Alger - Revue de Presse

BLIDA Faire barrage à la pollution



L'université Saâd Dahlab de Blida a abrité avant-hier la 1ère journée scientifique de traitement et réutilisation des eaux. En effet, le problème de l'eau reste, en Algérie, d'actualité à cause des graves dysfonctionnements dans sa gestion. Cette journée a été voulue par ses initiateurs, une réflexion pour une meilleure prise en charge de l'eau et surtout, pour rechercher les meilleurs moyens à mettre en oeuvre pour sa gestion. Les premières interventions ont été de la part d'hydrauliciens et de spécialistes, comme les Prs. Ammour, Touil, Zella et Smadhi, qui ont développé des études pour la réutilisation des eaux de drainage au Sahara et sa gestion. Toujours pour le sud algérien, les spécialistes ont mis en exergue les énormes potentialités non encore utilisées des eaux souterraines. L'élaboration d'un modèle de carte de la qualité de l'eau a été développée par M. Ben Mia qui a donné des statistiques alarmantes sur la qualité de l'eau en Algérie, que ce soit dans les oueds ou dans les barrages. Ainsi, plus de 80% des oueds d'Algérie sont pollués et 70% des barrages le sont aussi. Cette pollution diffère selon les lieux car on retrouve des pollutions physiques, organiques, minérales ou biologiques. D'après l'orateur, les barrages les plus pollués (sur environ 70 que compte l'Algérie) sont ceux de Fodda à l'Ouest et Lakehal à l'Est. Les causes de pollutions sont multiples: nous trouvons la pollution agricole par les rejets d'engrais et de déchets organiques, la pollution industrielle par les rejets de produits toxiques non traités par les usines et les rejets domestiques générés par les habitants et les agglomérations autour des cuvettes de barrages ou le long des rives des oueds. Il y a aussi le problème des terrains nus autour des cuvettes des barrages qui sont à l'origine des envasements des barrages et qui en diminuent les quantités d'eau stockées. D'après M. Zella, un hydraulicien de renom et maître de conférences à l'université de Blida. «Nous ne pouvons venir à bout de cette pollution qu'en traitant les eaux avant leur rejet dans les oueds et en mettant en marche les stations d'épuration au niveau des agglomérations pour traiter les eaux domestiques. L'utilisation de la plante aquatique Lemna gibba comme élément bio-indicateur de la pollution a été préconisée par les intervenants. Les autres intervenants ont, dans leur majorité, présenté des études et des recommandations concernant le traitement des eaux et la dépollution des oueds et des barrages en utilisant diverses techniques.
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