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Bon anniversaire Madjid !



Bon anniversaire Madjid !
Je ne l'ai pas vu depuis longtemps du fait de nos servitudes respectives et de la bêtise qui consiste à s'y soumettre. Et je n'ai pas pu assister à l'hommage qui lui a été rendu, le 23 février dernier, à la salle Ibn Khaldoun, moment unanimement salué. Mais, comme je pense à lui plus souvent qu'autrement, pour parler québécois, je ne peux manquer de lui souhaiter ici un bon anniversaire avec votre permission et, je pense, votre adhésion. Abdelmadjid Meskoud est né le 31 mars 1953. Hier, il est entré dans sa 64e année après des épreuves de santé lesquelles, à Dieu ne plaise, sont désormais derrière lui.Avant de devenir le célèbre chanteur chaâbi que l'on sait, il a été et demeure un attachant personnage et je ne peux imaginer qu'il puisse un jour changer en dépit de toutes les adversités. Ce débonnaire enfant de Belcourt qui porte l'âme populaire d'Alger dans ses tréfonds, a été doté d'un humour rayonnant. Il m'a toujours semblé, quand il passait quelque part, que le potentiel d'agressivité de l'endroit tombait à zéro. Ce rôle de diffuseur public de joie, il le doit à sa nature généreuse et, peut-être aussi, à sa petite carrière de comédien de théâtre, notamment auprès de Hassen El Hassani. Dans sa première vie, il a été comptable, d'abord à la RSTA si je ne me trompe pas, puis à Algérie-Actualité dont il a tenu assez longtemps la bourse. C'est là que je l'ai connu. Il faisait ses comptes en chantant, tapant sur les touches de la calculatrice électrique au rythme d'une derbouka. Le plus beau, c'est qu'il ne faisait quasiment jamais d'erreurs ! A l'époque, il m'entraînait parfois dans les mariages qu'il animait dans d'humbles demeures. Instants de grâce sans pareils.Puis, en 1989, sa deuxième vie a surgi d'une chanson, El Aâssima, où il pleurait les déboires d'Alger vidée de son âme et révélait tout son talent créateur. Enorme succès, mais aussi de sordides attaques qui l'accusaient à peu près de «régionalisme citadin». Lui qui aime l'Algérie sans autres limites que ses frontières, je l'entends encore me dire : «Mais ils ne se rendent pas compte qu'Alger appartient à tous les Algériens '» Il avait refusé toute idée de contre-attaque. «Ils finiront par comprendre», disait-il avec amertume. Le temps lui a donné raison. Car l'évidence est là, visible par tous, dans ces simulacres d'aménagement du territoire et d'urbanisme qui ont produit dans tout le pays de la pagaille et de la laideur.Mais là, je ne veux que me souvenir de ce soir où il avait ramené son mandole à la maison pour la circoncision de mon fils, chantant sans orchestre ni façon. Du jour aussi où il nous donna un véritable cours sur la préparation d'un complet Shanghaï neuf à l'eau de mer. De son regard qui est une offrande. De son rire qui est une promesse. Aya, bon anniversaire Madjid ! A très bientôt, homme de bien, en attendant les prochaines chansons que ta troisième vie t'autorise à écrire pour les nouveaux succès que tu mérite
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