Alors qu'on le croyait vaincu, voilà que le président de l'Assemblée populaire nationale résiste encore à la pression que lui font subir ses pairs du parti, appuyés, cette fois-ci, par les députés d'autres partis et ceux indépendants.M. Kebci - Alger (Le Soir) - Ils sont, en effet, un peu plus de 80 députés de l'ex-parti unique à signifier à Moad Bouchareb leur soutien. Dans un communiqué lu, hier lundi, dans les travées de l'hémicycle parlementaire, ils ont accusé leurs camarades qui exigent le départ du président de l'Assemblée d'être une simple «poignée agissant pour le compte des restes de la bande pour attenter à la stabilité de la Chambre basse du Parlement et par la même occasion à celle du pays». Une «minorité usant de l'hypocrisie politique et qui prétend appuyer le mouvement populaire et l'institution militaire».
Toujours pour ses partisans, «Bouchareb est un militant de conviction et pas un trabendiste», appelant ceux qui demandent sa destitution à faire «preuve du même zèle pour exiger le départ des autres B» comme le réclament les millions d'Algériens qui sortent dans la rue chaque vendredi, et ce, depuis le 22 février dernier. Et à Mustapha Boualègue, qui a lu cette déclaration, de rappeler au secrétaire général du parti FLN, Mohamed Djemaï, d'avoir lui-même, en octobre dernier, appuyé la candidature de Bouchareb au perchoir de l'Assemblée sans avoir au préalable consulté le groupe parlementaire contrairement à ce qu'il avait prétendu.
Seulement, ces députés fidèles au président de l'APN n'ont pu tenir, en compagnie d'autres parlementaires issus des autres formations politiques, la plénière prévue, ce lundi, pour approuver le remplacement des treize députés démissionnaires. Leurs adversaires ont, en effet, occupé le perchoir de l'Assemblée et ont, en même temps, coupé la sonorisation et obstrué, à l'aide de chaises, l'accès à l'espace réservé aux médias.
Une ambiance inhabituelle que les détracteurs de Bouchareb comptent rééditer, aujourd'hui mardi, en promettant d'empêcher le président de l'APN de présider la cérémonie de clôture de la présente session parlementaire.
Pour rappel, aussi bien les chefs des groupes parlementaires du FLN, du TAJ, du RND, du MPA, des indépendants auxquels s'est joint celui de l'alliance islamiste Adala-Nahda-Binaa, ainsi que cinq sur les neuf vice-présidents de l'APN ont appelé, avant-hier dimanche, Bouchareb à «remettre sa démission par souci de sauvegarde de la stabilité de l'institution législative et celle du pays tout entier». Ils ont expliqué leur démarche par les «développements intervenus au niveau de l'Assemblée ayant conduit à sa paralysie et influant négativement sur son fonctionnement, sa stabilité, ses missions constitutionnelles, au vu de la conjoncture politique que traverse le pays», qualifiant cette démission de «réponse à l'une des doléances du mouvement populaire en cours dans le pays depuis le 22 février dernier, et ainsi trouver une issue à la crise». Une double sortie, notamment celle des vice-présidents de l'Assemblée, à laquelle cette dernière n'a pas tardé à réagir.
«Au vu des contrevérités contenues dans un document faisant mention d'informations sur une prétendue réunion du bureau de l'Assemblée, en ce dimanche 30 juin 2019, il convient de rappeler que le Bureau de l'Assemblée, dont les réunions sont convoquées et présidées par le président de l'APN conformément aux articles 18 et 9 du règlement intérieur de l'APN, n'a pas été convoqué en ce jour » , lit-on dans le communiqué de l'APN rendu public en fin de journée de dimanche. Et de rappeler que le Bureau tient ses réunions et prend ses décisions en présence de la majorité de ses membres, et de ce fait, «ses décisions prises d'une manière officielle ne sauraient être révoquées par une réunion non-conforme aux prescriptions juridiques et en présence de celui dont la vacance de siège a été établie et qui a été remplacé, selon les procédures constitutionnelles et juridiques suivies en la matière».
Et d'ajouter : «Une réunion du Bureau de l'Assemblée ne saurait se tenir avec seulement cinq membres et en l'absence du président, la voix du président étant prépondérante, sachant que le Bureau comprend neuf membres en plus du président.»
«On ne peut pas prétendre veiller au bon fonctionnement de l'APN et, dans le même temps, tenir des réunions entamant la stabilité de cette dernière et reflétant une image négative à l'opinion publique», lit-on dans ledit communiqué, soulignant que «tout un chacun doit faire montre d'un haut sens de responsabilité, notamment à la veille de la clôture de la session parlementaire ordinaire après une année d'action parlementaire et législative».
M. K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kebci
Source : www.lesoirdalgerie.com