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Bouteflika débourse de gros sous pour vanter son bilan Il s'adresse aux Algériens à travers un cahier publicitaire sur le quotidien le Monde



Bouteflika débourse de gros sous pour vanter son bilan                                    Il s'adresse aux Algériens à travers un cahier publicitaire sur le quotidien le Monde
Le chef de l'Etat et ses ministres se sont limités à vanter «les réalisations enregistrées depuis 1999 . Bouteflika élude les questions qui intéressent les Algériens, en particulier la fragilité économique qui, avec la chute brutale des prix du pétrole, risque d'engendrer une grave crise sociale.
Le président Bouteflika et les membres de son gouvernement ont choisi la veille de la célébration officielle du cinquantenaire de l'indépendance pour se faire une autopublicité. Ils se sont payés Le Monde, quotidien français de référence. Un cahier de seize pages a été acheté avec de la devise sonnante et trébuchante. Des gros sous (le montant de la transaction n'est pas divulgué pour le moment) ont été déboursés pour tenter de requinquer un bilan de 12 ans de pouvoir plutôt sombre.
Cette opération de marketing politique destinée à la consommation externe a été réalisée avec le concours de l'agence de communication Mediaction International qui a conçu le supplément «Spécial Algérie» publié, avant-hier, par le Monde.
Le chef de l'Etat et ses ministres se sont limités à vanter «les réalisations enregistrées depuis 1999». Quel cadeau pour le peuple algérien qui s'apprête à fêter le 50e anniversaire de son indépendance ! Ayant toujours boudé la presse nationale à laquelle il n'a accordé aucune interview depuis son arrivée au pouvoir, Abdelaziz Bouteflika choisit, encore une fois, de communiquer avec les Algériens via des organes de presse étrangers.
La question de la mémoire éludée
Dans son intervention, il met en exergue «la réussite» de sa politique de réconciliation nationale qui «a rétabli la paix et la concorde civile». Il relève également les «investissements massifs dans les infrastructures et les ressources humaines» ainsi que la «reprise de la croissance économique et la baisse du taux de chômage».
A la lecture de cette interview-fleuve, on a l'impression que l'Algérie qui fêtera le cinquantenaire de son indépendance n'a existé que depuis 1999. Le président Bouteflika élude aussi complètement les questions qui intéressent les Algériens, en particulier la fragilité économique qui, avec la chute brutale des prix du pétrole, risque de s'accentuer et engendrer une grave crise sociale. A cette occasion également, il semble avoir préféré éviter la question de la mémoire qui est toujours au centre des rapports entre l'Algérie et la France.
Il s'est contenté de plaider «pour un partenariat d'exception» avec l'ex-puissance coloniale. «L'Algérie se réjouit de voir que, malgré certaines vicissitudes et turbulences enregistrées, parfois de manière récurrente, dans la conduite des rapports algéro-français, une nouvelle dynamique marque aujourd'hui les relations bilatérales», dit-il. La France et l'Algérie doivent, ajoute-t-il, «transcender les difficultés du passé» pour donner «à notre démarche un ancrage solide qui résiste aux péripéties du temps et aux turbulences de l'histoire, et ne jamais se détourner de l'objectif prioritaire qui consiste à inscrire le développement de nos relations, j'insiste, dans une perspective historique et non seulement conjoncturelle». Il n'y a point de référence à la demande de repentance ou de reconnaissance officielle par la France des crimes commis en Algérie par le colonialisme.
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