La Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche - Forem a tiré, hier, la sonnette d'alarme concernant les quantités de plus en plus importantes de drogues qui pénètrent dans le territoire national. Quantités estimées à 100 tonnes de cannabis pour l'année 2012, selon un premier bilan partiel de sa campagne nationale de lutte contre la toxicomanie qui évoque des saisies record par rapport aux années précédentes.
F.-Zohra B. - Alger (Le Soir) - Lors d'une conférence de presse organisée hier au siège du quotidien DK News, Mustapha Khiati, président de la Forem, a assuré que le premier bilan de la campagne nationale a démontré que les saisies de cannabis était plus importantes d'année en année. Il citera l'exemple de la saisie d'un camion transportant 10 tonnes de cannabis alors que précédemment les saisies maximum en une seule prise ne dépassaient pas les trois tonnes. Le même scénario se répète concernant les saisies de cocaïne, selon le professeur Khiati qui précisera qu'au cours des dernières années, les saisies se comptaient en grammes alors qu'elles sont actuellement évaluées à 120 kilos, ce qui représente une saisie record souligne le président de la Forem. Il évoquera aussi la saisie au niveau d'un village reculé du territoire national, de 600 000 comprimés de psychotropes, précisant en outre qu'à Alger «dans les rues le soir, il y a plus de drogue que de cigarettes ». Le président de la Forem expliquera de ce fait que des efforts importants sont nécessaires pour faire barrage à la drogue et à son avancée dangereuse en milieu de jeunes : «sans les efforts adéquats, nos enfants seront de plus en plus exposés», a commenté l'intervenant. Pour ce qui est de la campagne nationale de la Forem qui a débuté le 3 janvier 2012, 15 wilayas ont été ciblées. La campagne a été lancée sous le thème, «pour une Algérie sans drogue» au cours de laquelle 10 000 kilomètres ont été parcourus. Ceci bien que deux élections aient ralenti le travail sur le terrain comme dans certaines wilayas, les autorités locales n'ont pas répondu à l'appel de la Forem selon des représentants. Cela est notamment le cas pour Sidi Bel-Abbès, notera le professeur Khiati. Pour sa part Mihoub Mihoubi, ancien ministre, rappellera que l'Algérie est passée du statut de pays de transit à celui de pays consommateur au cours des dernières années. Il imputera notamment cette situation au fait que la population algérienne est composée à 70% de jeunes. Membre de la Forem, le docteur Fawzi Oussedik, professeur universitaire, exposera aussi la question de la nécessaire sensibilisation des pouvoirs publics. «Il est urgent d'actualiser la législation concernant aussi bien la sensibilisation, la lutte contre la toxicomanie que la prise en charge des toxicomanes : «C'est toutefois le dernier des soucis de la plupart des membres du Parlement. Ceci bien que des lacunes dans la législation doivent être comblées», a déclaré l'intervenant évoquant un «phénomène d'iceberg » pour expliquer l'avancée dangereuse de la consommation de drogue. Salima Souakri, membre de la Forem et ambassadrice de l'UNICEF des bonnes intentions, rappellera qu'il est de plus en plus facile pour les jeunes de se procurer de la drogue à des prix bas. Elle évoquera de ce fait les causes qui mènent les jeunes à la toxicomanie «et qui doivent être prises en charge par les pouvoirs publics». Elle citera en outre, la déperdition scolaire, le manque d'activités sportives et culturelles, le chômage, la crise de logement ainsi que la démission des parents et les problèmes qui résultent de certains divorces. La Forem présentera par ailleurs dès le mois d'avril prochain, le livre blanc de la campagne de sensibilisation.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F Z B
Source : www.lesoirdalgerie.com