Alger - Revue de Presse

Blida : L'ardoise «s'alourdit»



Nous entamons les derniers jours du Ramadhan et la boulimie des achats qui l'accompagne ne s'est pas encore estompée, elle reprend plutôt de plus belle. Si, durant plus de quinze jours, les Algériens ont acheté des produits alimentaires, ils ne paraissent pas décidés à s'arrêter malgré les dépenses représentant trois ou quatre fois leur salaire qu'ils ont déjà engagées. Même les marchands de fruits, de légumes, de viande, ou encore de sucreries et de boissons diverses ne semblent pas avoir atteint leurs objectifs en matière de bénéfices puisqu'ils continuent à profiter au maximum de cette manne ramadhanesque qui fait que nous achetons à tort et à travers, sans parfois même demander les prix ! D'ailleurs certains pères de familles se préparent à l'avance pour faire face à toutes ces dépenses inconsidérées en empruntant ou en vendant tout ce qui a de la valeur. C'est pour cela que nous trouvons des gens qui font fortune durant le Ramadhan alors que d'autres se font «plumer». Il y a aussi des fonctionnaires qui prennent leur congé durant ce mois pour gagner ce qu'ils ne peuvent faire durant deux ou trois ans avec leur paie. Mais il ne faut pas croire que tout le monde peut faire face à tout cela car il y en a, et ils sont fort nombreux, à se demander comment ils vont bien pouvoir faire face à ces obligations. Ces pauvres smicards ont déjà engagé jusqu'au dernier centime, certains ont déjà emprunté la moitié de leur prochain salaire, et ceci juste pour le manger. Et maintenant que l'Aïd pointe du nez, ils sont obligés d'acheter les ingrédients pour les gâteaux que leurs douces moitiés réclament à cor et à cri, sans paraître se soucier des difficultés financières de leurs conjoints. Ces derniers se croient dans l'obligation de faire comme les autres, pour «que les enfants ne se retrouvent pas défavorisés par rapport aux voisins» et pour que «madame puisse prouver ses talents culinaires en faisant goûter ses gâteaux à ses voisines». Il faut compter au moins 6.000 DA pour la confection des gâteaux, qui seront additionnés à une somme qui dépasse pour certains les 20.000 DA pour les fournitures scolaires, les cartables, les tabliers et autres dépenses concernant la scolarisation des enfants. Tout cela ajouté aux achats quotidiens de viande, limonades, confiserie, pain et toutes ces petites choses qui accompagnent le Ramadhan et nous nous retrouvons avec une dépense moyenne comprise entre 35.000 et 60.000 DA pour des ménages moyens de 5 à 6 personnes. Mais le problème que rencontrent les pères de familles est de savoir d'où ils vont pouvoir ramener cette somme alors qu'ils ne touchent pour la plupart pas plus de 14.000 DA, quand ce n'est pas les 3.800 DA mensuels du filet social. Pourtant, à la fin, tout le monde trouve son compte, même à coups d'emprunt étranglants et de travail sans relâche, avec des aides diverses. Enfin, c'est le Ramadhan et ses obligations culinaires ou autres, ancrées dans la tradition algérienne que personne ne peut changer même si tous affirment que les dépenses sont inconsidérées et insensées durant ce mois.


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