La faible adhésion des ménages à l'assurance contre les catastrophes naturelles CatNat s'explique, selon une étude réalisée par un cabinet algérien de sondages sociologiques, par l'insuffisance des ressources financières, le manque d'informations et un déficit de crédibilité en les compagnies d'assurance, selon des propos rapportés par l'APS. Les résultats de cette étude, élaborée par le cabinet IRISCO pour le compte du Conseil national des assurances (CNA), ont été présentés, hier, à la presse après un sondage mené auprès de 1.500 chefs de ménage et de 300 agents de compagnies d'assurance. Il s'agissait d'identifier les facteurs à l'origine de la désaffection de la plupart des propriétaires de biens immobiliers à ce type d'assurances alors que la souscription contre les catastrophes naturelles a été rendue obligatoire, en septembre 2004, après le séisme qui a frappé Boumerdès et Alger, en mai 2003. L'enquête, dirigée par deux sociologues et universitaires algériens, MM. Safar Zitoun et Brahim Benmoussa, a été menée à Chlef, Annaba, Djelfa, Biskra, Oran, Blida, Boumerdès et Alger. Sur l'ensemble des ménages sondés, 10,3% ont souscrit à cette assurance. 35% des propriétaires qui n'ont pas adhéré à la CatNAT évoquent les raisons économiques, 30% pour ignorance du caractère obligatoire de cette police d'assurance, 25% pour raisons personnelles, 20% pour déficit de crédibilité en les compagnies d'assurances et 15% en raison de la précarité et de l'instabilité résidentielle. Le taux de souscription par wilaya est de 26% des ménages sondés à Alger et de 1,1% à Chlef. «Ce qui semble, quelque peu, paradoxal lorsqu'on sait que Chlef est située dans la zone la plus fortement sismique du pays», commente Zitoun. L'explication réside dans le fait que le parc immobilier de cette wilaya est composée majoritairement de chalets en matériaux légers depuis le séisme de 1980. Les ménages appartenant à des catégories sociales favorisées et résidant dans des quartiers de forte valeur urbaine sont ceux qui s'inscrivent le plus à cette police d'assurance. 19,3% des questionnés résidant dans des quartiers résidentiels ou villas ont souscrit à cette assurance, contre 12,9% résidant dans les quartiers datant de l'époque coloniale, 9,5% dans les nouveaux quartiers de logements collectifs, 4,4% dans des quartiers périphériques et 2% dans les médinas. Chez les cadres supérieurs, le taux de souscription est de 14,2% contre 12,1% chez les employeurs du secteur privé, 12% chez les cadres moyens et 3,8% chez les salariés exécutants. Cette disparité s'explique, ajoute l'étude, par le fait que les cadres supérieurs ont tendance à «considérer le bien immobilier qu'ils possèdent comme étant un investissement à protéger». Le sondage indique également que plus les ménages résident dans une zone à fort risque sismique, plus le taux de souscription est fort, passant de 6,67% pour les zones à risque faible ou nul à 16,24% pour les zones à risques élevés. L'étude démontre, également, que les séismes, comme forme supérieure de catastrophes naturelles, ne déclenchent pas un «comportement assurantiel» car les citoyens estiment que la prise en charge de cette catastrophe est du ressort principal de l'Etat, expliquent-ils. En fait, ajoutent-ils, «les gens ont une perception pragmatique de la CatNAT, en s'assurant contre les risques assurables qui ne sont pas pris en charge par l'Etat».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Synthèse: R N
Source : www.lequotidien-oran.com