Alger

"Bougherra et Souakri, porte-parole de ces enfants oubliés"



Les témoignages livrés, hier, par Salima Souakri et Madjid Bougherra, sur leur très récent séjour dans les camps des réfugiés sahraouis, ont suscité une foule de sensations et d'impressions.Emouvants, bouleversants, captivants, déchirants, choquants, poignants, courageux, audacieux, généreux, nobles... Lors de la conférence de presse qu'ils ont animée au siège du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), à Alger, aux côtés de Thomas Favin, représentant de cette institution, l'ancienne judoka, 15 fois championne d'Algérie et 10 fois championne d'Afrique, et le footballeur international, élu meilleur joueur du monde arabe, sont revenus sur leur visite de deux jours, les 29 et 30 novembre dernier, parmi les Sahraouis.Une visite qui a permis aux deux ambassadeurs de l'Unicef Algérie de s'enquérir de la situation de ces derniers et des institutions, notamment des centres scolaires et des centres de santé. Intervenant près d'un mois après les intempéries qui ont durement touché la région de Tindouf et qui ont causé d'importants dégâts dans les 5 camps de réfugiés, cette virée de 48 heures dans la "wilaya" de Smara a également été l'occasion pour Salima Souakri et Madjid Bougherra, tous deux très actifs dans le mouvement associatif, de participer à une "opération humanitaire" avec l'Unicef en faveur des enfants sahraouis. "Ce que j'ai vu pendant les deux jours est choquant. Les Sahraouis vivent dans des conditions terribles : tout a été détruit par les inondations d'octobre dernier, les habitations, les écoles, les centres de santé", a révélé l'ancien capitaine des Verts, d'une voix émue, en se demandant comment font les enfants sahraouis pour trouver le sourire. "Il faut les aider... Moi, c'est mon premier voyage dans les camps et je suis encore choqué...", a-t-il ajouté avec émotion, sans pouvoir achever sa phrase. C'est Thomas Favin qui viendra à son secours, pour confirmer qu'"il n'est pas facile de comprendre ce que vivent ces enfants" et que l'on subit "un choc" face à "cette vie au quotidien". "Madjid et Salima sont les étendards, les porte-parole de ces enfants oubliés. Ils sont les ambassadeurs de bonne volonté de l'Unicef depuis 4 ans. Il y a une dizaine de jours, on les a contactés, car nous avions besoin d'eux pour porter cette voix, ce message", a encore soutenu le représentant onusien.Non sans observer que l'intérêt des donateurs envers les réfugiés sahraouis qui, pour rappel, dépendent totalement de l'aide humanitaire internationale depuis plus de 40 ans, en raison de l'occupation illégale du Sahara occidental par le Maroc, "s'amenuise avec le temps".Prenant son courage à deux mains, l'ancienne championne de judo a tenu à rappeler qu'elle et M. Bougherra se sont rendus récemment dans les camps de réfugiés sahraouis pour faire "un constat", puis retourner sur les lieux "avec l'aide nécessaire, car c'est une population en détresse, en raison de son statut de réfugiée et à cause des intempéries". "C'est mon second voyage dans les camps de réfugiés. J'ai vu de mes propres yeux que tout a été saccagé par les inondations. C'étaient des images choquantes et les premières victimes sont les enfants. Ces derniers, qui sont nés et ont grandi dans ces camps, ont tout perdu. Malgré cela, leurs parents les ont pris vers les 50 tentes cédées par l'Unicef pour continuer à étudier", a dévoilé Mme Souakri, en promettant de "faire campagne pour permettre à ces enfants de retourner dans une vraie école et de retrouver une vie normale". Interpellée sur le conflit maroco-sahraoui, à l'origine du calvaire des réfugiés sahraouis, cette dernière s'est limitée à sa "contribution humanitaire". Mais, elle a fini par témoigner que les Sahraouis approchés, "y compris les enfants, attendent de retourner sur leur terre", qu'ils "sont conscients de leur situation et savent qu'ils ne sont pas chez eux". Avant de lancer aux Algériens, "connus pour leur esprit de solidarité, de venir en aide aux enfants sahraouis et de prendre contact avec l'Unicef".H. A.


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