Abdellah CHEBBAH Août. 2020
Dans un pays qu'on appelle l'Algérie se raconte toute sorte de choses, colportées par les uns et les autres comme pour certifier et approuver des faits.
Cela fait des décennies qu'un peuple crie sur tous les toits, les manigances, les scandales et les forfaitures au sommet de l'état. Pourquoi aujourd'hui vient-on nous dire, par le canal d'une main invisible qui instruit les médias de soulever toutes ces malversations' Veut-on blâmer certains pour se disculper ou veut-on gagner une certaine sympathie'
Toute la ?'classe politique de 1962 à date, y compris certains supérieurs de l'armée ont fait, pendant tout ce temps, la sourde oreille en étant partie prenante de la faillite.
Aujourd'hui, on fait semblant de faire fonctionner une justice sur tout ce qui touche l'intérêt de la nation, malheureusement, c'est avec les mêmes méthodes, les mêmes réflexes et les mêmes mécanismes de gouvernance qu'on pense encore une fois fourrer le peuple.
Il faut vraiment avoir du mépris, de la haine, de l'arrogance et du dédain pour son peuple, de vouloir le traiter ainsi.
Dans un moment aussi difficile où une pandémie virale immobilise toute une société, le pouvoir Algérien ne trouve de solutions qu'à travers la répression et l'humiliation. Aucun signe de soulagement ni d'apaisement sincères ne vient de sa part. Bien au contraire.
On emprisonne aléatoirement des hommes, des femmes, des adolescents, des vieux pour avoir manifester pacifiquement leur ras le bol et on les relâche ensuite après audition devant le juge en signe de disgrâce.
Le 22 de chaque mois, les retraités doivent se rendre à la poste pour encaisser leur maigre dû de retraite qui ne pourra pas subvenir à leurs besoins essentiels. Certains d'entre eux, qui attendent cette date avec impatience, font la chaîne très tôt le matin avant l'ouverture de la poste. D'autres passent toute une nuit pour être les premiers à être servis. Cette situation qui perdure depuis longtemps montre à quel point on humilie ce peuple. On reproche alors à un citoyen d'avoir retiré une grosse somme d'argent tout en oubliant que 400 millions de dinars ne suffisent pas à satisfaire tous les retraités. Il y aurait donc un manque de liquidité au niveau des caisses de l'état.
Dernièrement, on annonce l'inauguration de la plus grande mosquée d'Afrique que le président déchu aurait bien voulu qu'elle soit nommée en son nom pour lancer un clin d''il aux adeptes comme un signe de connivence et de réalisation sublime de sa part en cadeau à ce peuple qui ne trouve refuge qu'à travers Dieu.
Le même requin blanc complice du pouvoir, aurait traversé la méditerranée et aurait mordu à la fibre optique sous-marine, laissant les abonnés absents aux dernières nouvelles.
On annonce la restriction de certains produits destinés à l'exportation qui pourraient relancer une économie de transformation de produits brut en produits finis pour la consommation ne serait-ce que pour l'Afrique. On préfère concurrencer Oréal dans le cosmétique pour le même continent. Sur quelle planète sommes-nous'
Et comme cerise sur le gâteau, on vient de décider l'ouverture d'un petit coin de la plage du club des pins au peuple, étroitement surveillée et limitée, loin du donjon, comme signe de bienfaisance et d'empathie envers ce peuple qui préfère nager dans des eaux sales. Peut-être arrivera-t-il à rejoindre l'autre rive'
Toutes ces histoires à dormir debout sur un lit vertical n'ont pour seul et unique but que de détourner l'attention et de réduire le peuple à la mendicité où les gestes du pouvoir seront perçus comme des faveurs.
Ce qu'il faudrait comprendre de ces gestes est que ce pays n'appartient pas au peuple algérien. Ce dernier n'est que locataire. Les vrais propriétaires sont ceux qui ont confisqué l'indépendance de ce peuple. Ceux qui lui ont ôter ses droits, sa souveraineté et sa citoyenneté.
Il a toujours été ainsi depuis 1962. Le pouvoir pense faire des faveurs à ce peuple en lui distribuant des miettes de la rente. Le piège dans lequel nous avons tous été et sommes encore enfermés et de croire aux bienfaits qu'octroie ce pouvoir pour être constamment reconnu, vénéré, flatté et par conséquent ?'réélu . Malheureusement, la grande majorité de la « populace » croit toujours aux gestes maladroits de ce système qui a toujours réussi à l'apprivoiser et à l'adouber malgré lui.
Gare à celui qui ose éclairer les chandelles. Gare aux somnolents.
Pour ma part, je bois du café et le Hirak continue.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Quotidien d'Algérie
Source : www.lequotidienalgerie.org