Alger - Revue de Presse

CALVAIRE D'UNE FAMILLE A MERS EL-HADJADJ Vivre dans un conteneur à 12



A entendre Ouda conter son quotidien, évoquer son passé et prédire son avenir, à l'intérieur du conteneur qui lui sert d'abri à elle et à 11 autres membres de sa famille, tous des femmes et des enfants, on a du mal à croire que cela puisse exister dans une daïra qui se targue d'être la mamelle nourricière de toute l'Algérie. Il s'agit bien sûr de la daïra de Bethioua et de Mers El-Hadjadj, cet autre pôle aux perspectives des plus intéressantes. Le conteneur est planté loin des regards, au pied d'une vieille cave à vin abandonnée de ce village côtier. Par pudeur, Ouda est ses soeurs ont choisi cet endroit que les autres aussi feignent de ne pas voir. Sept années, sept longues années, c'est comme les prophéties et les traversées du désert. Froid en hiver et fournaise en été. Pour mieux se chauffer, en ce mois d'avril encore froid, les enfants comme des sardines se tassent l'un à côté de l'autre et la mère qui ne comprend plus rien à ce qui se dit sert le café comme il se doit à l'hôte qui vient voir de ses propres yeux l'abri de fortune. 1993, Ouda est encore une jeune adolescente, dans son village du côté de Rahouia, elle avait pris habitude à offrir aux gendarmes le café. Ce geste qui lui aurait pu être fatal, l'a quand même poussée, elle et toute sa famille, à s'enfuir vers des cieux plus cléments.  Elle était sur la liste, on le lui a dit. La peur, plus forte que tout, lui a fait prendre la direction de Mers El-Hadjadj où elle «vivote» de location précaire en métier de subsistance. Le père ne pouvant supporter cet exil forcé disparaît sans laisser de traces. La famille est laissée à son sort. Mais c'était sans compter sur la débrouillardise de Ouda et de la compassion de tous les gens du village qui lui viennent souvent en aide pour l'essentiel de ses besoins.  Elle fait une demande de logement, on lui dit de patienter. Voilà 2 années, on distribue 50 logements. Elle n'est pas dans la liste et on lui fit comprendre qu'elle n'est pas native de la région et auquel cas elle ne peut prétendre au logement pourtant réservé aux plus démunis. Elle prend son mal en patience et continue de vivre et de faire vivre toute sa famille. Elle vend le poisson dans le marché. Elle dit gagner peu, mais suffisamment pour ne pas mourir de faim. Pour ses provisions, les commerçants du marché les lui remplissent souvent gratuitement. Les enfants vont à l'école et l'espoir est encore grand. Deuxième distribution, cette année, de 50 autres logements. Ouda n'est pas parmi les bénéficiaires et on lui fit comprendre, comme elle le dit expressément, qu'elle est étrangère au village. Malgré cela, Ouda garde bon espoir de vivre un jour sous un toit décent. C'est tout le «mal» que les habitants du village lui souhaitent.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)