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Briser le tabou Edito : les autres articles



Briser le tabou                                    Edito : les autres articles
Ce qui s'est passé et se passe encore dans le monde arabe, avec ce que l'on a appelé le printemps arabe, porte-t-il la marque d'une révolution populaire et démocratique souverainement engagée et conduite par les peuples des pays concernés ' Ou bien alors, comme le suggèrent certains analystes bien inspirés, la démocratie que l'on promet à nos peuples n'est-elle donc qu'un paravent qui cacherait mal des desseins et des complots tramés par les grandes puissances pour accaparer les ressources naturelles et mettre en selle des gouvernements sur lesquels elles peuvent compter pour défendre leurs intérêts géostratégiques dans la région '
Les dirigeants algériens ont choisi le statu quo comme système de défense immunitaire, mettant en avant la carte des réformes politiques et des changements pacifiques pour donner des gages politiques aux tombeurs et faiseurs des rois arabes. C'est ce radeau de fortune incertain, sans gouvernail et sans cap, dans lequel s'est embarqué le carré des pays arabes, dont l'Algérie qui fait de la résistance au changement en pariant sur le temps et les scènes de chaos, de morts par milliers et de destruction qui nous viennent des capitales qui ont accompli leur révolution pour provoquer un «réveil» des consciences et faire barrage à toute velléité de changement qui ne s'inscrit pas dans la feuille de route et l'agenda des systèmes en place.
Pour les régimes arabes épargnés par la bourrasque ' pour le moment ' la peur de la contagion est tellement grande que tous les espaces de débat susceptibles d'éclairer les opinions publiques sur les enjeux des changements historiques qui s'opèrent dans le monde arabe sont rigoureusement verrouillés. En Algérie, on a coupé et le son et l'image comme s'il était possible, à l'ère de la mondialisation et des nouvelles technologies de la communication, de vivre en vase clos.
La réflexion sur le destin des pays arabes, à l'ombre de ces révolutions qui s'écrivent à l'encre rouge sang, a déserté les médias lourds, particulièrement la télévision qui n'en parle que de manière furtive et embarrassée. Le même black-out est observé au niveau de l'université, des activités des partis politiques et de la société civile où le débat sur le printemps arabe, jugé subversif, est complètement évacué. Coincée au milieu de ce brouillard épais, la rue algérienne s'en trouve timorée entre le discours officiel qui agite le spectre du chaos pour réfréner les aspirations au changement démocratique et les leçons de courage, de sacrifice pour un ordre nouveau qui nous viennent des révolutions arabes et qui surprend les Algériens à rêver, eux aussi, de leur printemps.
En organisant un débat sur cette problématique, El Watan tente de casser un tabou tout en faisant 'uvre de pédagogie politique pour mieux comprendre les messages véhiculés par ces révolutions et cerner leurs véritables enjeux. Ne pas laisser le monopole de la vérité aux forces de l'immobilisme et aux partisans du «nous ou le chaos», dont on a pu mesurer jusqu'où ils peuvent aller pour se maintenir au pouvoir, est un défi majeur qui interpelle aujourd'hui les élites arabes. Ouvert hier, le Salon international du livre d'Alger (SILA) a programmé la tenue d'un symposium sur le printemps arabe. Toutes les initiatives sont les bienvenues, pour peu qu'elles ne soient pas récupérées et détournées de leur objectif.
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