Du jamais vu ! Avant-hier le 15, le journal de 20 heures était suivi
studieusement dans les cafés comme s'il s'agissait d'un match. Les séquences de
sortie de l'équipe tardivement du stade étaient longuement ovationnées par ceux
qui sirotaient un café très dosé. Les magasins bondés, les abords des rues également.
Les hourras et les applaudissements perçants fusaient de partout à l'annonce de
la décision du président de faire accompagner les joueurs par dix mille
spectateurs fervents supporters. La rue a repris immédiatement après ses cris,
ses klaxons et ses airs de fiesta. Voilà un acte digne des «khardjet» de
Bouteflika. L'Egyptien, l'autre Moubarak, entouré de sa progéniture jubilait à
la fin du match de la honte pharaonique. La veille, le père comme une masse à
lui seul, des autres millions de supporters, était venu ordonner les ultimes
stratégies du combat final. Au stadium du Caire, en fait au champ de bataille
cairote, l'heure n'était qu'à l'égyptienne.
L'on n'a pas à oublier de si tôt
ce qu'avaient enduré nos concitoyens. L'équipe nationale qui est une
représentation de tout le peuple algérien s'est vue agressée et violentée. La
réaction rapide et énergique des pouvoirs fut excellemment approuvée par l'ensemble
du peuple. Dans ces cailloux nous y avons vu une injure en face de ceux qui ne
sont que les dignes fils des chouhada. Nous n'avons certes pas des centaines
d'artistes, nous n'avons certes pas des centaines de danseuses, nous n'avons
certes pas des centaines d'acteurs, ni des prix Nobel... mais nous avons et
sommes des milliers de martyrs, des milliers de moudjahiddine, des milliers de
patriotes. Nous n'avons pas les pyramides, mais nous avons les Aurès, le
Djurdjura et l'Ouarsenis. L'art se crée et s'entretient. Le djihad, le combat
héroïque et l'amour de la mort pour la nation, hélas pour nos amis, ne se
créent pas. C'est le fait de l'histoire. Nous n'avons pas à accrocher sur nos
frontons un emblème autre que celui de notre peuple ou de ses alliés. L'ennemi
sioniste est et reste interdit de cité sur la terre de la révolution.
Alors ? Partir au Soudan devient
une vraie expédition d'ordre national. Une mobilisation. Que les capitaines
d'industrie de concert avec chaque wali en collaboration avec les associations
sportives locales dressent, chacun en ce qui le concerne et au prorata de la
population, un nombre de volontaires, ils seront tous volontaires, et les
prennent en charge. L'on annonce au Caire qu'un richissime égyptien aurait
affrété dix avions pour transporter les fans de son équipe. Moubarak en ferait
certainement de même. Est-ce là une autre épreuve de solidarité et de
nationalisme qui se lance à notre envers ?
Il est tout à fait vrai qu'il ne
s'agit là que d'une partie de foot, que rien ne suscite un tel engouement, que
la fraternité arabo-musulmane égypto-algérienne est une constance, etc. mais
l'enjeu est d'avenir. Des répercutions gravissimes auront certainement lieu
après la qualification de l'un ou de l'autre. La notion de précédent fâcheux
fera le reste.
Donc que dire si l'on verrait
Bouteflika, le mardi soir, à la séance d'entraînement au stade Elmerikh, dans
une visite surprise, aller visiter, saluer et faire sourire l'équipe ? One, two, three ! viva
l'Algérie !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El Yazid Dib
Source : www.lequotidien-oran.com