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Ça va quand même !



Ça va quand même !
C'est l'histoire d'un enfant dont tout le monde se demandait comment il a «réussi» à se faire cancre, tellement il était éveillé et vif. Il avait une insaisissable forme d'intelligence, savait se rendre utile dans les moments les plus désespérés et n'inspirait que de l'affection. Bien sûr, ce n'était pas un enfant de ch?ur.Turbulent, un tantinet agressif et pas souvent sociable, il compensait tout ça par des instants de luminosité qui émerveillaient tout son monde, au point où on lui pardonne tout. Au désespoir de ses parents, impuissants face au «gâchis», répondait une voix intérieure omniprésente, leur suggérant que cet enfant ne peut pas mal finir.Mais on ne change pas le monde, le plus grand bonheur que puisse procurer un enfant à ses parents réside dans ses résultats scolaires. Et en l'occurrence, c'est loin d'être brillant. Un jour, de fin d'année scolaire, ils reçoivent le bulletin de leur rejeton, qui venait alors par la poste. Le facteur, qui connaissait tout le monde dans le coin, avait remis l'enveloppe à la maman, avec cette mine embarrassée qu'on cache très mal mais qu'on essaie de dissimuler quand même, pour ne pas ajouter au malaise un autre malaise. La brave dame ne savait pas lire mais elle avait compris.C'est le moment des bulletins scolaires pour tout le monde, leur courrier est trop rare pour espérer une autre correspondance et la gêne du facteur avait bouclé la boucle. Quand le père est rentré, son épouse lui avait remis l'enveloppe et quand il l'a ouverte, les deux conjoints savaient ce qui allait suivre «comme d'habitude», une tristesse infinie, suivie des inévitables échanges de culpabilisations mutuelles.Mais ce jour-là, le père après avoir parcouru la feuille de notes de son enfant, avait esquissé un large sourire, suivi d'un fou rire qui n'en finissait pas. Devant l'étonnement de sa femme, il lui explique : «Ton fils a déjà ouvert la lettre et il l'a recollée sans que tu te rendes compte». Quand elle lui répond qu'elle ne voyait pas ce qu'il y avait de drôle dans tout cela, il continue : les notes sont catastrophiques comme prévu, notre enfant est exclu du collège, mais regarde ce qu'il a ajouté au stylo rouge : ça va quand même !Pourquoi cette histoire aujourd'hui ' Voilà : depuis une semaine, Alger et les wilayas environnantes souffrent d'une terrible tension sur les carburants, les stations-service suffoquent, les queues sont parfois longues d'un kilomètre, beaucoup d'automobilistes ont laissé leurs véhicules au garage ou sur les parkings et le directeur général de Naftal nous explique sérieusement que tout cela est une vue de l'esprit. «Rien ne justifie la crainte et la précipitation des automobilistes vers les stations.Le carburant est disponible et le système de distribution fonctionne normalement. Les automobilistes viennent et font le plein, c'est la preuve qu'il n'y a aucun manque de carburant» ! Comme il fallait quand même donner une autre petite explication que la «rumeur», M. Akrèche nous en fournit une : «Une rupture temporaire constatée jeudi au niveau des stations de Blida et d'Alger-Ouest». L'inspiration, le stylo rouge et la sympathie en moins, il aurait pu ajouter : ça va, quand même !laouarisliman@gmail.com


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