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Brigade de sécurité routière



Brigade de sécurité routière
Face à la recrudescence des accidents de la route, aux comportements irresponsables de nombre d'automobilistes, la mise en place de brigades de sécurité routière qui sillonnent la capitale commence à apporter ses fruits. La nouvelle Brigade de sécurité routière (BSR) fait un travail remarquable sur les routes de la capitale. Ses éléments prennent le départ de leur quartier général à Bab Ezzouar, plus précisément des Bananiers.Le mot d'ordre du lieutenant Zaâf a été clair durant le briefing matinal : «Vous devez circuler dans la discrétion la plus totale, ne pas vous laisser amadouer par les paroles des automobilistes imprudents, et assurer la sécurité des autres conducteurs.» En voiture avec les lieutenants Zaâf et Ghoulem, ces derniers nous expliquent fièrement le déroulement des procédures que le policier doit suivre quand il intercepte un contrevenant : «La voiture banalisée signale l'infraction au motard, qui s'élancera directement afin de l'intercepter rapidement.»Le lieutenant Zaâf indiquera également que les voitures banalisées se fondent dans le paysage : «Les voitures que nous avons choisies pour cette brigade sont les Skoda Fabia, elles se fondent dans la circulation, ce qui permet aux policiers de ne pas être remarqués par le ou la conductrice en infraction.» Après avoir roulé pendant cinq minutes, la première interpellation est opérée. Il s'agit d'un jeune conducteur d'environ trente ans.Le motard est intransigeant. Le jeune conduisait en slalomant entre les voies et ne respectait pas la distance de sécurité. Rétention du permis de conduire durant quatre à six mois et une amende qui peut aller jusqu'à 6000 DA. Ce jeune conducteur est visiblement embarrassé par le fait de ne pas avoir de permis de conduire sur lui. «Nous allons l'escorter jusqu'au prochain barrage. Une unité mobile de Hussein Dey le prendra en charge. S'il ne présente pas son permis dans les 48 heures, il encourt de six mois à un an de prison», soutient l'officier Ghoulem.Le motard qui l'a intercepté explique que ce cas n'est pas rare. Il nous arrive de tomber également sur des conducteurs récalcitrants qui ne veulent pas se soumettre au contrôle, car ils savent pertinemment qu'ils vont se retrouver derechef sans permis de conduire et devront faire face à une commission qui décidera de leur sort. En voiture avec les deux officiers, le message est clair : «Les accidents de la circulation doivent régresser.» M. Ghoulem affirme que le permis de conduire n'est qu'un simple papier qui donne à son détenteur la possibilité de se déplacer à travers ou en dehors du pays. Le code de la route est le même partout et s'applique pour tous.Cette brigade couvre les zones autoroutières ainsi que l'intérieur de la ville. Nous faisons la chasse aux chauffards. Durant la conversation, une voiture file à vive allure. Un motard s'élance afin de l'intercepter et également pour mettre fin au jeu auquel s'adonne son conducteur. «Ces comportements mettent la vie des autres usagers de la route en danger», explique M. Zaâf. Après une rapide interpellation, quatre policiers descendent de voiture et mettent en place un cordon de sécurité autour de nous.Des cônes sont rapidement installés et une équipe se charge de réguler la circulation. Il n'est pas mentionné que les automobilistes doivent ralentir dès qu'ils aperçoivent des véhicules de police. De ce fait, les policiers agissent rapidement afin de libérer la circulation qui commence à se densifier. Le conducteur aura droit à un retrait de permis immédiat et devra s'acquitter d'une amende de 4000 DA. Deux autres interpellations seront opérées sur le chemin du retour vers la base. La dernière sera à l'encontre d'un pompier qui conduisait portable à la main.«Nous traquons tout le monde, sans exception, affirme le lieutenant Zaaf. Durant nos nombreuses sorties, nous avons arrêté des conducteurs sous l'emprise d'alcool. Nous avons même fait des découvertes telles que des drogues dures et douces, à l'instar du cannabis et même des pilules d'ecstasy. Des armes blanches et des armes de poing ont été retirées de la circulation.» Le citoyen aussi joue un rôle primordial. Le numéro vert de la police, le 15 48, offre la possibilité de nous donner des informations qui nous aident au quotidien. M. Ghoulem dit que l'intervention de la brigade de sécurité routière intervient également sur les accidents de la route.Si ces derniers sont graves, «je sous-entends par grave qu'il y a des blessés ou que la circulation est obstruée par un nombre conséquent de véhicules, tels les carambolages, les véhicules renversés sur le toit, les marchandises déversées sur la route...» Et il revient également sur les véhicules choisis en mentionnant que c'est la voiture de «monsieur tout le monde, elle se fond dans le paysage. Généralement, quand un automobiliste voit une Skoda derrière lui, même si ce n'est pas la police, il réfléchit à deux fois avant d'agir.D'autres conducteurs applaudissent quand nous arrêtons un chauffard qui roule à tombeau ouvert et nous remercient en expliquant qu'il les a mis en danger sur la route.» Le lieutenant Zaâf conclut en expliquant que cette opération des BSR sera généralisée à tout le territoire national si cette dernière apporte des résultats concluants. «La ville d'Alger est une ville-test. Si notre brigade apporte les résultats attendus, elle sera probablement étendue à toutes les wilayas.»


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