La France était un pays importateur net de céréales il y a une quarantaine d'années. Aujourd'hui, c'est le premier producteur et exportateur de l'Union européenne.
Dans le même temps, l'Algérie, qui était considérée au début du siècle comme le grenier à blé français, devient un importateur net. La clé de la réussite tient particulièrement dans le bond de la productivité réalisée par la filière française. Alors que le rendement moyen est de 100 quintaux par hectare en France, il n'est que de 17 quintaux en Algérie. Avec plus de 36 millions de tonnes de blé moissonnés en 2012, la récolte française devrait satisfaire les besoins de ses clients à l'importation, a indiqué Jean-Pierre Langlois-Bertholt, président de France export céréales, l'organisme chargée de la promotion des céréales français, lors des «Rencontres 2012 franco-algériennes des céréales» organisées hier à l'hôtel Hilton d'Alger, en présence de l'ambassadeur de France en Algérie, André Parant.
Chaque année, la moitié de la production française est exportée vers les pays de l'Union européenne et des pays tiers (rive sud de la Méditerranée et Afrique de l'Ouest). La France demeure le premier fournisseur de l'Algérie avec plus de 4,6 millions de tonnes de blé en 2010. «L'avantage de la production française est d'être régulière. En termes de qualité, les exigences des meuniers algériens sont les mêmes qu'en France», estime encore M. Langlois-Bertholt, précisant que les importions algériennes ont progressé ces derrières années. Le colloque a été aussi l'occasion de mettre l'accent sur la qualité «supérieure» du blé français. Selon Benoit Meleard, de l'institut Arvalis, ces blés ont une teneur en protéines satisfaisante, une force boulangère de bon niveau et un comportement en panification bon et assez homogène.
De son côté, Jean-Philippe Everling, directeur de la société d'export Granit Négoce, a esquissé un éclairage sur l'organisation de la filière. Les organismes stockeurs, maillon essentiel de la filière, accompagnent l'agriculteur de la production à la commercialisation en passant par le conseil technique dans les choix des variétés et les méthodes de culture, selon ce responsable. Plus de 210 000 exploitations (83% sont des exploitations professionnelles), soit 42% des exploitations françaises, cultivent du blé sur 4,9 millions d'hectares. En France, les organismes stockeurs, coopératives et négoces, contrôlent 95% de la collecte, soit 55 à 60 millions de tonnes de céréales et oléagineux.
Pour sa part, David Weiller, du Syndicat national du commerce extérieur, a fait le point sur les tendances et perspectives des marchés céréaliers internationaux. Les stocks de la campagne 2012-2013 risquent d'être plus bas, a-t-il indiqué. Une situation induite par la sécheresse qui a touché les cultures du maïs aux Etats-Unis et une forte baisse attendue de la production des pays de la mer Noire et d'autres pays traditionnellement exportateurs, dont l'Argentine. Ceci a bien évidemment impacté les prix, dont la hausse est accentuée aussi par la spéculation. D'après lui, l'équilibre des marchés tient à une bonne productivité mondiale.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hocine Lamriben
Source : www.elwatan.com