Alger - A la une

Ça tremble !



Ça tremble !
Il paraît que depuis l'arrivée de Abdelmoumène Khalifa à Alger en provenance de Londres, il y a des gens qui «tremblent». Allaoua, le redresseur en chef de torts est dans tous ses états, il a du grain à moudre et un déluge d'eau afflue vers son moulin.Allaoua se frotte les mains et dans le quartier, on sait qu'il va encore faire des siennes. Bien sûr, en incurable mauvais perdant, Allaoua va commencer par nier tout ce qu'il avait dit auparavant sur cette histoire d'extradition.Il ne fallait pas compter sur le bonhomme pour s'aligner sur l'information «officielle» qui prétendait que Moumène sera à Alger avant la fin du mois, la procédure étant allée à son terme et l'accusé ayant renoncé à son ultime recours, la Cour européenne des droits de l'homme. Mortellement sceptique, il tire sur tout ce qui bouge du côté de l'autorité.Il n'allait tout de même pas, à son âge, croire que Moumène Khalifa allait débarquer comme ça à Alger, uniquement parce que la justice algérienne en a formulé la demande. Allaoua pointait un doigt méprisant vers des endroits improbables et s'égosillait, le sourire sarcastique figé dans un coin des lèvres : «Les Anglais vont vous livrer Khalifa ! Vous êtes malades ou quoi '».Bien sûr, le lendemain, il avait un autre avis. Allaoua n'était jamais à court de nouvelles versions. On ne redresse pas les torts, on ne refait pas le monde avec des généralités. Encore moins avec des banalités. «Il détient trop de choses, mon frère, impossible qu'ils vont le ramener».Juste après, ça devient : «Non, les Anglais ne vont pas le donner parce que les nôtres vont le tuer à l'aéroport pour lui substituer un sosie. Pour l'exemple, vous ne croyez tout de même pas que c'est le vrai Boumarafi qui est à Serkadji '». Allaoua connaît l'histoire. C'est évident, puisqu'il connaît toutes les histoires, sinon il ne prétendrait pas au statut de redresseur en chef. Ça travaille.Dans l'affaire Khalifa, il connaît des gens qui ont pris sans payer, des gens qui n'ont pas assez payé pour ce qu'ils ont pris et d'autres qui ont payé pour ce que d'autres ont pris. C'est un peu compliqué à expliquer, mais Allaoua s'en fout, sa vocation n'est pas de simplifier la vie des autres, c'est de colmater les brèches dans la sienne. Il a de la chance, Allaoua, ces jours-ci.Il a beau avoir tout faux dans ses premières prévisions, son audimat est intact. Personne n'a jamais attendu la vérité de sa bouche. On l'aime l'entendre parler de ce qui va arriver, pas de ce qui arrive. Une fois la chose arrivée, Allaoua est déjà dans? autre chose. Lui ne l'appelle pas ainsi mais ce doit être ça la «projection».A moins que ce ne soit de la «prospective». Oh, bien sûr que ça lui arrive d'avoir raison et il ne boude jamais son bonheur. Le bonheur irremplaçable de pouvoir dire : «Je vous l'ai dit», le moment le plus magique de tout le temps. Mais cette fois, comme souvent, il a cherché plus à accabler les voleurs, les chapardeurs, les prédateurs, les corrompus, les corrupteurs, les vendus et les achetés qu'il n'a pas un fouiné dans l'info.Trop vite, il avait conclu que Moumène Khalifa n'allait jamais être livré à l'Algérie. Même quand il y avait des indices sérieux, des arguments et une échéance précise, Allaoua balayait tout ça d'un revers de la main et un sourire malicieux.Au fait, Moumène Khalifa est bien lï Vous êtes sûrs qu'il n'a pas été remis dans un autre vol. On ne va tout de même pas faire ça à Allaoua, déjà installé dans «autre chose» : les gens qui tremblent. Et en pensant au bonheur qu'ils vont lui procurer, Allaoua s'est dit secrètement : oh, mon Dieu, que j'ai bien fait d'avoir eu tout faux.Slimane Laouari


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