilaya IV pour contrecarrer la propagande coloniale. A cette occasion, Boualem Oussedik sera honoré. Hier, au Forum de la mémoire d'El Moudjahid, quelques acteurs de cet événement, à l'instar de Salah Benkoubi ou Zoheir Ihadadane, ont déroulé leurs souvenirs pour évoquer les années qui ont précédé l'appel du 19 mai. Le contexte était alors à la naissance d'organisations d'étudiants qui ne se contentèrent plus de défendre des droits propre à cette corporation. Elles firent écho au mouvement nationaliste ou réformiste en plein essor. Le journaliste-historien, Abbas, a évoqué le rôle des étudiants nationalistes qu'il fait remonter jusqu'aux années 1930, dans le cadre de l'Etoile nord-africaine. « Un homme comme Derdour aura joué un grand rôle », nous dit l'ex-directeur d'Essalem. Dans sa conférence, il a évoqué également des figures comme Lamine Debaghine, Mostefai Chawki, Cherif Sahli, Benyoucef Benkhedda puis, plus tard Lacheraf, Benyahia qui ont donné une forme théorique aux principes et décisions du parti indépendantiste puis des régimes post-indépendance. Salah Benkoubi, qui fut ambassadeur, a surtout mis l'accent sur la dimension maghrébine des organisations estudiantines. Mahmoud Bey, qui a effectué un stage militaire en Irak, qui fut, affirme-t-il, « le premier pays arabe avec l'Egypte à ouvrir ses casernes pour la formation militaire », évoquera le parcours de quelques étudiants qui tombèrent en martyrs. Il rappellera que jusqu'à novembre 1954, « l'association des étudiants nord-africains était maghrébine même si les Tunisiens et les Marocains avaient pris auparavant l'initiative de mettre en place des structures autonomes ». Zoheir Ihaddane remontera également le cours de l'histoire pour rappeler que « avant les années 50, il existait une association d'étudiants dont l'une des figures de proue était le docteur Saâdane, membre de l'UDMA, mais ses revendications avaient un caractère syndical ». L'un des points abordés lors de cette rencontre fut la naissance de l'Ugéma qui était le prolongement du PPA-MTLD, à l'université. Belaïd Abdeslam était sa cheville ouvrière. M. Benkoubi expliquera l'insistance d'intégrer la dimension musulmane dans l'organisation par les réalités de l'époque. « Nous étions 400 étudiants sur 6.000. Si on avait ouvert les portes de l'organisation aux Juifs et Français, nous aurions été vite submergés et serions devenus une minorité », explique-t-il. Les communistes, qui ont voulu mettre un syndicat, l'Ugéa, ont échoué même si, reconnaît M. Ihaddane, ils comptaient des militants de valeur comme Saddek Hadjerès et Harbi.
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