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«C'est notre part de la rente pétrolière !»



«C'est notre part de la rente pétrolière !»
Attitude - Ils ne se gênent nullement à monter à bord des bus réservés «exclusivement» aux étudiants, ni à prendre des repas au niveau des restaurants ou des résidences universitaires.Ils ne se posent même pas la question sur l'illégalité de leur attitude. Pis, ils estiment qu'ils ont le droit de se déplacer et se nourrir sur le dos des étudiants ! Ces gens n'ont aucun remords quant aux désagréments qu'ils causent à la communauté universitaire. «Je n'ai pas assez d'argent pour prendre des taxis ou des bus ni même pour aller dans des restaurants privés. Je suis un simple employé avec un bas salaire.Heureusement qu'il existe les bus et les restaurants universitaires», avoue Saïd, la trentaine, agent de sécurité dans une entreprise privée à Alger-Centre. «Je ne suis pas le seul à faire ça. Je rencontre même des cadres moyens travaillant dans des administrations publiques qui font la même chose.Nous sommes de simples employés et nous essayons de réduire au maximum nos dépenses quotidiennes», poursuit-il. «Personnellement, cela fait plus de cinq ans que je me déplace vers les différentes localités d'Alger dans les bus de transport des étudiants. Je sais que c'est illégal, mais je n'ai pas d'autres solutions. Je perçois un salaire de 30 000 dinars et je ne peux faire face aux besoins de ma famille, si je ne procède pas de la sorte», témoigne, de son côté, Amar, chauffeur de son état.C'est dire que certains employés font des bus et des restos universitaires un moyen pour faire des économies, au grand dam des étudiants qui subissent une grande pression en raison du grand nombre de personnes avec lesquelles ils sont contraints de tout partager, hormis les études !Il y a également des chômeurs, et ils sont nombreux, qui profitent de ces services censés être destinés exclusivement aux étudiants.Ces derniers se permettent, en effet, de se déplacer, de se nourrir et de loger sans avoir à payer le moindre centime. Pour faire diversion et tromper la vigilance des contrôleurs, ces derniers sont souvent munis de porte-documents ou de cartables.C'est le cas de ce jeune de 25 ans venu d'une autre wilaya en quête d'un emploi stable à Alger. «Je suis diplômé de la formation professionnelle, spécialisé en comptabilité. Dans les régions de l'Est, j'ai frappé à toutes les portes sans parvenir à décrocher un emploi. J'ai alors décidé de venir à Alger et d'y rester jusqu'à la réalisation de mon rêve. Je suis hébergé par mon cousin, étudiant en psychologie, résidant à Bab Ezzouar. Si je n'avais pas trouvé des facilités d'accès au transport et à l'hébergement, il m'aurait été impossible de passer plus d'une semaine à Alger», avoue Samir, ajoutant qu'il croise souvent des «gens qui profitent des mêmes services ». Un autre jeune, qui se dit, lui aussi, chômeur, croisé à la station de Tafourah, est allé plus loin en disant que le fait de bénéficier de ces services relève d'un droit ! «Voyager et manger avec les étudiants est la seule façon pour les nécessiteux de tirer profit de l'argent du pétrole. Il ne faut pas nous en vouloir, car si nous avions de l'argent, nous n'aurions jamais dérangé les étudiants. Des fonctionnaires profitent, que dire alors d'un chômeur qui n'a même pas son argent de poche '», lance cet «habitué du milieu universitaire», comme il tient à se décrire. Sans commentaire...


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