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Célébration des manifestations du 11 décembre 1960 à Tinebdar



Un hommage appuyé a été rendu hier à l'occasion de la célébration des manifestations du 11 Décembre 1960 au grand moudjahed Alilat Larbi, dans la commune de Tinebdar, par la nouvelle APC en collaboration avec l'ONM et l'Onec.De nombreuses personnalités à l'image des deux anciens officiers de l'ALN, Agsous Arab et Djoudi Attoumi, l'auteur de plusieurs ouvrages sur la guerre de Libération et le colonel Amirouche, l'ex-président de l'APN et écrivain également, Karim Younès, ainsi que des anciens baroudeurs de la lutte de Libération, Mazouz Tahar et Brarti Arab, un ancien condamné à mort, Yanat Moussa, ont participé à cet événement-hommage à ce grand moudjahed Alilat Larbi, souffrant ces derniers temps d'une longue maladie. Evoquant le mérite des hommes et des femmes qui ont encadré les populations et à maintenir la flamme de la révolte, Karim Younès, l'ancien président de l'APN, a souligné le rôle de Alilat Larbi et son groupe structurés au sein du réseau Malik qui avaient décidé, au cours d'une réunion tenue à la rue de la Liberté (Alger), de retourner les évènements en faveur de la cause nationale, en infiltrant les rangs des manifestants et en scandant de nouveaux slogans tels que «vive le FLN», «vive Ferhat Abbas», a-t-il fait observer.
«Da Larbi est une personnalité historique qui a été l'un des acteurs décisifs du mouvement politique national et de la guerre de Libération nationale. Je crois que les générations post-indépendance ne le connaissent pas assez faute d'une animation politique et historique dont quelque part nous avons tous une part de responsabilité. J'estime que l'hommage d'aujourd'hui est une très bonne initiative qui en appellera, je l'espère, d'autres dans le même sens», a indiqué Karim Younès.
Parlant de l'initiative de la célébration des manifestations du 11 Décembre 1960, le nouveau maire de Tinebdar, Hadjal Mustapha, a soutenu qu'il s'agit de porter le message aux nouvelles générations pour leur expliquer la grandeur et la portée de la lutte armée de Libération nationale dont le peuple fut l'artisan et le génie. «A travers cet hommage au grand révolutionnaire Da Larbi Alilat, notre Assemblée entend mettre en lumière le passé glorieux des hommes et des femmes de notre commune et toute la région pour les faire connaître aux nouvelles générations. Notre commune regorge de grandes personnalités et autres compétences dans tous les domaines, il appartient à notre Assemblée de les mettre en lumière, les respecter, les solliciter pour d'éventuels aides, conseils dans le seul intérêt du développement de notre commune. C'est aussi l'un des objectifs que notre Assemblée s'est fixés», a souligné le P/APC, Hadjal Mustapha.
Dans un témoignage émouvant, dans une salle de la bibliothèque pleine de citoyens et membres des comités des villages de la commune, Yanat Moussa, un ancien condamné à mort alors qu'il avait à peine 17 ans ayant partagé la cellule avec le moudjahed Alilat Larbi durant la guerre de Libération, a rappelé les affres de sa détention suite à une tentative d'attentat sur des militaires français .
«J'ai été arrêté et détenu dans une cellule avec des femmes pour mon jeune âge. J'ai refusé de manger pendant 17 jours en signe de protestation. C'est Da Larbi qui avait écrit au procureur pour me changer de cellule avec les autres maquisards. Il m'avait beaucoup aidé et soutenu. Il m'avait pris sous sa protection dans la même cellule», a témoigné Yanat Moussa.
Intervenant dans une conférence-débat, Djoudi Attoumi a souligné l'importance des manifestations du 11 Décembre 1960, une journée, au cœur de l'Histoire, très particulière durant laquelle, spontanément, le peuple algérien, à travers l'ensemble des villes, s'est soulevé pour crier haut et fort «non à l'Algérie française». Ces manifestations étaient censées accueillir le général de Gaulle, arrivé en Algérie, mais le peuple algérien leur a donné une autre signification, celle de démontrer qu'il ne veut pas de la politique française ni celle plus insidieuse de De Gaule qui consiste en le principe de l'opium ou le bâton.
Les manifestations constituaient une réponse claire et décisive au général de Gaulle qui affirmait : «Je ne négocierai pas avec le FLN.» La réponse vient du peuple qui s'est soulevé pour lui répondre : «Vive le GPRA, vive le FLN, l'Algérie indépendante», a-t-on rappelé.
Par ailleurs, rappelons que Larbi Alilat est né en 1922. Il a adhéré au Parti du peuple algérien (PPA), alors qu'il avait tout juste 17 ans. Il rejoint les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN) dès le déclenchement de la Révolution, en novembre 1954, dans la région de la Soummam (Petite-Kabylie).
Arrêté en 1956, il sera placé sous mandat de dépôt, avant d'être libéré en 1960, pour constituer, quelque temps après, le réseau Malik. Il poursuivra son combat jusqu'à l'indépendance.
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