L'appel au retrait de confiance au président de la Ligue de football professionnel (LFP), Abdelkrim Medouar, lancé vendredi par le président de la JS Kabylie, Cherif Mellal, a-t-il des chances d'aboutir ' Difficile de l'imaginer dans le contexte actuel et la confusion qui entoure les textes réglementaires et leur application. Tout d'abord, dans les textes qui régissent le football (statuts FAF-LFP, règlement intérieur?), il n'y a nulle trace d'un article qui traite du retrait de confiance. Les statuts de la LFP évoquent l'«admission, suspension, exclusion» (article 9).Le président de la JSK a appelé à une réunion, aujourd'hui, des présidents de club des Ligues 1 et 2 pour un retrait de confiance au président de la LFP. La tenue de cette réunion est conditionnée par l'accord préalable du wali d'Alger, territorialement compétent pour délivrer une autorisation de réunion d'une association ou d'un groupe de personnes. L'initiateur de ce rendez-vous aurait mieux fait d'inscrire sa démarche dans le cadre de la légalité et du respect des textes, à savoir appeler à la tenue d'une assemblée générale extraordinaire (article 17 des statuts de la LFP qui nécessite la collecte des 2/3 des membres de l'assemblée générale à jour de leur cotisation). Les membres qui souhaiteraient le départ du président de la LFP s'appuieraient alors sur l'article 20 alinéa 1 (décisions de l'assemblée générale) qui précise que «les décisions sont prises à la majorité simple des suffrages exprimés, sauf pour les cas spécifiques suivants qui nécessitent l'approbation destrois quarts des suffrages exprimés : transfert de siège ; exclusion d'un membre ;modification des statuts».
En l'état actuel des textes sur lesquels la FAF et la LFP fondent toutes leurs décisions, le retrait de confiance reste niché dans l'article 6 du règlement intérieur de la FAF, qui indique que toute action tendant vers le retrait de confiance d'un responsable élu doit être formulé et notifié à qui de droit trois mois à l'avance.
Par contre la question du retrait de confiance existe dans le décret exécutif 14-330 de novembre 2014, article 10, qui précise que «l'assemblée générale réunie en session extraordinaire peut prononcer aux deux tiers (2/3) de ses membres présents le retrait de confiance au président et/ou aux membres du bureau fédéral». Malheureusement cet article du décret ne figure pas dans les (anciens) textes qui régissent et réglementent l'activité des associations sportives. C'est la preuve irréfutable qu'elles n'ont pas procédé à la mise en conformité de leur statut, comme l'impose le décret exécutif qui leur a accordé une année après sa publication (novembre 2014-novembre 2015) pour se mettre en conformité. Elles continuent donc d'agir et de fonctionner en dehors du cadre de la loi, sans qu'aucune autorité ne réagisse.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yazid Ouahib
Source : www.elwatan.com