Le laboratoire de langue arabe de la
faculté des Lettres et Sciences sociales de l'université Saâd Dahleb à Blida a
organisé durant deux jours, les 14 et 15 avril courant, le 2ème colloque
international sur les dictionnaires et la lexicographie de la langue arabe en
général.
Ils étaient plus de 60 chercheurs et
universitaires, représentant 17 universités algériennes ainsi que des
universités du Maroc, du Soudan, de Syrie, d'Arabie Saoudite, de Jordanie et de
Tunisie à avoir participé à cette rencontre, en notant l'absence de l'Egypte
qui n'a délégué aucun chercheur malgré les invitations qui leur ont été
adressées. Ainsi, toutes ces universités se sont penchées sur l'importance du
dictionnaire dans le suivi des études à partir des premières années
d'apprentissage et jusqu'à l'université pour se poursuivre même durant la vie
professionnelle de l'individu car, pour communiquer et comprendre, les mots
doivent être utilisés à bon escient, dans un contexte propre et précis, ce qui
nécessite souvent l'utilisation du dictionnaire pour justement connaître le
vrai sens des mots.
Historiquement, le premier dictionnaire en langue arabe a vu le
jour en l'an 175 de l'Hégire (796 de l'ère chrétienne) sous la plume de khalil
Ben Ahmed El Farahidi et il demeure une référence incontournable jusqu'à nos
jours, autant pour l'arabe que pour les autres langues, surtout qu'il a été
réalisé selon les normes scientifiques requises pour ce genre d'ouvrages.
Pour l'Algérie, malgré l'avancée fulgurante des sciences, malgré
l'intrusion du livre électronique et la facilité de son utilisation, nous
demeurons toujours tributaires des autres pour les dictionnaires, le peu qui
ont été édités présentant des insuffisances notoires en tous genres. Ceci pour le dictionnaire généraliste car pour le dictionnaire
spécialisé, il faut dire qu'il est inexistant en langue arabe, que ce soit pour
les sciences humaines, les sciences exactes, la technologie ou la médecine.
Ceci a fait que les étudiants se heurtent à des terminologies souvent
incompréhensibles et employés, à tort, en des endroits inexacts. En outre, le
dictionnaire spécialisé est devenu une nécessité incontournable avec les
nouvelles sciences et technologies qui s'entrecroisent et se chevauchent, avec
une lexicographie proche mais des terminologies différentes.
Ceci nous amène bien entendu à parler de traduction de l'arabe
vers les autres langues et vice-versa, ainsi «que des termes spécialisés,
surtout en ce qui a trait aux technologies nouvelles pour lesquelles, la langue
(arabe ou autre) doit bien choisir le terme qui désigne un produit, un
appareil, une technique nouvelle, qui soit compris par tous et la langue arabe
se doit d'être à la hauteur des technologies nouvelles, sinon nous allons être
dépassés par les sciences et les découvertes», comme a tenu à le préciser le
président de ce colloque, le Dr Amar Sassi. Le même spécialiste s'étonne que la
Tunisie ou le Maroc, si nous ne prenons que nos proches voisins, ont une association
lexicographique nationale, alors qu'elle fait défaut en Algérie, continuant sur
sa lancée, il préconise même qu'un module de lexicographie soit créé dans nos
universités, vu l'importance de cette branche, qui pourra se retrouver au sein
de toutes les facultés «l'apprentissage de toutes les sciences ayant besoin de
mots, de termes spécialisés, précis et compréhensibles par tous». Même le
dictionnaire scolaire a eu sa place au sein de ce colloque puisque l'un des
intervenants en a parlé et a préconisé de doter chaque palier scolaire d'un
dictionnaire propre, comprenant les termes usités à cet âge, et surtout, selon
le niveau. D'ailleurs ce manque se fait sentir de manière cruciale au sein de
l'université quand les étudiants recherchent des traductions de travaux
étrangers mais ne peuvent trouver un travail scientifiquement viable ni une
traduction «réelle». Enfin, parmi les recommandations de ce
colloque, nous noterons celle relative à donner une importance plus grande aux
dictionnaires spécialisés en arabe, à la création d'une association
lexicographique algérienne, et, surtout le lancement prochain d'une
encyclopédie des vocables arabes contemporains, ce qui nécessitera la
collaboration de tous les spécialistes et linguistes arabes.
Enfin, et parmi les propositions faites par certains chercheurs,
le dictionnaire des termes utilisés en arabe dialectal a retenu l'attention de
nombreux participants, en plus bien sûr des dictionnaires spécialisés, raison
d'être essentielle de ce colloque.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Tahar Mansour
Source : www.lequotidien-oran.com