La gravure « Café du Divan, Alger » est liée à deux artistes du XIXᵉ siècle : le dessinateur Eugène Flandin et le graveur Adolphe Jean‑Baptiste Bayot. Elle fait partie des images produites après la conquête d’Alger en Conquête d'Alger de 1830, à une époque où les artistes européens s’intéressent vivement aux scènes de la vie quotidienne en Afrique du Nord.
Une scène d’un café maure d’Alger
La gravure représente l’intérieur d’un café maure, appelé ici Café du Divan. Le terme « divan » renvoie aux banquettes basses ou aux estrades sur lesquelles les clients s’asseyaient pour boire le café, fumer ou converser. Ces établissements constituaient des lieux sociaux importants dans la ville d’Alger au XIXᵉ siècle.
Les hommes s’y retrouvaient pour discuter, jouer, écouter de la musique ou simplement passer le temps. Les voyageurs et artistes européens qui visitèrent Alger furent souvent fascinés par ces lieux, qu’ils considéraient comme emblématiques de la sociabilité urbaine nord-africaine.
Le rôle d’Eugène Flandin
Le dessin original est attribué à Eugène Flandin, peintre et orientaliste français qui séjourne en Algérie dès 1837. Durant ce voyage, il réalise de nombreux croquis sur le vif montrant les rues, les maisons et les scènes de la vie quotidienne d’Alger. Ces dessins constituent aujourd’hui des témoignages précieux sur la ville dans les premières années de la colonisation.
Ses œuvres ont largement contribué à diffuser en Europe une image visuelle de l’Algérie et de ses habitants. Elles s’inscrivent dans le courant artistique de l’orientalisme, très populaire au XIXᵉ siècle.
La gravure de Bayot
Le dessin de Flandin fut ensuite gravé par Adolphe Jean-Baptiste Bayot, un graveur français connu pour transformer les dessins d’artistes en images destinées à l’édition. Cette gravure fut publiée dans un ouvrage illustré commémorant l’expédition française qui s’empara d’Alger en 1830.
Grâce à la gravure, l’image pouvait être reproduite et diffusée largement dans les livres et les périodiques illustrés du XIXᵉ siècle.
Un document visuel sur l’Alger ancien
Au-delà de son intérêt artistique, « Café du Divan, Alger » est aussi un document historique. Il montre l’atmosphère des cafés maures d’Alger avant les grandes transformations urbaines de la période coloniale :
des clients assis sur des divans ou sur le sol,
des pipes ou narguilés pour fumer,
une ambiance de sociabilité masculine caractéristique de ces lieux.
Ces images constituent aujourd’hui une source iconographique importante pour comprendre la vie quotidienne dans l’Alger du XIXᵉ siècle.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : patrimoinealgerie