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Ces bagages qui s'envolent on ne sait où



Ces bagages qui s'envolent on ne sait où
Des disparitions suspectes intervenues ces dernières semaines ont servi de sirène d'alarmeLe ministre des Travaux publics et des Transports a dépêché une commission à l'aéroport international d'Alger pour «s'enquérir du fonctionnement du Bureau accueil et réclamations en matière de prise en charge des doléances des passagers concernant la perte de leurs bagages».
Rares sont les voyageurs qui n'ont pas subi, ne serait-ce qu'une fois, les désagréments de la «disparition» d'un ou, chose exceptionnelle, de plusieurs bagages. La procédure classique est d'ailleurs connue, il faut s'armer de patience, une fois le constat établi et validé auprès du bureau concerné, puis s'armer de patience en attendant un minimum de deux ou trois jours. Un progrès spectaculaire a été néanmoins enregistré au cours des quatre années écoulées puisque les personnes affectées par l'incident sont avisées par sms de la disponibilité du ou des bagages «égarés» par des agents de la compagnie concernée car le problème des bagages ne relève pas, en fait, de la société gestionnaire de l'aéroport.
Comme dans diverses autres activités, il y a des pics et c'est ce qui a été constaté durant la longue période de vacances. Des disparitions suspectes intervenues ces dernières semaines ont servi de sirène d'alarme. Le nombre de plaintes, en majorité satisfaites il faut le dire, a été tel que le ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaalane, a jugé nécessaire, mardi dernier de dépêcher «une commission relevant de l'inspection générale» de son département auprès de l'aéroport international d'Alger pour examiner le fonctionnement du Bureau «accueil et réclamations» dont la mission est de prendre en charge les doléances des passagers ayant perdu leurs bagages.
Langue de bois faisant, cette initiative «s'inscrit, nous explique-t-on, dans le cadre de l'amélioration du service public et de la volonté de garantir la transparence dans la gestion des différents services aéroportuaires relatifs à la circulation des voyageurs», comme l'indique en termes convenus le communiqué du ministère. Il y a deux ans, la même opération a eu lieu et une commission ad hoc avait travaillé sur une problématique plus globale, dont la question des bagages faisait, en principe, partie intégrante.
La nouveauté, cette fois, tient au fait que la démarche ne va pas seulement concerner l'aéroport international d'Alger, mais qu'elle va s'étendre à l'ensemble des aéroports du pays, à croire que le mal devenu endémique affecte la majorité d'entre eux. Fort heureusement, on sait que tel n'est pas le cas comme on sait aussi que l'aéroport d'Alger n'enregistre, si l'on peut dire, qu'un pourcentage infime sur la quantité de bagages transportés, se classant en ce registre à une place honorable par rapport aux autres aéroports de même envergure dans le monde.
Doit-on rappeler, en outre, qu'en ces temps d'insécurité ambiante dans nombre d'aéroports européens, il arrive fréquemment que des bagages soient retirés des soutes pour cause d'appareils jugés à risque, le temps d'une expertise, puis rendus à la compagnie concernée quelques jours plus tard. Qu'il se produise, de temps à autre, des couacs dans le fonctionnement habituel de la machine, quoi de plus normal donc! Et si effectivement, on a pu constater au cours des années précédentes de graves dérives avec des vols caractérisés de certains bagages, les enquêtes diligentées par les services compétents ont été suffisamment promptes et efficaces pour remettre vite fait les pendules à l'heure.
Que les commissions d'inspection ordonnées par Abdelghani Zaalane puissent approfondir, voire même améliorer, la qualité de service en mettant à jour d'éventuels dysfonctionnements, cela est non seulement possible, mais hautement souhaitable.
Les inspecteurs désignés sont, en effet, chargés de «recenser tout dépassement et de s'enquérir sur le suivi réservé» à la totalité des doléances. Le fait est qu'il existe des normes imposées par l'Iata et que les deux compagnies algériennes sont tenues de respecter à la lettre, notamment celles qui concernent l'indemnisation des voyageurs dont les bagages ne sont pas retrouvés ou dont des produits onéreux ont été insidieusement subtilisés. Il est heureux que le ministère se penche sur la question afin de maintenir un niveau de vigilance acceptable dans les aéroports et au sein des compagnies aériennes nationales, condition préalable à la concrétisation des ambitions affichées depuis de nombreuses années de constituer un hub aéroportuaire capable de rivaliser avec les pays de la région méditerranéenne. Mais cela, c'est une autre histoire...
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