Le retard pris par l'Algérie pour adhérer à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) s'explique par»un problème d'ordre politique car certains pays tirent des intérêts de cette situation», nous a expliqué hier Farid Benyahia, économiste et docteur en relations diplomatiques internationales. L'auteur d'un ouvrage traitant de «L'impact de l'adhésion de l'Algérie à l'OMC» admettra que l'adhésion ne sera pas sans conséquences négatives, mais «l'Algérie finira par trouver son équilibre». Cependant, l'Algérie qui prône une politique socialiste est appelée à supprimer les subventions comme exigé par l'OMC.
Mais l'économiste a relevé que l'Etat est appelé à continuer à subventionner le secteur agricole à l'image des autres pays membres de l'OMC. Cependant, la subvention directe des produits de consommation sera appelée à disparaître à terme, a-t-il averti, proposant de prévoir une autre manière de subvention des prix.
Cette question devra être discutée à l'avenir car la subvention directe des prix doit être supprimée pour arriver à «une vraie économie de marché». Même si le pays s'est engagé dans une économie de marché depuis une vingtaine d'années déjà, il n'a pas encore réellement adopté une économie libérale. Actuellement, «c'est une économie de jungle».
Politiquement, ajoutera M. Benyahia, «l'Algérie n'est pas encore prête à adhérer à l'OMC», car l'investissement demeure bloqué à différents niveaux. Pour créer une entreprise, l'investisseur doit prévoir 82 documents, a-t-il relevé, estimant indispensable d'«encourager la bourgeoisie nationale pour investir et participer au développement du pays», et à la diversification économique hors hydrocarbures.
Or, l'Algérie est encore hésitante car elle fait «un pas vers l'économie de marché et un pas vers un système d'économie sociale». En adhérant à l'OMC, il est possible que notre pays bénéficie d'un sursis pour développer certains secteurs, mais en ratant cette occasion, d'autres pays vont bénéficier.
La production nationale doit être développée et les exportations hors hydrocarbures doivent franchir la barre de deux milliards de dollars. M. Benyahia a insisté sur la mise à niveau des entreprises et a souligné qu'il a fait cette proposition depuis 14 ans déjà. Les différents programmes engagés auparavant n'ont concerné cependant qu'un nombre réduit d'entreprises, ce qui a abouti à un résultat en deçà des objectifs escomptés.
Certes, en adhérant à l'OMC, l'Algérie subira «un choc thermique», mais ce choc est «nécessaire» pour inciter l'économie à se développer et à s'aligner sur les standards internationaux. Le pays a «perdu beaucoup d'années à faire du bricolage économique», a-t-il déploré, s'attendant à des retombées sur les petits industriels et les entreprises publiques qui subiront en premier l'impact de cette adhésion.
Toutefois, l'économiste a assuré qu'en subissant un «choc», l'Algérie sera appelée à se conformer à la réglementation internationale, préparer la liberté économique et engager plusieurs chantiers tels que l'ouverture de l'enseignement universitaire au privé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K S
Source : www.letempsdz.com