Slimani Lahlou, né le 11 mars 1940 au village Ikoussa dans la commune de Bouzeguène (60 km à l'est de Tizi Ouzou), a décidé de rompre le silence en ce cinquantième anniversaire de l'indépendance nationale.
En 1956, âgé seulement de 16 ans, Dda Lahlou qui a pris la mesure de l'ignominie de la colonisation, s'engagea corps et âme dans la Révolution. Remarqué pour sa probité, son courage et sa fidélité à la cause, les responsables de l'ALN le désignèrent pour lui confier plusieurs missions de liaison et de repérage. Il fut, par ailleurs, l'objet de plusieurs interpellations et d'emprisonnement.
Slimani Lahlou n'est pas de ceux qui utilisent les mots et des actes héroïques surdimensionnés pour se glorifier. A l'inverse il glorifie cette Révolution à laquelle il a pris part. Il nous précise que l'éveil à la cause nationale n'était pas un événement fortuit, c'est la résultante de faits accumulés. Son implication directe dans la guerre d'indépendance va prendre une autre tournure, un certain 24 août 1959, après qu'un combattant du village, un certain Boussad Arab, eut été abattu par l'armée française. Exposé au centre du village, les militaires français ont rassemblé tous les villageois et ont fait défiler les femmes devant le corps du chahid pour l'identifier et identifier sa famille.
Dans un silence de mort, la voix de Sadoun Belkacem, retentit de l'assistance à l'endroit de l'épouse du chahid : «Courage a Khalti Fetta», avant qu'il ne reçoive, lui-même, un violent coup de cross sur sa mâchoire. Courageuse, la jeune femme ne fit aucun geste à la vue de son mari sans vie pour éviter les représailles des militaires sur les villageois. Dans la même journée, des parachutistes qui eurent connaissance de l'existence au village de casemates qui abritaient les moudjahiddines, investirent le village et procédèrent à l'arrestation du jeune Slimani Lahlou pour leur montrer ces caches.
Devant tous les villageois réunis, ils ne lésinèrent sur aucun moyen pour lui soutirer des renseignements. Après lui avoir fixé sur le dos une armature métallique de baudet et suspendu à une poutre, ils le soumirent aux pires tortures : gégène et ingurgitation d'eau savonneuse se succédèrent. Ayant perdu connaissance, les Français, l'ayant pris pour mort, l'abandonnèrent. Avec une fracture du maxillaire et de la mâchoire ainsi que divers hématomes et commotions sur tout son corps. A l'indépendance, sa petite maison sera transformée en bureau administratif du PC de région pour recueillir tous les problèmes et doléances des citoyens. C'est là que fut hissé le drapeau national pour la première fois dans la région.
La qualité de moudjahid de Dda Lahlou n'a pas été reconnue à ce jour. Son dossier est abandonné, depuis des années, dans les tiroirs de la commission nationale de reconnaissance à Alger.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Kaci
Source : www.elwatan.com